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Le prix des terres agricoles

Les statistiques complètes et officielles
Dernière mise à jour : mars 2026

Le marché du foncier agricole entre 2020 et 2025


Analyse du marché foncier agricole depuis 2020

Tendance Générale


Le marché foncier agricole français affiche sur la période juillet 2020 – juin 2025 une progression modérée du prix moyen à l'hectare : +3,4% cumulés sur 4 ans, soit un TCAM* de +0,76%/an.

Le 1er semestre de l'année 2025 poursuit cette phase de faible progression avec + 0,3% par rapport à 2024 pour le prix moyen et +0,5% pour le prix médian.

Cette hausse est inférieure à l'inflation constatée sur la même période (environ +3-4%/an), ce qui traduit une ÉROSION EN VALEUR RÉELLE du prix des terres.

Le prix médian confirme cette tendance (+3,0%), signe d'une dynamique homogène. Le marché est structurellement régulé par le mécanisme SAFER (droit de préemption), ce qui freine les mouvements spéculatifs et maintient une relative stabilité.

*TCAM : Taux de Croissance Annuel Moyen

Dispersion et Hétérogénéité du marché


La dispersion des prix est considérable : le ratio P90/P10 oscille autour de 4,3x, signifiant que les 10% de transactions les plus chères se négocient plus de 4 fois le prix des 10% les moins chères.

L'écart moyen/médian de +14,3% en 2024 révèle une asymétrie positive persistante : un noyau de transactions premium (zones viticoles, périurbaines, grandes cultures de la Beauce et de Champagne) tire la moyenne vers le haut.

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Au niveau départemental, l'écart atteint un facteur 10x entre le Var (24 000 €/ha) et la Saône-et-Loire (2 400 €/ha). Cette hétérogénéité rend toute moyenne nationale peu représentative : le marché foncier agricole reste avant tout un marché LOCAL.

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Dynamiques régionales


Trois profils régionaux se distinguent :

• RÉGIONS EN HAUSSE : La Normandie (+8,0%) et les Hauts-de-France (+6,7%) portent la dynamique haussière, tirées par la demande pour les terres de grandes cultures. En Normandie, la Seine-Maritime atteint 11 126 €/ha et le Calvados progresse de +13,6%. Dans les Hauts-de-France, le Nord (+16,8%) et l'Oise (+21,9%) reflètent la compétition pour les parcelles céréalières.

• RÉGIONS STABLES : Le Centre-Val de Loire (+4,5%), la Bretagne (+3,9%) et l'Auvergne-Rhône-Alpes (+2,2%) suivent la tendance nationale.

• RÉGIONS EN REPLI : La PACA affiche -14,8% sur un marché ultra-confidentiel (77 ventes/an). L'Île-de-France et le Grand Est (-1,4% chacun) connaissent une légère érosion. La Bourgogne-FC reste la moins chère avec +0,4% en 4 ans.

Volumes de transactions et liquidité


Le marché s'est stabilisé autour de 14 500 à 15 000 transactions annuelles (2021-2024), témoignant d'une liquidité constante.

La Nouvelle-Aquitaine domine en volume (14,8% des ventes), suivie des Pays de la Loire (12,8%) — deux régions à prix modérés mais à fort turn-over foncier.

À l'inverse, PACA, Île-de-France et Corse représentent moins de 2,5% du volume national : les zones à haute valeur sont les plus illiquides.

La surface moyenne se maintient autour de 10,5 ha avec une légère tendance baissière (-2,5%), reflet possible d'un morcellement progressif ou de l'entrée de plus petits acquéreurs.
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Facteurs structurels et perspectives


Certains facteurs structurels pèsent sur le marché foncier et devraient se traduire par une progression des prix.
FACTEURS HAUSSIERS : Pression foncière périurbaine (artificialisation malgré le ZAN), attractivité des grandes cultures dans un contexte de prix agricoles soutenus, diversification patrimoniale par des investisseurs non-agricoles.

A l'inverse, d'autres facteurs s'appliquent sur ce marché et expliquent pourquoi le prix des terres en France est parmi les plus faibles d'Europe.
FACTEURS MODÉRATEURS : Régulation SAFER (préemption) et Contrôle des Structures, contexte agricole difficile (volatilité des revenus, réforme PAC 2023), hausse des taux d'intérêt 2022-2024, et objectif ZAN (Zéro Artificialisation Nette).

PERSPECTIVES : Le corridor P10/P90 reste stable (~4,3x), suggérant un marché structuré et peu sujet aux bulles. Les régions de grandes cultures du quart Nord-Ouest devraient maintenir leur dynamique haussière. La PACA et la Corse resteront des marchés de niche à forte volatilité.

La vraie variable sera sans doute liée à l'évolution de la PAC (et du revenu agricole) et l'impact de la réglementation de l'urbanisme sur la disponibilité foncière.

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Les sources des données


Les données sont issues des statistiques publiées tous les semestres par l'administration fiscale. Elles recensent toutes les mutations à titre onéreux d'immeubles en France.

Ces données, couramment appelées "statistiques DVF", sont accessibles notamment sur l'application "Demande de Valeur Foncière".

Il s'agit donc de statistiques réalisées sur des données officielles.

Une analyse statistique complexe


Les fichiers issus de DVF sont très complexes et peuvent quelquefois compter 10 ou 15 lignes pour une vente concernant seulement 2 ou 3 parcelles de foncier.

Un travail important d'analyse a été réalisé par notre statisticien afin d'analyser tous les types de situation pour ne conserver que les données essentielles.

Nous avons ensuite appliqué des tris spécifiques que nous avons testé progressivement afin de vérifier la fiabilité des résultats. Voici le détail des principaux traitements réalisés : 
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  • Surface de terrain comprise supérieure à 3ha : Ce tri nous a permis de supprimer la grande majorité des cessions réalisées pour un projet non agricole
     

  • Suppression de toutes les ventes comportant du bâti : N'étant pas en mesure de réaliser de répartition entre les catégories de biens, nous avons exclu toutes les ventes ne portant pas exclusivement sur des terrains agricoles.
     

  • Suppression de toutes les ventes réalisées à plus de 35 000 €/ha :  Après analyse de ces transactions, il apparait qu'il s'agissait avant tout de ventes réalisées pour un changement de destination (lotissement, carrières, artificialisation, ...) ou qui comprenaient parfois des constructions.
     

  • Suppression des 5% de ventes les plus faibles et les plus fortes : Dans le but de suppprimer les ventes hors normes qui peuvent influer sur les valeurs moyennes et médianes.


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La différence avec les statistiques de la SAFER


La SAFER réalise ses statistiques à partir des transactions qu'elle réalise elle-même ou des notifications détaillées reçues par les notaires.

Elle peut ainsi réaliser des répartitions entre le prix des terres et celui des éléments bâtis par exemple. Alors que nous ne retenons que les ventes portant uniquement sur des terres (en excluant ainsi les ventes contenant du bâti).

La base retenue par la SAFER est donc plus large (98 000 transactions en 2024 contre 14 000 pour notre base) même si notre base reste suffisamment large pour représenter le marché réel.

 La SAFER peut en outre faire la distinction entre les terres louées et les terres libres, information qui ne figure pas sur les données DVF que nous exploitons. 

Par ailleurs, les prix nationaux et régionaux de la SAFER sont calculées "à partir des prix de référence de l’année 1997 auxquels est appliqué un indice". Les prix départementaux et par petites régions agricoles de la SAFER sont réalisés sur la base des "prix moyen triennal brut à l’hectare", c'est à dire que le prix des terres de 2024, publié en 2025, correspond en fait à la moyenne des prix de 2022 à 2024, et pas au prix moyen des transactions réalisées en 2024.

Nos prix départementaux, nationaux et régionaux sont directement calculés sur la base des transactions de l'année et reflètent donc la réalité brute du marché de l'année présentée.


Enfin, la SAFER publie un seul prix (le prix moyen), alors que nous avons choisi de communiquer des statistiques plus larges : le prix moyen, le prix médian, le prix mini, le prix maxi, la surface moyenne, ... Ainsi que l'évolution de ces prix depuis le 1er juillet 2020.