Mis à jour le 8 avril 2026 : Retrouvez les données les plus récentes sur notre Observatoire du prix des terres (données DVF 2020-2025) qui présente les prix moyens, médians et les fourchettes de transactions pour votre région et chaque département.
L'Île-de-France ne se réduit pas à son agglomération parisienne. Avec une surface agricole utile (SAU) qui dépasse 560 000 hectares, la région reste l'un des grands bassins céréaliers français, dominé par les grandes cultures de la Brie, du Vexin, du Hurepoix et de la Beauce francilienne. Les terres labourables y sont consacrées au blé tendre, au colza, à l'orge, à la betterave sucrière et au maïs, dans un contexte de pression foncière périurbaine particulièrement marquée. La région compte une présence viticole symbolique (quelques parcelles à Suresnes, Montmartre ou en Seine-et-Marne) qui reste exclue du périmètre de cette analyse, exclusivement consacrée aux terres agricoles hors vignes.
Cet article s'appuie sur les nouvelles statistiques issues des données DVF (Demandes de Valeurs Foncières) traitées par ma-propriete.fr en mars 2026, complétées par les chiffres de référence du Ministère de l'Agriculture (source SAFER). Les données 2025 ne couvrent que le premier semestre et sont à interpréter avec prudence ; l'année 2024 reste la dernière référence robuste pour l'analyse structurelle.
Sur le 1er semestre 2025, le prix moyen d'une terre agricole en Île-de-France s'établit à 7 829 €/ha, pour un prix médian de 7 799 €/ha (données partielles 1er semestre 2025, à interpréter avec prudence). Le rapprochement entre la moyenne et la médiane est notable : il traduit une concentration des transactions autour d'un cœur de marché homogène, sans la traîne haute habituelle. À titre de comparaison, l'année 2024 complète affichait un prix moyen de 7 895 €/ha et un prix médian de 7 004 €/ha, sur 228 transactions.
Avant d'aller plus loin, deux notions méritent d'être rappelées. Le prix moyen additionne toutes les transactions et les divise par leur nombre : il est sensible aux valeurs extrêmes. Le prix médian partage le marché en deux moitiés égales : la moitié des ventes s'effectue en dessous, l'autre moitié au-dessus. C'est généralement un meilleur indicateur de la réalité du marché car il neutralise les transactions atypiques. Sur la période 2020-2024, l'écart entre moyenne et médiane en Île-de-France oscille autour de 10 à 13 %, ce qui reste mesuré : le marché francilien est moins déformé par les ventes premium que d'autres bassins.
Sur l'ensemble de la période, l'Île-de-France affiche une légère érosion : -1,4 % en valeur nominale entre 2020 et 2024. Compte tenu de l'inflation cumulée sur la même période, la baisse en valeur réelle est nettement plus marquée. La région se distingue ainsi des grands bassins céréaliers du quart nord-ouest (Normandie +8,0 %, Hauts-de-France +6,7 %) qui captent la dynamique haussière du foncier.
[TABLEAU 1]
| Année | Nb ventes | Prix moyen (€/ha) | Prix médian (€/ha) | P10 (€/ha) | P90 (€/ha) | Surface moyenne (ha) |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 2020 (S2) | 112 | 8 008 € | 7 155 € | 5 000 € | 11 991 € | 17,7 |
| 2021 | 243 | 7 540 € | 6 759 € | 4 904 € | 11 565 € | 14,5 |
| 2022 | 237 | 7 968 € | 7 393 € | 5 000 € | 11 589 € | 14,4 |
| 2023 | 239 | 7 737 € | 7 085 € | 5 151 € | 10 857 € | 13,3 |
| 2024 | 228 | 7 895 € | 7 004 € | 5 000 € | 11 205 € | 18,5 |
| 2025* | 65 | 7 829 € | 7 799 € | 5 553 € | 10 069 € | 10,4 |
* 1er semestre 2025 — données partielles, à interpréter avec prudence. Source : DVF, traitement ma-propriete.fr.

Évolution du prix des terres agricoles en Île-de-France — Source : DVF, traitement ma-propriete.fr
L'analyse des percentiles P10 et P90 éclaire la structure du marché. Le P10, qui correspond au prix au-dessus duquel se situent 90 % des transactions, reste stable autour de 5 000 €/ha sur toute la période : c'est le seuil plancher du marché francilien, nettement supérieur à la moyenne nationale (2 454 €/ha en 2024). Le P90, plafond des 10 % de transactions les plus chères, oscille entre 10 800 €/ha et 12 000 €/ha. Le ratio P90/P10 reste contenu autour de 2,2 à 2,3, là où la moyenne nationale dépasse 4,2 : le marché francilien est nettement plus homogène que le marché national, signe d'une qualité agronomique relativement constante et d'une absence de niches spéculatives extrêmes.
La surface moyenne des transactions appelle un commentaire particulier. Elle a fluctué entre 13 et 18 hectares sur la période 2020-2024, soit nettement au-dessus de la moyenne nationale (10,5 ha). Cela traduit la structure régionale : peu d'exploitations mais de grandes tailles, héritées des plaines céréalières franciliennes. La forte baisse apparente sur le 1er semestre 2025 (10,4 ha) est probablement un effet de petits nombres et devra être confirmée sur l'année complète.
Les chiffres SAFER, publiés par le Ministère de l'Agriculture, offrent un recul historique précieux. Ils distinguent les terres libres (vendues sans locataire en place) et les terres louées (occupées par un fermier titulaire d'un bail rural). L'écart entre les deux mesure la décote liée à l'occupation du bien.
[TABLEAU 2]
| Année | Terres libres (€/ha) | Terres louées (€/ha) | Écart |
|---|---|---|---|
| 2015 | 7 620 € | 5 750 € | -25 % |
| 2018 | 8 730 € | 6 060 € | -31 % |
| 2020 | 7 490 € | 6 640 € | -11 % |
| 2021 | 9 060 € | 6 570 € | -27 % |
| 2022 | 7 690 € | 6 640 € | -14 % |
| 2023 | 7 580 € | 6 640 € | -12 % |
| 2024 | 7 750 € | 6 660 € | -14 % |
Source : SAFER / Ministère de l'Agriculture.

Évolution des prix SAFER terres libres et louées en Île-de-France — Source : Ministère de l'Agriculture (SAFER)
Les données SAFER confirment une tendance longue stable autour de 7 500 à 8 000 €/ha pour les terres libres, après un pic à 9 190 €/ha en 2014 et un rebond ponctuel en 2021 (9 060 €/ha). Sur 13 ans (2011-2024), le prix SAFER des terres libres a progressé de +34,5 %, mais cette hausse s'est concentrée sur la première moitié de la décennie : depuis 2018, le marché évolue dans un couloir étroit. Les terres louées, plus stables par construction (le bail amortit les variations), affichent une progression plus régulière : +22,9 % entre 2012 et 2024.
L'écart entre terres libres et terres louées en Île-de-France oscille autour de 12 à 15 % en année courante. C'est un écart modéré comparé à d'autres régions, ce qui s'explique par la qualité du fermage francilien : les baux ruraux sur les grandes plaines céréalières sont recherchés et offrent une vraie valeur d'usage, ce qui réduit la décote d'occupation.
Une remarque méthodologique s'impose : les chiffres DVF (autour de 7 900 €/ha en 2024) et SAFER terres libres (7 750 €/ha) convergent étroitement sur l'année 2024, ce qui constitue une bonne validation croisée. Les écarts observés sur d'autres années tiennent aux différences de méthode et de périmètre (voir plus loin).
L'Île-de-France compte huit départements, mais seuls quatre concentrent l'essentiel de l'activité agricole : la Seine-et-Marne (77), les Yvelines (78), l'Essonne (91) et le Val-d'Oise (95). Paris (75), les Hauts-de-Seine (92), la Seine-Saint-Denis (93) et le Val-de-Marne (94) ne génèrent pas de transactions significatives sur le marché des terres agricoles, leur foncier étant quasi intégralement urbanisé. Ces quatre départements de la petite couronne sont donc absents des statistiques DVF présentées ci-dessous.
La Seine-et-Marne est de très loin le premier département agricole d'Île-de-France : avec 144 transactions en 2024 et 38 sur le 1er semestre 2025, elle représente à elle seule plus de 60 % du marché régional. Cœur de la Brie céréalière, elle est dominée par les grandes cultures (blé, colza, betterave) sur des sols limoneux profonds particulièrement productifs.
Sur le 1er semestre 2025, le prix moyen s'établit à 7 775 €/ha pour un prix médian de 7 055 €/ha (données partielles, à interpréter avec prudence). En 2024, année de référence, ces valeurs étaient respectivement de 7 240 €/ha et 6 881 €/ha. Le marché briard est remarquablement stable, avec un P90 autour de 10 000-11 000 €/ha qui reflète une qualité agronomique homogène.
| Année | Nb ventes | Prix moyen | Prix médian | P10 | P90 |
|---|---|---|---|---|---|
| 2021 | 149 | 7 354 € | 6 500 € | 4 616 € | 11 300 € |
| 2022 | 143 | 7 511 € | 7 110 € | 4 961 € | 11 086 € |
| 2023 | 145 | 7 874 € | 7 000 € | 5 275 € | 12 500 € |
| 2024 | 144 | 7 240 € | 6 881 € | 4 822 € | 10 234 € |
| 2025* | 38 | 7 775 € | 7 055 € | 5 597 € | 10 025 € |

Prix des terres agricoles en Seine-et-Marne — Source : DVF, traitement ma-propriete.fr
Les Yvelines présentent un visage agricole double : les grandes plaines du Vexin français au nord et du plateau de Saclay au sud-est, avec des cultures céréalières et maraîchères, et des zones de pression périurbaine très marquée à l'est. Cette dualité explique la volatilité observée dans les statistiques.
Sur le 1er semestre 2025, le prix moyen s'établit à 7 264 €/ha pour un prix médian de 7 626 €/ha (données partielles). En 2024, le département a connu un pic à 9 707 €/ha en moyenne, le plus élevé de la région cette année-là, avec un P90 atteignant 16 205 €/ha. Cet écart entre moyenne et médiane (7 721 €/ha) trahit la présence de transactions premium tirant la moyenne vers le haut, probablement liées à des parcelles en frange urbaine ou à des projets particuliers.
| Année | Nb ventes | Prix moyen | Prix médian | P10 | P90 |
|---|---|---|---|---|---|
| 2021 | 36 | 7 387 € | 6 855 € | 5 201 € | 10 819 € |
| 2022 | 42 | 8 797 € | 7 760 € | 5 020 € | 13 802 € |
| 2023 | 25 | 6 722 € | 6 960 € | 4 500 € | 8 008 € |
| 2024 | 37 | 9 707 € | 7 721 € | 5 756 € | 16 205 € |
| 2025* | 16 | 7 264 € | 7 626 € | 5 259 € | 9 000 € |

Prix des terres agricoles dans les Yvelines — Source : DVF, traitement ma-propriete.fr
L'Essonne combine le plateau du Hurepoix au nord, dédié aux grandes cultures, et la Beauce francilienne au sud, terre céréalière par excellence. Le département compte une activité historique en cressiculture et maraîchage spécialisé, mais ces niches ne pèsent pas dans le marché foncier global.
Sur le 1er semestre 2025, le prix moyen est de 7 808 €/ha pour une médiane à 7 625 €/ha (données partielles, sur seulement 6 transactions — à interpréter avec une grande prudence). En 2024, la moyenne s'établissait à 7 674 €/ha et la médiane à 7 524 €/ha sur 25 ventes. Le faible nombre de transactions annuelles (entre 17 et 39 par an) impose la plus grande prudence dans l'interprétation des évolutions ponctuelles.
| Année | Nb ventes | Prix moyen | Prix médian | P10 | P90 |
|---|---|---|---|---|---|
| 2021 | 37 | 8 085 € | 6 700 € | 5 492 € | 12 072 € |
| 2022 | 31 | 8 659 € | 8 600 € | 6 000 € | 12 653 € |
| 2023 | 39 | 7 613 € | 7 300 € | 5 311 € | 10 563 € |
| 2024 | 25 | 7 674 € | 7 524 € | 4 900 € | 10 213 € |
| 2025* | 6 | 7 808 € | 7 625 € | 6 750 € | 9 049 € |

Prix des terres agricoles en Essonne — Source : DVF, traitement ma-propriete.fr
Le Val-d'Oise abrite la partie francilienne du Vexin, plaine céréalière de qualité, ainsi que la plaine de France au nord. Le département est traditionnellement le plus cher de la région en moyenne, sans doute en raison d'une pression foncière périurbaine soutenue conjuguée à de bonnes terres limoneuses.
Sur le 1er semestre 2025, avec seulement 5 transactions enregistrées, le prix moyen atteint 10 079 €/ha et la médiane 10 174 €/ha (données partielles, échantillon très restreint, à interpréter avec une extrême prudence). En 2024, sur un échantillon plus solide de 22 transactions, la moyenne ressortait à 9 388 €/ha et la médiane à 8 110 €/ha — soit le niveau le plus élevé des quatre départements franciliens étudiés cette année-là.
| Année | Nb ventes | Prix moyen | Prix médian | P10 | P90 |
|---|---|---|---|---|---|
| 2021 | 21 | 8 168 € | 7 917 € | 4 944 € | 11 574 € |
| 2022 | 21 | 8 396 € | 8 159 € | 6 156 € | 10 406 € |
| 2023 | 30 | 8 086 € | 7 901 € | 6 317 € | 10 205 € |
| 2024 | 22 | 9 388 € | 8 110 € | 6 000 € | 11 958 € |
| 2025* | 5 | 10 079 € | 10 174 € | 8 304 € | 11 788 € |

Prix des terres agricoles dans le Val-d'Oise — Source : DVF, traitement ma-propriete.fr
Les statistiques présentées dans cet article s'appuient sur la base DVF (Demandes de Valeurs Foncières) publiée par la Direction Générale des Finances Publiques. Cette base recense l'ensemble des transactions immobilières enregistrées auprès des notaires. Le traitement réalisé par ma-propriete.fr filtre les ventes pour ne conserver que les terres agricoles hors vignes : sont exclues les parcelles classées en vigne, AOC viticole ou cultures pérennes spécialisées, ainsi que les ventes mêlant bâtiments et terrains. Sur chaque année, sont ainsi retenues les transactions de terres labourables, prairies, terres incultes et autres usages agricoles non viticoles.
Pour chaque maille géographique (région, département), nous calculons le nombre de ventes, le prix moyen, le prix médian, les percentiles P10 et P90, ainsi que la surface moyenne. Les seuils de significativité minimaux (en règle générale 5 transactions) excluent les départements à très faible activité, ce qui explique l'absence des départements de la petite couronne francilienne.
Les données DVF présentent quelques limites qu'il faut garder à l'esprit. Premièrement, l'Alsace et la Moselle (départements 67, 68 et 57) sont exclues du dispositif DVF en raison du droit local — ces zones ne sont donc pas couvertes par nos statistiques nationales. Deuxièmement, les transactions mêlant plusieurs natures de biens (terre et bâtiment, terre et bois) sont délicates à isoler et peuvent introduire un biais résiduel. Troisièmement, les données 2025 ne couvrent que le 1er semestre et reposent sur des effectifs réduits : leur lecture est indicative, pas conclusive. Enfin, comme indiqué, les vignes sont strictement exclues du périmètre.
Les chiffres SAFER, publiés annuellement par le Ministère de l'Agriculture, reposent sur les transactions notifiées à la SAFER au titre de son droit de préemption. La méthodologie diffère sur plusieurs points : la SAFER applique ses propres règles d'exclusion (taille de parcelles, biens mixtes), distingue de façon native les terres libres et louées, et publie des prix moyens régionaux. Les chiffres DVF, plus exhaustifs sur le périmètre couvert, peuvent différer ponctuellement des chiffres SAFER mais convergent sur les tendances de fond. Les deux sources sont complémentaires : DVF pour la granularité fine et la photographie la plus récente ; SAFER pour le recul historique et la distinction libre/loué.
Le marché foncier agricole francilien se distingue par sa stabilité et son homogénéité. Avec un prix moyen de 7 895 €/ha en 2024 et 7 829 €/ha sur le 1er semestre 2025 (données partielles), l'Île-de-France reste l'une des régions les plus chères de France, bien au-dessus de la moyenne nationale (6 038 €/ha en 2024), mais affiche une légère érosion sur cinq ans qui contraste avec la dynamique haussière des bassins normands et picards. La Seine-et-Marne porte l'essentiel du marché régional ; le Val-d'Oise reste le département le plus cher en moyenne. Pour les porteurs de projet d'installation, ces niveaux de prix imposent une réflexion approfondie sur le mode d'accès au foncier — achat, fermage classique ou portage foncier — sujets que nous développons dans notre observatoire du prix des terres et notre livre blanc Comment créer une exploitation agricole ?.