Mis à jour le 8 avril 2026
Nous avons construit un Observatoire du prix des terres en France à partir des données DVF publiées par l'administration fiscale. Découvrez les prix de vente des terres dans la région Bourgogne-Franche-Comté depuis le 1er juillet 2020 jusqu'au 30 juin 2025.
Avec près de 2,8 millions d'hectares de surface agricole utile, la Bourgogne-Franche-Comté est l'une des grandes régions agricoles françaises. Son visage est multiple : les plaines céréalières de l'Yonne et du nord de la Côte-d'Or, le bassin allaitant du Charolais en Saône-et-Loire et dans la Nièvre, les prairies d'élevage laitier du Jura et du Doubs, les vignobles prestigieux de la Côte de Nuits, du Beaujolais septentrional, du Chablisien et du Jura, les forêts du Morvan… Cette diversité explique en grande partie la structure du marché foncier régional.
Cet article analyse le prix des terres agricoles en Bourgogne-Franche-Comté à partir des données DVF (Demandes de Valeurs Foncières) sur la période juillet 2020 – juin 2025, en les confrontant aux barèmes du Ministère de l'Agriculture et aux statistiques de la SAFER. L'objectif : vous donner une lecture claire et chiffrée de ce qui se vend réellement, où, à quel prix et avec quelles spécificités locales.
Sur l'année 2024, la base DVF recense 1 291 transactions de terres agricoles en Bourgogne-Franche-Comté. Le prix moyen s'établit à 2 904 €/ha et le prix médian à 2 763 €/ha. La surface moyenne échangée est de 10,67 ha, légèrement supérieure à la moyenne nationale (10,52 ha).
Avant d'aller plus loin, un mot sur la lecture de ces chiffres. Le prix moyen additionne toutes les transactions et divise par leur nombre : il est sensible aux ventes atypiques. Le prix médian correspond à la transaction du milieu : la moitié des ventes se font en dessous, l'autre moitié au-dessus. C'est l'indicateur le plus représentatif du marché courant. À ces deux valeurs, nous ajoutons les déciles P10 et P90 : le P10 marque le seuil en dessous duquel se situent les 10 % de ventes les moins chères, le P90 le seuil au-dessus duquel se trouvent les 10 % les plus chères. L'écart entre les deux mesure la dispersion réelle du marché, bien mieux qu'un simple minimum/maximum qui serait tiré par quelques transactions exceptionnelles.
En Bourgogne-Franche-Comté, le P10 s'établit à 1 800 €/ha et le P90 à 4 290 €/ha. Le ratio P90/P10 ressort donc à 2,4 — une dispersion nettement plus faible que la moyenne nationale (4,3). Autrement dit : le marché des terres agricoles en BFC est homogène. Pas de grand écart entre les transactions courantes et les transactions premium, ce qui traduit un marché peu spéculatif, structuré autour de la valeur agronomique réelle des sols.
L'évolution sur 5 ans confirme cette image de stabilité : le prix moyen passe de 2 893 €/ha en 2020 à 2 904 €/ha en 2024, soit +0,4 % en quatre ans. Le 1ᵉʳ semestre 2025 s'inscrit dans la même trajectoire avec 2 887 €/ha. En valeur réelle, c'est-à-dire corrigée de l'inflation, les terres agricoles de BFC ont donc perdu du terrain. La région reste, et de loin, la moins chère de France métropolitaine.
Tableau 1 — Évolution du prix des terres agricoles en Bourgogne-Franche-Comté (2020-2025)
| Période | Nb ventes | Prix moyen (€/ha) | Prix médian (€/ha) | P10 (€/ha) | P90 (€/ha) | Surface moy. (ha) |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 2020 (S2) | 576 | 2 893 | 2 594 | 1 739 | 4 485 | 10,97 |
| 2021 | 1 203 | 2 920 | 2 700 | 1 751 | 4 372 | 10,94 |
| 2022 | 1 339 | 2 872 | 2 750 | 1 752 | 4 205 | 10,38 |
| 2023 | 1 285 | 2 935 | 2 750 | 1 801 | 4 336 | 10,77 |
| 2024 | 1 291 | 2 904 | 2 763 | 1 800 | 4 290 | 10,67 |
| 2025 (S1) | 555 | 2 887 | 2 750 | 1 841 | 4 163 | 10,32 |
Source : ma-propriete.fr d'après DVF. 2020 = second semestre uniquement ; 2025 = premier semestre uniquement.

Graphique 1 — Évolution 2020-2025 du prix moyen, du prix médian et de la bande P10–P90 (DVF). Source : ma-propriete.fr.
Le Ministère de l'Agriculture publie chaque année un barème indicatif du prix des terres agricoles, élaboré à partir des données collectées par les SAFER. Cette source distingue, contrairement à DVF, le marché des terres libres (vendues libres d'occupation) de celui des terres louées (occupées par un fermier au moment de la vente) — un écart de valeur qui peut atteindre 10 à 15 % en BFC.
Pour la Bourgogne-Franche-Comté, le barème SAFER 2024 affiche un prix moyen de 2 920 €/ha pour les terres libres et de 2 670 €/ha pour les terres louées. Sur 13 ans, l'évolution est quasi nulle pour les terres libres (0,0 % entre 2011 et 2024) et de +9,0 % pour les terres louées depuis 2012 — soit, là encore, une érosion en valeur réelle prononcée.
Tableau 3 — Prix SAFER des terres et prés en Bourgogne-Franche-Comté (2020-2024)
| Année | Terres libres (€/ha) | Terres louées (€/ha) | Écart libre/loué |
|---|---|---|---|
| 2020 | 2 970 | 2 650 | +12,1 % |
| 2021 | 2 830 | 2 560 | +10,5 % |
| 2022 | 2 950 | 2 650 | +11,3 % |
| 2023 | 2 930 | 2 760 | +6,2 % |
| 2024 | 2 920 | 2 670 | +9,4 % |
Source : SAFER — Le prix des terres, séries 1999-2024.

Graphique 2 — Évolution 2020-2024 des prix SAFER en BFC, distinction libre/loué. Source : SAFER.
La convergence avec nos chiffres DVF est remarquable : 2 904 €/ha (DVF, 2024) contre 2 920 €/ha (SAFER libres, 2024). L'écart de moins de 1 % confirme la robustesse des deux sources, en dépit de méthodes très différentes que nous détaillons en fin d'article. Les deux approches sont complémentaires plutôt que concurrentes : la SAFER offre une profondeur historique inégalée et la distinction libre/loué ; DVF offre l'exhaustivité et la granularité départementale sur la période récente.
La Bourgogne-Franche-Comté compte huit départements : la Côte-d'Or (21), le Doubs (25), le Jura (39), la Nièvre (58), la Haute-Saône (70), la Saône-et-Loire (71), l'Yonne (89) et le Territoire de Belfort (90). Voici, pour chacun, la lecture des données DVF 2024.
Tableau 2 — Prix des terres agricoles par département en 2024 (DVF)
| Département | Nb ventes | Prix moyen (€/ha) | Prix médian (€/ha) | P10 (€/ha) | P90 (€/ha) | Surface moy. (ha) |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 21 — Côte-d'Or | 181 | 3 118 | 2 879 | 1 898 | 4 878 | 11,06 |
| 25 — Doubs | 124 | 3 649 | 3 199 | 2 415 | 5 229 | 7,78 |
| 39 — Jura | 130 | 2 456 | 2 269 | 1 684 | 3 500 | 7,81 |
| 58 — Nièvre | 155 | 3 095 | 3 000 | 1 911 | 4 439 | 11,73 |
| 70 — Haute-Saône | 141 | 2 813 | 2 750 | 2 000 | 3 849 | 10,71 |
| 71 — Saône-et-Loire | 367 | 2 400 | 2 263 | 1 620 | 3 219 | 10,74 |
| 89 — Yonne | 180 | 3 390 | 3 110 | 2 488 | 4 872 | 13,44 |
| 90 — Territoire de Belfort | 13 | 3 524 | 3 500 | 2 450 | 4 412 | 8,01 |
Source : ma-propriete.fr d'après DVF, année 2024.

Graphique 3 — Comparaison des 8 départements de BFC en 2024, classés du moins cher au plus cher (DVF). Source : ma-propriete.fr.
Avec 181 transactions en 2024, la Côte-d'Or affiche un prix moyen de 3 118 €/ha et un prix médian de 2 879 €/ha. L'écart entre P10 (1 898 €/ha) et P90 (4 878 €/ha) traduit une certaine diversité agronomique, du Châtillonnais à plateaux calcaires aux plaines de la Saône. La surface moyenne échangée (11,06 ha) reste dans la moyenne régionale.
Un point d'attention : ces chiffres ne reflètent pas la valeur du vignoble de la Côte de Nuits ou de la Côte de Beaune. Les parcelles de vigne AOC font l'objet de transactions à part, hors champ de notre analyse, et leurs prix — qui peuvent dépasser le million d'euros à l'hectare en grand cru — relèvent d'un marché totalement déconnecté de celui des terres labourables. La donnée DVF sur la Côte-d'Or porte donc essentiellement sur les terres de polyculture-élevage et les grandes cultures.
Le Doubs est, avec 3 649 €/ha de prix moyen, le département le plus cher de la région en 2024. Le médian s'établit à 3 199 €/ha sur 124 transactions. La surface moyenne y est sensiblement plus petite (7,78 ha), reflet d'un parcellaire morcelé typique des zones d'élevage laitier de moyenne montagne. La filière comté, avec son cahier des charges AOP exigeant en surfaces fourragères, soutient une demande structurelle pour les prairies du massif jurassien et explique en grande partie la prime de prix observée.
Avec un prix moyen de 2 456 €/ha et un médian de 2 269 €/ha (130 ventes), le Jura est paradoxalement l'un des départements les plus accessibles de la région — alors même qu'il partage avec le Doubs la zone AOP comté. L'explication tient à la diversité agronomique du département : au-delà des prairies fromagères du Haut-Jura, la Bresse jurassienne et les plaines de la Bresse comtoise comptent des terres de moindre potentiel qui tirent la moyenne vers le bas. Ici aussi, le vignoble (Arbois, Château-Chalon, L'Étoile) constitue un marché distinct non capté par la statistique DVF des terres agricoles.
Cœur historique du bassin allaitant charolais, la Nièvre affiche un prix moyen de 3 095 €/ha et un médian de 3 000 €/ha sur 155 transactions. La surface moyenne y est plus élevée que la moyenne régionale (11,73 ha), cohérente avec la structure des exploitations d'élevage extensif : peu de transactions, mais sur des unités foncières plus grandes. Le département reste pénalisé, comme la Saône-et-Loire voisine, par la conjoncture difficile de la filière viande bovine ces dernières années.
La Haute-Saône combine grandes cultures dans les plaines de la Saône et élevage dans les zones plus accidentées. Le prix moyen 2024 ressort à 2 813 €/ha pour un médian de 2 750 €/ha (141 ventes). C'est le département où l'écart entre moyen et médian est le plus faible de la région — signe d'un marché particulièrement homogène, sans transactions extrêmes pour tirer la moyenne.
Avec 367 transactions, la Saône-et-Loire est de très loin le département le plus actif de la région — plus du quart des ventes régionales. C'est aussi le moins cher : prix moyen à 2 400 €/ha et médian à 2 263 €/ha. Le P90 plafonne à 3 219 €/ha, ce qui en fait le département à la dispersion la plus faible de toute la BFC. Ces chiffres reflètent la prédominance de l'élevage allaitant charolais sur des prairies permanentes au potentiel agronomique modéré, dans un contexte économique de filière sous tension. À l'échelle nationale, la Saône-et-Loire figure d'ailleurs au premier rang des départements les plus accessibles de France métropolitaine.
Là encore, comme en Côte-d'Or, le vignoble du Mâconnais et de la Côte chalonnaise constitue un marché à part, dont les valeurs ne se retrouvent pas dans la statistique des terres agricoles courantes.
L'Yonne est le département de grande culture céréalière de la région, avec une orientation marquée vers le blé, le colza et l'orge sur les plateaux du Sénonais et du Tonnerrois. Le prix moyen 2024 atteint 3 390 €/ha pour un médian de 3 110 €/ha (180 ventes). La surface moyenne échangée — 13,44 ha, la plus élevée de la région — illustre la structure de grandes exploitations céréalières typiques de l'agriculture de plaine.
Avec seulement 13 transactions recensées en 2024, le Territoire de Belfort ne permet pas d'analyse statistique robuste. Les chiffres affichés (prix moyen 3 524 €/ha, médian 3 500 €/ha) sont à manier avec prudence : tout calcul sur un échantillon aussi restreint est très sensible à chaque vente individuelle. Sur ce département, nous recommandons de privilégier les barèmes SAFER, qui s'appuient sur des séries plus longues et un travail d'expertise terrain.
Les premières données DVF du 1ᵉʳ semestre 2025 confirment la stabilité régionale observée sur la période précédente. Avec 555 transactions enregistrées entre janvier et juin 2025, le prix moyen régional s'établit à 2 887 €/ha, en très légère baisse par rapport à 2024. Aucun département ne connaît de mouvement marqué — le marché poursuit sa trajectoire latérale.
Tableau 4 — Prix des terres agricoles par département au 1ᵉʳ semestre 2025 (DVF)
| Département | Nb ventes | Prix moyen (€/ha) | Prix médian (€/ha) | P10 (€/ha) | P90 (€/ha) | Surface moy. (ha) |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 21 — Côte-d'Or | 83 | 3 168 | 3 074 | 1 949 | 4 396 | 11,34 |
| 25 — Doubs | 56 | 3 560 | 3 482 | 2 492 | 5 000 | 7,57 |
| 39 — Jura | 64 | 2 433 | 2 217 | 1 766 | 3 459 | 8,47 |
| 58 — Nièvre | 67 | 3 243 | 3 250 | 2 110 | 4 220 | 14,22 |
| 70 — Haute-Saône | 72 | 2 704 | 2 500 | 2 000 | 3 768 | 8,83 |
| 71 — Saône-et-Loire | 151 | 2 427 | 2 344 | 1 600 | 3 300 | 10,11 |
| 89 — Yonne | 59 | 3 295 | 3 200 | 2 492 | 4 455 | 11,35 |
| 90 — Territoire de Belfort | 3 | 3 922 | 3 700 | 3 592 | 4 340 | 11,19 |
Source : ma-propriete.fr d'après DVF, 1ᵉʳ semestre 2025. Les volumes du Territoire de Belfort (3 ventes) et, dans une moindre mesure, des départements à moins de 70 transactions ne permettent pas une lecture statistique pleinement robuste sur ce demi-exercice.
Les données DVF (Demandes de Valeurs Foncières) sont publiées par la Direction Générale des Finances Publiques. Elles recensent l'ensemble des ventes immobilières faisant l'objet d'un acte notarié, avec leurs caractéristiques : prix, surface, nature du bien, localisation, date de mutation.
Pour produire les statistiques présentées dans cet article, nous avons appliqué plusieurs filtres :
Cette méthode permet d'isoler ce qui ressemble le plus à une transaction "pure" de terre agricole. Pour chaque maille géographique (région, département), nous calculons systématiquement le prix moyen, le prix médian, les déciles P10 et P90, le nombre de ventes et la surface moyenne échangée.
Aussi exhaustive qu'elle soit, la base DVF présente plusieurs limites qu'il faut connaître pour bien interpréter les chiffres :
Les SAFER publient chaque année leurs propres statistiques sur le prix des terres et prés, distinguant le marché libre du marché loué. Ces chiffres font référence depuis des décennies et alimentent le barème indicatif du Ministère de l'Agriculture.
Trois différences méthodologiques majeures expliquent les écarts ponctuels avec nos chiffres DVF :
En pratique, les deux sources convergent sur les grandes tendances et donnent une image fidèle du marché. Nous les considérons comme complémentaires : la SAFER pour la profondeur historique et la finesse du segment libre/loué, DVF pour l'exhaustivité et la granularité départementale sur la période récente.
Le marché foncier agricole de la Bourgogne-Franche-Comté se distingue par sa stabilité remarquable : à peine +0,4 % sur quatre ans, soit une légère érosion en valeur réelle une fois l'inflation prise en compte. La région reste la plus accessible de France métropolitaine, avec une dispersion des prix nettement plus faible qu'ailleurs — signe d'un marché peu spéculatif, où la valeur d'une terre reflète d'abord son potentiel agronomique. Les écarts entre départements, modérés, dessinent une géographie cohérente : prime au Doubs et à l'Yonne tirée par l'élevage laitier AOP et les grandes cultures céréalières, accessibilité maximale en Saône-et-Loire et dans le Jura, où l'élevage allaitant et les terres plus modestes maintiennent les valeurs basses. Pour les porteurs de projet à la recherche d'un foncier abordable, la BFC reste, à plus d'un titre, une terre d'opportunités.