Mis à jour le 14 avril 2026 : Retrouvez les données les plus récentes sur notre Observatoire du prix des terres (données DVF 2020-2025) qui présente les prix moyens, médians et les fourchettes de transactions pour votre région et chaque département.
La Provence-Alpes-Côte d'Azur est une région à la personnalité agricole très marquée. Entre les plateaux alpins du nord, la plaine céréalière et maraîchère de la Crau, les vergers de la vallée du Rhône et la lavande du plateau de Valensole, le marché foncier y présente une hétérogénéité rarement atteinte ailleurs en France. Avec environ 640 000 hectares de surface agricole utile, PACA reste malgré tout l'une des régions les moins agricoles de métropole au regard de sa superficie totale, la pression urbaine et touristique y étant particulièrement forte sur le littoral.
Cet article présente l'évolution du prix des terres agricoles en PACA à partir des données DVF (Demandes de valeurs foncières) publiées par la DGFiP, traitées par ma-propriete.fr pour sa nouvelle base statistique de mars 2026. Nous complétons cette analyse par les séries SAFER publiées par le Ministère de l'Agriculture, qui permettent une mise en perspective pluriannuelle.
Périmètre important : toutes les statistiques présentées ci-dessous concernent exclusivement les terres agricoles hors vignes (grandes cultures, prairies, terres labourables, vergers, oliveraies, lavanderaies, maraîchage de plein champ). La région PACA compte pourtant des vignobles prestigieux — Côtes de Provence, Bandol, Cassis, Bellet, Palette, Côtes du Rhône en Vaucluse — mais ces terroirs viticoles sont systématiquement écartés de l'analyse, conformément à la méthodologie DVF appliquée. Les données 2025 ne couvrent par ailleurs que le premier semestre et doivent être interprétées avec prudence.
Pour situer ces chiffres dans un cadre plus large, vous pouvez consulter notre observatoire national du prix des terres, ainsi que l'ensemble des annonces et ressources agricoles de ma-propriete.fr.
Les données DVF traitées par ma-propriete.fr isolent les mutations à titre onéreux portant uniquement sur des parcelles agricoles hors vignes et hors biens mixtes. Sur le premier semestre 2025, 27 transactions ont été retenues en PACA, pour un prix médian de 14 939 €/ha et un prix moyen de 15 807 €/ha (données partielles 1er semestre 2025, à interpréter avec prudence). Ce rebond, s'il se confirmait sur l'année entière, marquerait un retour aux niveaux observés avant la glissade de 2021-2023.
L'année 2024, plus robuste avec 77 mutations, s'établit à un prix médian de 13 340 €/ha et un prix moyen de 13 007 €/ha. Le marché foncier agricole provençal reste de loin le plus cher des régions françaises métropolitaines : à titre de comparaison, le prix médian national DVF 2024 se situe autour de 5 284 €/ha, soit un différentiel supérieur à 150 %.
La dispersion des prix y est également très marquée. En 2024, les 10 % de transactions les moins chères (décile P10) s'échangeaient à 5 518 €/ha, tandis que les 10 % les plus chères (P90) dépassaient 20 400 €/ha. Cet écart reflète la coexistence, sur un territoire restreint, de terrains d'alpage à faible valeur et de parcelles irrigables à très forte valeur ajoutée (maraîchage, vergers, lavande AOP).

Évolution du prix moyen et médian des terres agricoles en PACA (hors vignes) — Source : DVF, traitement ma-propriete.fr. 2020 et 2025 : périodes partielles.
Le tableau ci-dessous récapitule les principaux indicateurs DVF pour la région sur la période couverte.
| Année | Nb ventes | Prix moyen | Prix médian | P10 | P90 | Surface moyenne |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 2020* | 38 | 15 275 €/ha | 14 987 €/ha | 6 786 €/ha | 23 288 €/ha | 7,5 ha |
| 2021 | 74 | 13 660 €/ha | 13 640 €/ha | 4 771 €/ha | 20 262 €/ha | 9,0 ha |
| 2022 | 69 | 13 319 €/ha | 12 988 €/ha | 6 270 €/ha | 21 422 €/ha | 7,7 ha |
| 2023 | 70 | 12 123 €/ha | 11 118 €/ha | 4 794 €/ha | 20 339 €/ha | 7,0 ha |
| 2024 | 77 | 13 007 €/ha | 13 340 €/ha | 5 518 €/ha | 20 400 €/ha | 8,5 ha |
| 2025* | 27 | 15 807 €/ha | 14 939 €/ha | 6 685 €/ha | 24 467 €/ha | 8,4 ha |
* 2020 : 2ᵉ semestre uniquement ; 2025 : 1ᵉʳ semestre uniquement. Source : DVF, traitement ma-propriete.fr.
Les séries SAFER, publiées annuellement par le Ministère de l'Agriculture, complètent utilement les données DVF. Elles couvrent une période plus longue et portent exclusivement sur les terres et prés libres de plus de 70 ares, selon une nomenclature différente de celle de DVF.
Un point méthodologique important doit être signalé pour PACA : les données SAFER concernant les terres et prés loués ne sont pas publiées pour la région, faute d'un nombre de transactions suffisant pour établir une statistique fiable. Le marché des terres louées, soumis au fermage, y reste en effet beaucoup plus confidentiel que dans les grandes régions d'élevage ou de grandes cultures. Cette absence de donnée constitue en soi une information sur la nature du marché foncier provençal : la majorité des transactions agricoles significatives portent ici sur des terres libres d'occupation.
En 2024, le prix SAFER des terres libres en PACA s'établit à 11 930 €/ha, en progression de 13,6 % par rapport à 2023 (10 500 €/ha). Ce niveau est très supérieur à la moyenne française (6 400 €/ha). Le tableau ci-dessous retrace l'évolution sur la dernière décennie.
| Année | PACA — terres libres | France métropolitaine |
|---|---|---|
| 2015 | 10 900 €/ha | 6 010 €/ha |
| 2016 | 10 340 €/ha | 6 040 €/ha |
| 2017 | 11 900 €/ha | 5 990 €/ha |
| 2018 | 11 070 €/ha | 5 990 €/ha |
| 2019 | 10 300 €/ha | 6 000 €/ha |
| 2020 | 12 230 €/ha | 6 080 €/ha |
| 2021 | 9 530 €/ha | 5 940 €/ha |
| 2022 | 12 020 €/ha | 6 130 €/ha |
| 2023 | 10 500 €/ha | 6 200 €/ha |
| 2024 | 11 930 €/ha | 6 400 €/ha |

Prix SAFER des terres et prés libres : PACA comparée à la moyenne française (2011-2024) — Source : SAFER / Ministère de l'Agriculture, traitement ma-propriete.fr.
La série SAFER met en évidence deux caractéristiques du marché provençal. D'une part, les prix sont structurellement élevés, oscillant entre 9 500 et 12 300 €/ha depuis une dizaine d'années, soit près du double de la moyenne métropolitaine. D'autre part, les variations annuelles sont importantes : -22 % entre 2020 et 2021, +26 % entre 2021 et 2022. Ces à-coups tiennent avant tout à la faiblesse du nombre de transactions, qui rend la série sensible à la composition du marché chaque année.
On notera que les chiffres SAFER 2024 (11 930 €/ha) restent un peu inférieurs aux chiffres DVF 2024 (prix médian 13 340 €/ha). Ces deux sources reposent sur des méthodes et des périmètres distincts (voir la section Méthodologie). Elles doivent donc être lues comme deux éclairages complémentaires plutôt que comme une mesure unique.
La région PACA compte six départements dont les dynamiques foncières diffèrent fortement. Deux d'entre eux — les Alpes-Maritimes et, dans une moindre mesure, le Var — présentent un nombre de transactions DVF trop réduit pour établir des statistiques réellement robustes, du fait de la rareté des ventes agricoles non viticoles sur leur territoire.

Prix médian des terres agricoles hors vignes par département PACA en 2024 — Source : DVF, traitement ma-propriete.fr.
Les Alpes-de-Haute-Provence forment l'un des départements les plus contrastés de la région. On y trouve à la fois les plateaux de lavande et de lavandin de Valensole, les cultures céréalières et semencières de la vallée de la Durance, et les vastes parcours pastoraux de montagne dédiés à l'élevage ovin transhumant.
Sur le premier semestre 2025, seules 3 mutations DVF ont été enregistrées, pour un prix médian de 9 500 €/ha (données partielles 1er semestre 2025, à interpréter avec prudence). En 2024, année de référence, le département affiche un prix médian de 7 121 €/ha pour un prix moyen de 6 579 €/ha, sur 12 transactions. Les prix DVF des Alpes-de-Haute-Provence se situent ainsi bien en dessous du prix régional médian, mais au-dessus des départements alpins plus spécialisés dans l'élevage extensif.
La série SAFER des terres libres (7 300 €/ha en 2024) cadre bien avec les ordres de grandeur DVF et confirme un marché relativement actif sur ce département, porté notamment par la valeur ajoutée des lavanderaies et des parcelles irrigables.

Prix médian des terres agricoles dans les Alpes-de-Haute-Provence (hors vignes) — Source : DVF, traitement ma-propriete.fr.
Les Hautes-Alpes sont dominées par l'élevage extensif (ovins, bovins viande) et par les prairies permanentes de moyenne et haute montagne. L'arboriculture fruitière (pommes, poires) occupe une place plus réduite mais économiquement significative dans les vallées du Buëch et de la Durance.
Aucune transaction n'a été retenue pour le premier semestre 2025 dans nos données DVF. En 2024, le prix médian s'établit à 5 540 €/ha pour 9 mutations, un niveau comparable à la médiane française et nettement inférieur à la moyenne régionale PACA. Le département illustre bien la dualité du marché provençal : les terres pastorales et prairies d'altitude se négocient à des prix proches du foncier agricole français courant, loin des valeurs méditerranéennes irriguées.
La donnée SAFER 2024 (9 890 €/ha) apparaît sensiblement plus élevée que la médiane DVF. Cet écart s'explique sans doute par la composition des ventes SAFER, qui intègrent davantage de parcelles valorisées en vergers que les mutations retenues en DVF.

Prix médian des terres agricoles dans les Hautes-Alpes (hors vignes) — Source : DVF, traitement ma-propriete.fr.
Les Alpes-Maritimes constituent un cas particulier. Le département présente une surface agricole utile très réduite, une forte pression urbaine et touristique, et une spécialisation historique dans l'horticulture, l'oléiculture et la production florale — souvent sur de très petites parcelles.
Sur l'ensemble de la période étudiée, seulement trois transactions DVF ont été retenues pour le département (une en 2022, une en 2023, une en 2025). Les chiffres ne permettent donc aucune analyse statistique significative. La SAFER, de son côté, ne publie aucune donnée de prix (mention « NS » ou « ND ») pour les Alpes-Maritimes, confirmant l'extrême rareté du marché foncier agricole non viticole.
Pour les porteurs de projet intéressés par ce département, la connaissance fine du marché ne peut reposer que sur une approche parcellaire directe, en lien avec les notaires et la SAFER locale.
Les Bouches-du-Rhône forment le cœur du marché foncier agricole provençal, avec un tissu agricole dense porté par la plaine de la Crau (foin AOP, élevage ovin), les vergers et oliveraies des Alpilles, le maraîchage et l'arboriculture de la vallée du Rhône, et les rizières de Camargue.
Sur le premier semestre 2025, 15 mutations ont été retenues pour un prix médian de 20 131 €/ha et un prix moyen de 18 741 €/ha (données partielles 1er semestre 2025, à interpréter avec prudence). L'année 2024 complète, plus représentative, affichait un prix médian de 15 000 €/ha sur 37 transactions — soit le plus grand nombre de mutations de toute la région.
Les Bouches-du-Rhône concentrent à elles seules près de la moitié des transactions DVF retenues en PACA. Cette densité s'explique par une agriculture intensive à forte valeur ajoutée et par un marché relativement actif, tiré notamment par les parcelles irrigables et les exploitations maraîchères périurbaines. La série SAFER 2024 (17 450 €/ha) confirme ce positionnement premium.

Prix médian des terres agricoles dans les Bouches-du-Rhône (hors vignes) — Source : DVF, traitement ma-propriete.fr.
Le Var est un département à dominante viticole marquée (Côtes de Provence, Bandol, Cassis), ce qui limite fortement le volume de transactions hors vignes exploitables par DVF. Les productions non viticoles sont concentrées sur l'oléiculture, l'arboriculture, l'horticulture et quelques zones de maraîchage en plaine.
Sur l'ensemble de la période, le nombre de mutations DVF retenues reste très faible (17 transactions en six années). Dans ces conditions, les prix moyens affichés — 24 000 €/ha en 2024 sur une seule mutation, 29 120 €/ha en 2021 sur une seule mutation également — ne peuvent pas être considérés comme représentatifs du marché foncier varois.
Ils n'en demeurent pas moins cohérents avec les indicateurs SAFER, qui situaient les terres libres du Var à 10 380 €/ha en 2024, en baisse sensible depuis 2020 (13 310 €/ha). Ce recul SAFER suggère un assouplissement du marché sur les segments non viticoles, à confirmer par des séries plus longues.

Prix médian des terres agricoles dans le Var (hors vignes) — Source : DVF, traitement ma-propriete.fr. Les effectifs très faibles limitent la représentativité.
Le Vaucluse combine une très forte composante viticole (Côtes du Rhône, Ventoux, Luberon — exclues du périmètre) et une agriculture spécialisée remarquable : arboriculture fruitière (cerise, pêche, abricot, raisin de table), maraîchage précoce, plantes à parfum, aromatiques et médicinales. C'est aussi un département où la pression foncière des résidences secondaires et du tourisme est très présente.
Sur le premier semestre 2025, 8 mutations ont été retenues pour un prix médian de 14 687 €/ha (données partielles 1er semestre 2025, à interpréter avec prudence). L'année 2024 complète affichait un prix médian de 12 687 €/ha pour 18 transactions. Le Vaucluse constitue avec les Bouches-du-Rhône l'autre pôle structurant du marché foncier régional.
Les valeurs DVF et SAFER convergent assez bien pour ce département : la série SAFER des terres libres oscille autour de 14 000-15 000 €/ha depuis 2019, confirmant un marché dynamique et homogène, tiré par la qualité agronomique et la capacité d'irrigation des parcelles.

Prix médian des terres agricoles dans le Vaucluse (hors vignes) — Source : DVF, traitement ma-propriete.fr.
Les statistiques présentées dans cet article sont issues du traitement de la base DVF (Demandes de valeurs foncières), publiée par la Direction générale des finances publiques. Cette base recense l'ensemble des mutations à titre onéreux enregistrées par les services de la publicité foncière.
Le traitement ma-propriete.fr sélectionne uniquement les mutations portant sur des parcelles strictement agricoles, hors vignes et hors biens mixtes (c'est-à-dire excluant les ventes comprenant simultanément du bâti, des vignes, des bois ou d'autres natures de biens). Cette méthode permet de disposer d'une mesure aussi proche que possible du prix de marché des terres labourables, prairies et cultures spécialisées hors viticulture. Les prix sont exprimés en euros courants par hectare.
Plusieurs limites doivent être rappelées. D'abord, les départements d'Alsace-Moselle (57, 67, 68) sont exclus de DVF en raison de leur régime particulier de publicité foncière (Livre foncier) ; ils n'apparaissent donc dans aucune statistique DVF, quelle que soit la région.
Ensuite, l'année 2020 ne couvre que le second semestre et l'année 2025 ne couvre que le premier semestre. Ces deux périodes partielles sont donc signalées par un astérisque et doivent être interprétées avec la prudence qui s'impose : l'effectif réduit et la saisonnalité des transactions peuvent biaiser les comparaisons année sur année.
Enfin, l'exclusion stricte des vignes et des biens mixtes implique qu'une part significative du marché foncier de PACA — notamment dans le Var, le Vaucluse et les Bouches-du-Rhône — n'est pas couverte par ces statistiques. Cette limite est particulièrement sensible dans les départements où la composante viticole structure le paysage agricole.
Les séries SAFER reposent sur une méthode différente : elles agrègent les notifications de ventes transmises à la SAFER, ne retiennent que les terres et prés libres de plus de 70 ares, et appliquent leurs propres filtres de représentativité. Le champ est donc plus restreint mais plus homogène que DVF. Les valeurs qui en résultent peuvent diverger, parfois sensiblement, des chiffres DVF, comme on l'observe pour les Hautes-Alpes.
Par ailleurs, pour la région PACA, la SAFER ne publie pas de série sur les terres louées, faute d'un nombre suffisant de transactions. Cette absence est en soi une information sur la structure très particulière du marché foncier provençal, où le fermage joue un rôle plus limité que dans les régions de grandes cultures ou d'élevage intensif.
Ces deux sources doivent donc être lues en complément l'une de l'autre : DVF offre une granularité départementale plus fine sur les terres cultivées hors vignes ; SAFER propose une série longue cohérente et permet la comparaison inter-régionale.
Le marché foncier agricole de Provence-Alpes-Côte d'Azur demeure, même expurgé des vignobles, l'un des plus chers et des plus hétérogènes de France métropolitaine. Le prix médian DVF 2024 s'établit à 13 340 €/ha, soit plus du double de la médiane nationale, avec des écarts marqués entre les départements alpins (5 000 à 7 000 €/ha) et les départements méditerranéens irrigables (15 000 à 20 000 €/ha). Le rebond observé au premier semestre 2025 reste à confirmer sur une période complète. Pour qui envisage une installation ou un investissement dans la région, la lecture croisée des données DVF et SAFER, complétée par une approche parcellaire de terrain, reste la seule méthode fiable pour situer un prix. Vous pouvez également consulter directement les annonces de propriétés agricoles en PACA publiées sur ma-propriete.fr.
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