Mis à jour le 19 mai 2026
Vignoble emblématique du rosé français et internationalement reconnu, la Provence représente l'un des marchés fonciers viticoles les plus dynamiques de France. Soutenu par l'attractivité touristique, la valorisation patrimoniale des terroirs côtiers et la profitabilité durable de l'offre rosé, le foncier provençal connaît une trajectoire haussière soutenue depuis plus de deux décennies. Nous analysons ici le prix des vignes viticoles en Provence sur la période 2020-2025, à partir des données DVF (Demandes de Valeurs Foncières) et des références SAFER. Les chiffres 2025, désormais complets, constituent notre année de référence principale ; les chiffres 2024 fournissent une base de comparaison robuste. Le prix médian DVF 2025 atteint 39 864 €/ha, en progression continue depuis 2021, confirmant le dynamisme du foncier provençal. À noter : l'année 2020 ne couvre que le second semestre. Cet article s'inscrit dans notre observatoire du prix des vignes en France.
Le vignoble provençal s'étend sur environ 28 000 hectares plantés en AOC, répartis entre le Var (cœur historique), les Bouches-du-Rhône, les Alpes-Maritimes et marginalement les Alpes-de-Haute-Provence. Il est organisé autour de neuf AOC : Côtes de Provence et ses sous-appellations (Sainte-Victoire, La Londe, Fréjus, Pierrefeu, Notre-Dame-des-Anges), Bandol, Bellet, Cassis, Coteaux d'Aix-en-Provence, Coteaux Varois en Provence, Les Baux-de-Provence et Palette. Notre observatoire recense 810 transactions DVF sur la période S2 2020 – 2025.
Sur l'ensemble de la période, le prix moyen DVF s'établit à 53 798 €/ha et le prix médian à 38 295 €/ha. La proximité entre moyenne et médiane (1,4× seulement) traduit un marché plus homogène que la Vallée du Rhône, avec une polarisation moins marquée. Le maximum observé (399 680 €/ha) correspond à des parcelles en AOC Bandol ou en proximité immédiate de la côte azuréenne.
| Année | Volume | Prix moyen | Prix médian | Surface moy. (m²) |
|---|---|---|---|---|
| 2020 * | 72 | 70 111 €/ha | 48 008 €/ha | 9 323 |
| 2021 | 134 | 45 796 €/ha | 33 205 €/ha | 8 801 |
| 2022 | 152 | 54 080 €/ha | 37 982 €/ha | 9 841 |
| 2023 | 121 | 49 092 €/ha | 40 140 €/ha | 8 528 |
| 2024 | 153 | 59 512 €/ha | 37 425 €/ha | 11 052 |
| 2025 | 178 | 51 272 €/ha | 39 864 €/ha | 11 513 |
* 2020 : second semestre uniquement.

Évolution annuelle des prix DVF — Provence — Source : DVF, traitement ma-propriete.fr
La trajectoire est positive et soutenue. À l'exception du repli de 2021 (médian à 33 205 €/ha, après le pic conjoncturel de 2020), le prix médian a évolué dans une fourchette resserrée 37 000-40 000 €/ha, avec un léger raffermissement en 2025 (39 864 €/ha). Le volume 2025 (178 transactions) atteint le maximum de la période et confirme une dynamique acheteuse soutenue. La surface moyenne transactée, en hausse depuis 9 323 m² en 2020 jusqu'à 11 513 m² en 2025, traduit l'arrivée sur le marché de propriétés plus larges — souvent des domaines patrimoniaux et œnotouristiques.
Cette résilience tient à plusieurs facteurs convergents. La Provence est l'un des rares vignobles français où la consommation domestique du rosé reste structurellement élevée, et où l'export progresse (États-Unis, Royaume-Uni, Europe du Nord). La pression patrimoniale et touristique sur les terroirs côtiers soutient durablement les valeurs foncières, notamment en proximité de la Côte d'Azur, du Lubéron et de la montagne Sainte-Victoire.
La SAFER publie une statistique consolidée pour l'ensemble "Vallée du Rhône-Provence", qui ne permet pas d'isoler la seule Provence. Les chiffres ci-dessous traduisent donc la dynamique du bassin élargi ; la Provence en représente la composante la plus dynamique.
| Année | Prix moyen (€/ha) | Évolution sur 5 ans |
|---|---|---|
| 2000 | 31 476 | — |
| 2010 | 36 827 | + 17 % |
| 2015 | 41 836 | + 14 % |
| 2020 | 51 400 | + 23 % |
| 2024 | 58 700 | + 14 % |

Prix moyen SAFER des vignes AOP Vallée du Rhône-Provence — Source : Ministère de l'Agriculture / SAFER
Sur vingt-cinq ans, le prix moyen SAFER de l'ensemble Vallée du Rhône-Provence a progressé de 87 %. Pour la seule Provence, la trajectoire est probablement encore plus favorable, comme le confirme l'écart entre la médiane DVF Provence 2024 (37 425 €/ha) et la moyenne nationale (23 337 €/ha).

Volume et prix médian par département — Provence, S2 2020 – 2025 — Source : DVF, traitement ma-propriete.fr
Premier département provençal par le volume (653 transactions), le Var présente un prix médian de 41 754 €/ha et un moyen de 54 466 €/ha. La trajectoire est haussière : le médian est passé de 36 698 €/ha en 2021 à 45 137 €/ha en 2025, soit une progression de 23 % en quatre ans. Cette dynamique reflète la solidité des AOC Côtes de Provence, Bandol et Côtes de Provence-Sainte-Victoire. Le Var concentre, en outre, la majorité des cessions de domaines patrimoniaux et œnotouristiques.

Var (83) — Évolution annuelle — Source : DVF, traitement ma-propriete.fr
Avec 148 transactions et un prix médian de 30 159 €/ha, les Bouches-du-Rhône représentent le deuxième département provençal. Les AOC Coteaux d'Aix-en-Provence, Palette, Cassis et Baux-de-Provence structurent ce marché, qui présente une dynamique haussière (+ 13 % du médian entre 2021 et 2025). La surface moyenne (12 331 m²) est conforme aux pratiques régionales.

Bouches-du-Rhône (13) — Évolution annuelle — Source : DVF, traitement ma-propriete.fr
Les Alpes-Maritimes recensent 7 transactions sur la période, pour un prix médian très élevé (240 964 €/ha) qui reflète la concentration sur l'AOC Bellet, micro-appellation située sur les hauteurs de Nice. Le faible volume commande une interprétation prudente. Les Alpes-de-Haute-Provence comptent 2 transactions, pour un médian de 47 078 €/ha — chiffre indicatif uniquement.
Le marché foncier viticole provençal présente une singularité forte au sein du paysage français : il combine une production agricole massivement orientée vers une catégorie en croissance (le rosé) et une dimension patrimoniale-touristique qui valorise les domaines au-delà de leur seul potentiel agronomique. Cette combinaison crée une prime de désirabilité sur les biens à dimension domaniale (bâti d'exploitation, cave, gîte) qui peut représenter 30 à 50 % de la valeur totale lors d'une cession globale.
Pour l'acquéreur, la conséquence pratique est double. D'une part, le foncier brut (parcelles plantées, sans bâti significatif) — qui constitue le périmètre de notre observatoire DVF — affiche des niveaux relativement contenus (37 000-45 000 €/ha selon les départements). D'autre part, les cessions de domaines complets, hors périmètre DVF strict, peuvent valoriser l'hectare à 100 000-300 000 € lorsque la dimension œnotouristique et patrimoniale est valorisée. L'écart est considérable et appelle une lecture attentive de la nature de chaque cession.
La saisonnalité des transactions provençales présente une concentration nette sur le second semestre : T1 22,3 %, T2 21,1 %, T3 27,2 %, T4 29,4 %. Le quatrième trimestre concentre près de 30 % des ventes, signe d'un calendrier rythmé par les clôtures comptables et les opérations patrimoniales de fin d'année.

Saisonnalité — Provence, volume par trimestre — Source : DVF, traitement ma-propriete.fr
La base DVF recense toutes les mutations immobilières à titre onéreux enregistrées par la DGFiP. Pour isoler les transactions de vignes parmi cette base, notre observatoire applique plusieurs filtres : sélection des parcelles cadastrées en nature "vignes", croisement avec le référentiel INAO commune par commune, élimination des transactions atypiques. Le prix médian, qui représente le niveau auquel se conclut la moitié du marché, est notre indicateur de référence.
Trois précautions doivent être prises. L'année 2020 ne couvre que le second semestre. Les biens mixtes (vignes + bâti d'exploitation + gîte œnotouristique) sont écartés lorsque la valeur du bâti représente une part significative ; en Provence, cela peut sous-représenter une part importante du marché des domaines patrimoniaux. Enfin, les départements à faible volume (Alpes-Maritimes, Alpes-de-Haute-Provence) commandent une interprétation prudente.
Les statistiques SAFER, publiées par le Ministère de l'Agriculture, reposent sur une enquête auprès des notaires et un filtrage des transactions de plus d'un demi-hectare en bloc. Elles agrègent l'ensemble Vallée du Rhône-Provence et fournissent un prix moyen annuel sur une profondeur historique remarquable (depuis 1991). Notre approche DVF complète cette vision en isolant la seule Provence et en fournissant un prix médian.
| Vignoble | Prix médian 2025 (€/ha) | Article détaillé |
|---|---|---|
| Champagne | 1 000 000 | Champagne |
| Bourgogne | 125 000 | Bourgogne-Franche-Comté |
| Savoie | 57 216 | Savoie |
| Provence | 39 864 | Article courant |
| Jura | 39 361 | Jura |
| Beaujolais | 39 312 | Beaujolais |
| Cognac | 28 636 | Cognac |
| Vallée du Rhône | 20 357 | Vallée du Rhône |
| Val de Loire | 17 000 | Val de Loire |
| Bordeaux | 15 434 | Bordeaux |
| Roussillon | 13 918 | Languedoc-Roussillon |
| Languedoc | 13 531 | Languedoc-Roussillon |
| Sud-Ouest | 9 205 | Sud-Ouest |
La Provence offre, sur la période 2020-2025, l'un des marchés fonciers viticoles les plus dynamiques et les plus convoités de France. Le prix médian DVF, en progression continue depuis 2021, atteint 39 864 €/ha en 2025, soutenu par le rosé, le tourisme et la pression patrimoniale. Le Var concentre l'essentiel de l'activité avec une dynamique haussière marquée. Pour les acquéreurs, la Provence représente un actif foncier à la fois agricole et patrimonial, dont la valorisation longue durée reste solide, mais dont l'accès devient progressivement plus exigeant en capital. Pour aller plus loin, vous pouvez consulter notre catégorie d'annonces viticoles, nos autres articles sur le prix des vignes ou télécharger notre livre blanc consacré à la création d'un domaine viticole.