Un domaine de chasse à vendre en Charente n’a guère l’allure des grands territoires clos de Sologne : le département associe des bois de taille moyenne, du bocage et de vastes plaines cultivées. À l’est, la Charente limousine, autour de Confolens, Chabanais et Montembœuf, déroule un bocage sur granite où le chevreuil et le sanglier trouvent haies, châtaigneraies et vallons boisés. Au sud, les pins maritimes et les chênes de la Double saintongeaise gagnent les environs de Brossac et de Baignes-Sainte-Radegonde. Entre les deux, l’Angoumois calcaire, le Ruffécois et le Cognaçais se prêtent davantage au petit gibier. Les propriétés et territoires de chasse à vendre présentés sur cette page vont du bois de quelques hectares au domaine boisé avec maison, mis en vente par des particuliers, des agences ou des notaires.
Plus bas, vous trouverez les prix réellement constatés pour les bois et les étangs charentais, les prélèvements de grand gibier publiés par l’Office français de la biodiversité et nos conseils pour examiner un territoire avant de vous engager : organisation locale de la chasse, plan de chasse, dégâts, clôtures. Notre article sur l’évolution du prix des forêts en Nouvelle-Aquitaine replace ces valeurs dans leur contexte.
Un domaine de chasse se valorise rarement d’un seul chiffre : son prix additionne la valeur des bois, celle des étangs, du bâti et des aménagements cynégétiques. Les statistiques ci-dessous donnent les repères du foncier boisé et des étangs, à partir des ventes réellement enregistrées.
D’après l’observatoire du prix des forêts de ma-propriete.fr, établi à partir des ventes enregistrées dans la base DVF, le prix médian d’un hectare de forêt en Charente s’établit à 2 147 €/ha en 2025*, sur 55 ventes, pour un prix moyen de 3 015 €/ha. Le département se place en dessous de la médiane de Nouvelle-Aquitaine (3 995 €/ha) et en dessous de la médiane nationale (4 936 €/ha). Sur un an, la médiane départementale évolue de −10,1 % : un mouvement à lire avec prudence sur moins d’une centaine de ventes, où quelques grandes propriétés suffisent à déplacer la médiane. Sur la période 2020-2025, plus robuste, 274 ventes donnent une médiane de 2 443 €/ha pour une surface médiane de 4,4 ha.
| Indicateur | Charente (16) | Nouvelle-Aquitaine | France |
|---|---|---|---|
| Prix médian 2025 | 2 147 €/ha* | 3 995 €/ha | 4 936 €/ha |
| Prix moyen 2025 | 3 015 €/ha* | 4 688 €/ha | 6 214 €/ha |
| Nombre de ventes 2025 | 55 | 1 450 | 6 329 |
| Évolution de la médiane 2024 → 2025 | −10,1 %* | +5,5 % | +1,9 % |
| Prix médian 2020-2025 | 2 443 €/ha | 3 684 €/ha | 4 778 €/ha |
| Nombre de ventes 2020-2025 | 274 | 8 009 | 35 100 |
À l’échelle nationale, le prix à l’hectare remonte avec la surface : les grandes propriétés, qui intéressent les chasseurs, se vendent plus cher à l’hectare que les parcelles moyennes.
| Surface de la forêt vendue (France, 2020-2025) | Prix médian | Nombre de ventes |
|---|---|---|
| 10 à 20 ha | 4 010 €/ha | 3 161 |
| 20 à 50 ha | 5 330 €/ha | 1 850 |
| 50 à 100 ha | 6 810 €/ha | 581 |
| Plus de 100 ha | 7 361 €/ha | 320 |
Les étangs se négocient à un tout autre niveau : 15 589 €/ha en médiane pour les 16 étangs vendus sans bâti en Charente entre 2020 et 2025†, un échantillon trop faible pour être représentatif ; à l’échelle régionale, la médiane atteint 18 535 €/ha.
Côté annonces, 18 propriétés de chasse sont proposées sur ma-propriete.fr en France au 2 octobre 2026, dont 1 en Nouvelle-Aquitaine. Leur prix demandé médian s’établit à 888 000 € pour une surface médiane d’environ 68 ha. Ces montants sont des prix de mise en vente de propriétés complètes : ils renseignent sur l’offre disponible plus que sur le prix moyen de l’hectare boisé.
* Entre 30 et 99 ventes : valeur indicative. † Entre 10 et 29 ventes : échantillon trop faible pour être représentatif du marché local. Source : DVF (DGFiP), traitement ma-propriete.fr ; forêts de 1 ha et plus, nature cadastrale bois ; étangs sans bâti d’au moins 2 000 m² ; juillet 2020 à décembre 2025 ; les départements de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin ne figurent pas dans DVF. Annonces relevées sur ma-propriete.fr le 2 octobre 2026.
Les tableaux de chasse publiés par l’Office français de la biodiversité mesurent la pression de chasse et, indirectement, la présence du grand gibier. En Charente, 334 cerfs élaphes ont été prélevés lors de la saison 2024-2025, soit environ 0,4 % du tableau national, aux côtés de 9 042 chevreuils et 8 324 sangliers.
| Espèce | Saison 2021-2022 | Saison 2024-2025 | Évolution |
|---|---|---|---|
| Cerf élaphe | 233 | 334 | +43 % |
| Chevreuil | 9 219 | 9 042 | −2 % |
| Sanglier | 7 118 | 8 324 | +17 % |
Source : OFB, réseau Ongulés sauvages, tableaux de chasse départementaux du grand gibier (prélèvements totaux, données publiées sur data.gouv.fr).
Sur les sols cristallins du Confolentais, le paysage rompt avec le reste du département : prairies pâturées par les vaches limousines, haies épaisses, bois de chênes et de châtaigniers accrochés aux pentes de la vallée de la Vienne et de ses affluents. Le chevreuil et le sanglier y sont chassés en battue, sur des territoires souvent partagés entre plusieurs propriétaires ; le cerf, dont les prélèvements progressent nettement en Charente, complète désormais certains tableaux.
Plus à l’ouest, entre Angoulême et La Rochefoucauld, la forêt domaniale de la Braconne et le bois Blanc qui la prolonge forment le principal massif du centre du département, sur un plateau calcaire creusé de fosses karstiques. Ils ne sont pas à vendre, la chasse y étant louée par l’Office national des forêts, mais leurs chênaies et leurs pinèdes ressemblent à celles des bois privés alentour. Vers l’est, le bocage se poursuit au-delà de la limite départementale : les propriétés de chasse de la Haute-Vienne méritent d’être comparées.
Dans le Sud-Charente, la Double saintongeaise apporte un paysage de pins maritimes, de chênes pédonculés et tauzins, de landes humides et d’étangs nés de sols imperméables. On y chasse le chevreuil et le sanglier en battue, la bécasse en hiver ; une partie du massif, classée en Natura 2000 pour ses tourbières, impose de se renseigner sur les engagements attachés aux parcelles.
Le centre et l’ouest offrent un tout autre visage. Dans les plaines du Ruffécois et du Rouillacais, comme dans le vignoble du Cognaçais, le petit gibier domine : perdrix, faisans et lièvres, ces derniers faisant l’objet, dans le Ruffécois, le Rouillacais ou au nord d’Angoulême, de plans de gestion locaux appuyés sur des comptages et un carnet de prélèvement. Les bois y sont dispersés en bosquets, et un terrain de chasse s’achète souvent avec une maison charentaise, une ferme ou un ensemble de terres agricoles.
Commencez par l’organisation locale de la chasse. À la différence de la Charente-Maritime voisine, la Charente ne compte que très peu d’ACCA issues de la loi Verdeille de 1964 : la chasse y repose surtout sur des sociétés communales, auxquelles les propriétaires apportent leurs terres, et sur des chasses privées. Demandez au vendeur quels baux ou conventions sont en cours et à quelle échéance.
Le plan de chasse concerne ici le cerf, le daim et le chevreuil, attribués pour trois saisons dans le cas du cerf et du chevreuil ; chaque animal prélevé doit porter son dispositif de marquage avant d’être transporté. Pour le sanglier, la fédération a supprimé le marquage en 2025 mais impose de déclarer chaque prélèvement sous 48 heures. Faites-vous communiquer les attributions et les réalisations des dernières saisons. Le sanglier, de plus en plus prélevé en Charente, cause aux cultures des dégâts que la fédération départementale indemnise grâce aux contributions des chasseurs ; un territoire réputé mal chassé s’attire vite les reproches des agriculteurs voisins.
Regardez enfin les clôtures. Si un bois est ceinturé d’un grillage destiné à retenir le grand gibier, la loi du 2 février 2023 s’applique : en zone naturelle ou forestière, la clôture doit laisser passer la faune, avec un bas situé à 30 cm du sol et une hauteur limitée à 1,20 m, et celles posées durant les trente années précédant la loi doivent être mises aux normes avant le 1er janvier 2027. Notre article sur la mise en conformité des clôtures de chasse précise les exceptions ; le coût des travaux se discute avant l’offre.
Les domaines, bois et territoires de chasse charentais publiés sur ma-propriete.fr viennent de particuliers, d’agences et d’offices notariaux ; triez-les par surface ou par budget et activez une alerte e-mail pour être averti des nouvelles mises en vente. Vous vendez ? Déposez votre annonce. Si le bois compte plus que le gibier, parcourez nos forêts à vendre en Charente ou nos étangs à vendre en Charente, et pour élargir la recherche, les domaines de chasse à vendre en Nouvelle-Aquitaine.