Combien coûte un hectare de forêt en France ? À cette question, les réponses publiquement disponibles divergent souvent : moyennes nationales très agrégées, données régionales partielles, indicateurs déconnectés du marché réel.
Pour y voir clair, ma-propriete.fr a analysé 35 100 transactions forestières réellement enregistrées entre le 1er juillet 2020 et le 31 décembre 2025, à partir de la base officielle DVF (Demandes de Valeurs Foncières) du ministère de l’Économie. Cette page constitue le volet forêts de l’observatoire des prix de l’immobilier rural de ma-propriete.fr. Elle restitue les chiffres clés du marché à l’échelle nationale, régionale et départementale.
Les chiffres clés du marché forestier français (2020-2025)
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Prix médian d’un hectare de forêt en 2025 | 4 936 €/ha |
| Prix moyen d’un hectare de forêt en 2025 | 6 214 €/ha |
| Prix médian sur la période 2020-2025 | 4 778 €/ha |
| Surface médiane d’une vente | 3,3 hectares |
| Volume total échangé sur 5 ans | 302 720 hectares |
| Valeur totale échangée sur 5 ans | 1,99 milliard d’euros |
| Nombre de transactions analysées | 35 100 |
Source : base DVF, traitement ma-propriete.fr. Méthodologie détaillée en fin de page.
Sommaire
Sélectionnez une région ou un département pour visualiser les prix médians et moyens, le nombre de ventes et la surface médiane des transactions enregistrées sur la période 2020-2025.
En 2025, le prix médian d’un hectare de forêt en France s’établit à 4 936 €/ha, en hausse de 1,9% par rapport à 2024. Le prix moyen atteint 6 214 €/ha. Cet écart entre la moyenne et la médiane est révélateur : il traduit la présence d’un nombre significatif de petites parcelles vendues à des prix unitaires élevés, qui tirent la moyenne vers le haut sans refléter la réalité de la majorité des transactions.
Sur l’ensemble de la période 2020-2025, le prix médian tous exercices confondus ressort à 4 778 €/ha, pour un prix moyen de 6 265 €/ha. Mais c’est bien l’année 2025, dernière année pleine disponible, qui constitue la référence la plus pertinente pour apprécier le marché actuel
Le prix médian correspond au prix qui sépare le marché en deux moitiés égales : 50 % des transactions se concluent en dessous, 50 % au-dessus. C’est l’indicateur le plus fidèle pour comprendre ce que coûte réellement un hectare de forêt « ordinaire » en France.
Le prix moyen, lui, est arithmétique. Il intègre toutes les transactions sans distinction et se trouve mécaniquement tiré vers le haut par les ventes les plus chères, souvent des petites parcelles à fort prix unitaire ou des forêts d’exception. Sur le marché forestier, l’écart entre médiane et moyenne est important, ce qui invite à manier les chiffres « moyens » avec prudence.
Sur les cinq années pleines disponibles dans les données DVF analysées, le prix médian d’un hectare de forêt progresse de manière continue, sans à-coup notable :
| Année | Nombre de ventes | Prix médian (€/ha) | Évolution |
|---|---|---|---|
| 2021 | 6 521 | 4 624 | — |
| 2022 | 6 473 | 4 825 | + 4,3 % |
| 2023 | 6 569 | 4 854 | + 0,6 % |
| 2024 | 6 424 | 4 846 | − 0,2 % |
| 2025 | 6 329 | 4 936 | + 1,9% |
Note : l'année 2020 (juillet-décembre uniquement) est partielle et ne peut être comparée aux années pleines. Elle est exclue de ce tableau d’évolution.
Sur cinq ans, le prix médian gagne 6,7 %, soit une progression annuelle moyenne d’environ 1,3 %. Après une phase de stabilisation en 2023 et 2024, la hausse reprend nettement en 2025 (+ 1,9 %). La dynamique reste régulière, sans rupture brutale : un signal cohérent avec le statut de la forêt comme actif patrimonial peu volatil, à l’écart des cycles immobiliers résidentiels.
Ce résultat est par ailleurs cohérent avec les publications de la SAFER : sur l’année 2024, notre médiane DVF de 4 846 €/ha coïncidait à quelques euros près avec le prix moyen SAFER de 4 850 €/ha. Cette convergence entre deux sources indépendantes, construites sur des méthodologies différentes, constitue un signal de fiabilité fort.
La hausse continue du prix médian observée dans les données DVF — cinq années consécutives de progression entre 2021 et 2025 — confirme une tendance de fond : la forêt s’impose comme un actif patrimonial recherché. Plusieurs ressorts expliquent cet engouement durable.
La forêt est un actif tangible, peu corrélé aux marchés financiers et aux cycles immobiliers résidentiels. Elle offre une visibilité de long terme, avec une production biologique qui se constitue mécaniquement année après année. Dans un environnement marqué par l’incertitude économique et la quête d’investissements concrets, ces qualités sont appréciées des acquéreurs.
Le marché forestier reste structurellement étroit : les ventes annuelles ne représentent qu’environ 1,2 % de la surface forestière privée française. En 2024, selon la SAFER, 21 860 transactions ont été enregistrées pour un volume total de 148 700 hectares et une valeur de 2,02 milliards d’euros. Cette rareté de l’offre, conjuguée à une demande soutenue, exerce une pression à la hausse sur les prix — particulièrement marquée sur le segment des grands massifs où interviennent les investisseurs institutionnels, les groupements forestiers d’investissement (GFI) et les groupements fonciers forestiers (GFF).
Enfin, la forêt acquiert progressivement de nouvelles dimensions de valorisation : stockage carbone et label bas-carbone, biodiversité, services écosystémiques. Ces revenus encore en émergence pourraient renforcer durablement l’attractivité de l’investissement forestier.
Les écarts régionaux sont considérables : le prix médian d’un hectare de forêt varie de moins de 3 700 € en Occitanie et Nouvelle-Aquitaine à plus de 9 000 € en Normandie. Cette dispersion s’explique par la qualité des stations forestières, la pression foncière, les essences dominantes et la structure des peuplements.
| Région | Nb ventes | Prix médian (€/ha) | Surface médiane (ha) |
|---|---|---|---|
| Normandie | 1 596 | 9 202 | 2,7 |
| Hauts-de-France | 2 009 | 8 853 | 2,5 |
| Île-de-France | 640 | 6 615 | 2,8 |
| Centre-Val de Loire | 1 867 | 5 588 | 3,2 |
| Provence-Alpes-Côte d’Azur | 2 101 | 5 207 | 3,0 |
| Grand Est | 2 836 | 4 958 | 3,0 |
| Pays de la Loire | 1 435 | 4 896 | 2,7 |
| Corse | 371 | 4 866 | 3,7 |
| Bretagne | 1 298 | 4 822 | 2,5 |
| Bourgogne-Franche-Comté | 3 408 | 4 775 | 3,6 |
| Auvergne-Rhône-Alpes | 5 257 | 4 000 | 3,2 |
| Nouvelle-Aquitaine | 8 009 | 3 684 | 4,3 |
| Occitanie | 3 690 | 3 560 | 3,5 |
Trois régions du quart nord-ouest concentrent les prix médians les plus hauts : Normandie (9 202 €/ha), Hauts-de-France (8 853 €/ha) et Île-de-France (6 615 €/ha). Trois facteurs convergent pour expliquer ces niveaux : la qualité des sols et des stations forestières, la pression foncière exercée par les grandes agglomérations, et la prédominance d’essences feuillues à forte valeur (chêne notamment). Le Centre-Val de Loire (5 588 €/ha) et PACA (5 207 €/ha) complètent le haut du classement, dans des contextes très différents — chênaies de qualité au Centre, parcelles d’agrément et pression résidentielle sur le littoral en PACA.
Occitanie (3 560 €/ha) et Nouvelle-Aquitaine (3 684 €/ha) ferment le classement. La Nouvelle-Aquitaine concentre pourtant le plus grand nombre de transactions (8 009 sur la période), portée par le massif landais et l’importante propriété forestière en Dordogne. Auvergne-Rhône-Alpes (4 000 €/ha) reste également dans la fourchette basse, en cohérence avec la prédominance de massifs résineux et de zones de relief moins productives. Ces régions plus accessibles intéressent les acquéreurs à la recherche de surfaces importantes pour un budget contenu.
Pour chaque région, ma-propriete.fr publie un article détaillé présentant les prix par département, l’évolution année par année et la comparaison avec les données SAFER :
| Région | Prix médian (€/ha) | Article détaillé |
|---|---|---|
| Auvergne-Rhône-Alpes | 4 000 | Lire l’article → |
| Bourgogne-Franche-Comté | 4 775 | Lire l’article → |
| Bretagne | 4 822 | Lire l’article → |
| Centre-Val de Loire | 5 588 | Lire l’article → |
| Corse | 4 866 | Lire l’article → |
| Grand Est | 4 958 | Lire l’article → |
| Hauts-de-France | 8 853 | Lire l’article → |
| Île-de-France | 6 615 | Lire l’article → |
| Normandie | 9 202 | Lire l’article → |
| Nouvelle-Aquitaine | 3 684 | Lire l’article → |
| Occitanie | 3 560 | Lire l’article → |
| Pays de la Loire | 4 896 | Lire l’article → |
| Provence-Alpes-Côte d’Azur | 5 207 | Lire l’article → |
Sur les territoires ultramarins, la Guyane (12 938 €/ha sur 433 transactions) et La Réunion (10 000 €/ha sur 117 transactions) affichent des prix médians très supérieurs à la moyenne nationale, en lien avec la rareté du foncier disponible et les spécificités locales. Les échantillons de Guadeloupe (25 ventes) et de Martinique (8 ventes) sont en revanche trop restreints pour produire des indicateurs représentatifs ; ils doivent être considérés comme indicatifs seulement.
L’analyse à l’échelle départementale révèle une dispersion encore plus marquée. Sur les départements métropolitains représentés dans les données, l’écart entre le prix médian le plus bas et le plus haut atteint un facteur de 1 à 13. Ce gradient territorial est l’un des enseignements forts de l’analyse DVF : il invite tout acquéreur ou vendeur à raisonner d’abord à l’échelle de son territoire, bien avant de se référer à la moyenne nationale.
| Département | Région | Prix médian (€/ha) | Nb ventes |
|---|---|---|---|
| Pas-de-Calais | Hauts-de-France | 20 099 | 301 |
| Nord | Hauts-de-France | 14 642 | 135 |
| Somme | Hauts-de-France | 14 356 | 301 |
| Seine-Maritime | Normandie | 13 596 | 405 |
| Yvelines | Île-de-France | 8 830 | 87 |
| Eure | Normandie | 8 724 | 514 |
| Calvados | Normandie | 8 168 | 235 |
| Val-d’Oise | Île-de-France | 8 000 | 67 |
| Orne | Normandie | 8 000 | 287 |
| Alpes-Maritimes | PACA | 7 651 | 319 |
Le Pas-de-Calais se détache nettement, avec un prix médian de 20 099 €/ha. Les départements du Nord et de la Somme suivent à un niveau encore très élevé. Ces résultats reflètent à la fois la qualité agronomique des sols et la rareté des surfaces forestières dans des départements où la forêt est minoritaire face aux usages agricoles et urbains.
| Département | Région | Prix médian (€/ha) | Nb ventes |
|---|---|---|---|
| Alpes-de-Haute-Provence | PACA | 1 508 | 263 |
| Lozère | Occitanie | 2 293 | 266 |
| Charente | Nouvelle-Aquitaine | 2 387 | 311 |
| Drôme | Auvergne-Rhône-Alpes | 2 622 | 357 |
| Charente-Maritime | Nouvelle-Aquitaine | 2 663 | 357 |
| Dordogne | Nouvelle-Aquitaine | 2 690 | 1 345 |
| Lot | Occitanie | 2 693 | 436 |
| Aude | Occitanie | 2 747 | 214 |
| Pyrénées-Orientales | Occitanie | 2 811 | 201 |
| Creuse | Nouvelle-Aquitaine | 2 834 | 347 |
À l’opposé, les Alpes-de-Haute-Provence affichent le prix médian le plus bas du territoire (1 508 €/ha). On retrouve ensuite des départements ruraux du Massif Central, du Sud-Ouest et de l’arrière-pays méditerranéen, où l’abondance de forêts moins productives, le relief et l’éloignement des centres de transformation pèsent sur les valorisations.
Cinq départements concentrent une part importante du marché forestier français : Gironde (1 681 ventes sur la période), Landes (1 560), Dordogne (1 345), Var (975) et Puy-de-Dôme (778). Le Sud-Ouest forestier — massif landais et Périgord — constitue ainsi à lui seul un pôle d’échanges majeur, qui pèse fortement dans les statistiques nationales.
Pour explorer les chiffres de chaque département, utilisez l’outil interactif en haut de page. Les départements représentés par moins de 30 transactions sont écartés des classements pour des raisons de robustesse statistique.
Contrairement à une intuition courante, le prix par hectare ne décroît pas linéairement avec la taille de la parcelle. L’analyse DVF révèle au contraire une courbe en U caractéristique : les très petites surfaces sont valorisées à un niveau élevé, le creux de prix se situe sur les surfaces moyennes, puis les valeurs remontent fortement sur les grands massifs.
| Tranche de surface | Part des ventes | Prix médian (€/ha) | Prix moyen (€/ha) |
|---|---|---|---|
| 1 à 2 hectares | 28,5 % | 6 059 | 7 783 |
| 2 à 5 hectares | 36,8 % | 3 985 | 5 413 |
| 5 à 10 hectares | 17,6 % | 3 443 | 4 805 |
| 10 à 20 hectares | 9,2 % | 4 010 | 5 365 |
| 20 à 50 hectares | 5,4 % | 5 330 | 6 445 |
| 50 à 100 hectares | 1,7 % | 6 810 | 7 537 |
| Plus de 100 hectares | 0,9 % | 7 361 | 8 016 |
Près des deux tiers des ventes concernent des parcelles de moins de 5 hectares. Sur le segment le plus petit (1 à 2 hectares), le prix médian atteint 6 059 €/ha — un niveau très supérieur à la médiane nationale. Cet écart s’explique par le profil des acquéreurs : voisins forestiers cherchant à consolider leur parcellaire, particuliers en quête d’une parcelle d’agrément, de chasse ou de bois de chauffage. Sur ce marché de proximité, l’usage prime souvent sur la valeur productive du bois, ce qui soutient les prix unitaires.
Le creux de valorisation se situe sur les forêts de 5 à 10 hectares, avec un prix médian de 3 443 €/ha. Trop grandes pour relever d’un usage purement personnel, trop petites pour intéresser les investisseurs institutionnels ou justifier une exploitation industrielle, elles trouvent acquéreurs à des conditions plus modérées. À partir de 10 hectares, les prix remontent progressivement à mesure que la surface permet une gestion forestière structurée.
Au-delà de 100 hectares, le prix médian atteint 7 361 €/ha — soit plus du double du creux observé sur les surfaces de 5 à 10 hectares. Plusieurs facteurs convergent : qualité de gestion souvent supérieure, peuplements plus matures, attractivité pour les investisseurs institutionnels (groupements forestiers d’investissement, sociétés de gestion), et rareté structurelle de l’offre. Bien qu’elles ne représentent que 0,9 % des transactions, ces ventes portent sur près de 20 % du volume total échangé.
L’acquisition d’une propriété forestière suit un parcours spécifique, différent de l’immobilier résidentiel classique. Voici les repères essentiels pour un acquéreur.
Plusieurs voies permettent d’accéder au marché des forêts à vendre en France. Les notaires restent le premier point d’entrée : dans les zones rurales, ils ont souvent connaissance des biens mis en vente avant même leur publication. Les agences immobilières spécialisées dans le foncier rural et forestier offrent un accompagnement ciblé, de l’estimation à la signature. Les plateformes en ligne comme ma-propriete.fr permettent de consulter les offres de bois et forêts à vendre sur l’ensemble du territoire. Enfin, les bourses foncières animées par le Centre National de la Propriété Forestière (CNPF) facilitent les échanges entre propriétaires voisins, en particulier pour lutter contre le morcellement de la petite propriété forestière.
L’achat en direct d’une parcelle boisée offre la maîtrise complète du bien : choix de la localisation, du peuplement, de la stratégie de gestion. Il s’adresse à des acquéreurs prêts à s’impliquer dans la gestion forestière ou à la confier à un gestionnaire professionnel. Le budget d’entrée est variable : une petite parcelle de quelques hectares peut se négocier à partir de 15 000 à 30 000 €, tandis qu’un massif de production de 50 hectares et plus dépasse facilement les 300 000 €.
L’alternative passe par les groupements forestiers. Le groupement foncier forestier (GFF) est une société civile réunissant plusieurs associés autour d’un patrimoine forestier commun ; il reste souvent intrafamilial. Le groupement forestier d’investissement (GFI), agréé par l’Autorité des marchés financiers (AMF), s’adresse à un public plus large et permet d’investir en forêt à partir de quelques milliers d’euros, en bénéficiant d’une gestion professionnelle et d’une mutualisation des risques.
Les avantages fiscaux liés à la propriété forestière (réduction d’impôt sur le revenu, abattement sur l’IFI, régime favorable en matière de transmission) font l’objet d’un traitement détaillé dans notre livre blanc « Le guide de la forêt ».
L’achat d’une forêt obéit à un cadre juridique particulier. Lorsqu’une propriété boisée est mise en vente, le droit de préférence des propriétaires forestiers voisins s’applique pour les parcelles de moins de 4 hectares. La SAFER dispose également d’un droit de préemption sur les biens forestiers, qu’elle exerce pour lutter contre la spéculation ou favoriser l’agrandissement de propriétés existantes.
Si la forêt achetée dépasse 25 hectares, le nouveau propriétaire a l’obligation de disposer d’un Plan Simple de Gestion (PSG) dans les trois ans suivant l’acquisition. Ce document, établi pour une durée de 10 à 20 ans, prévoit les coupes, les travaux sylvicoles et les reboisements. Il conditionne l’accès aux avantages fiscaux liés à la gestion durable. Pour les surfaces inférieures, le Code des bonnes pratiques sylvicoles (CBPS) permet d’encadrer la gestion sur une base volontaire.
Au-delà de la localisation et de la surface, plusieurs critères techniques et patrimoniaux déterminent la valeur vénale d’une parcelle forestière. Comprendre ces facteurs permet à l’acquéreur comme au vendeur de situer une forêt par rapport au marché — et d’apprécier les écarts parfois importants observés autour des moyennes statistiques.
La nature, l’âge et l’état sanitaire des arbres présents sur la parcelle constituent souvent la part principale de la valeur. Une futaie mature de chêne ou une plantation de douglas en pleine production se valorisent à des niveaux sans rapport avec une jeune plantation ou un taillis dégradé. Pour les forêts de production, la valeur du stock de bois sur pied peut représenter une part majoritaire du prix de vente.
Les cours du bois sur pied, publiés chaque année par France Bois Forêt, illustrent la hiérarchie des essences : en 2024, le chêne s’établit à 228 €/m³, le douglas à 89 €/m³, le peuplier à 73 €/m³, le pin maritime à 56 €/m³ et le hêtre à 56 €/m³. Ces niveaux de prix influencent directement la valorisation des parcelles boisées correspondantes.
La productivité d’une forêt dépend des caractéristiques stationnelles : profondeur et richesse du sol, pluviométrie, exposition, altitude. Deux parcelles voisines peuvent présenter des valeurs très différentes selon que le sol permet ou non une croissance vigoureuse des essences en place. Dans le contexte du changement climatique, la résilience de la station — sa capacité à maintenir la productivité face à la hausse des températures et aux épisodes de sécheresse — devient un critère de valorisation de plus en plus observé par les acquéreurs.
Une forêt accessible aux engins forestiers et proche d’une voie carrossable se valorise sensiblement mieux qu’une parcelle enclavée ou perchée sur un relief difficile. Les coûts d’exploitation conditionnent directement le revenu attendu, et donc le prix qu’un acquéreur est disposé à payer. La proximité de scieries et de centres de transformation du bois constitue également un facteur favorable.
La présence d’un Plan Simple de Gestion (PSG) à jour, la régularité du parcellaire, l’absence de servitudes ou de contraintes environnementales lourdes (Natura 2000, captage d’eau potable, espaces boisés classés) influencent la valeur. Une forêt bien tenue, avec une documentation de gestion à jour, rassure les acquéreurs et soutient le prix. À l’inverse, un parcellaire morcelé ou enclavé déprécie sensiblement la valeur vénale par hectare.
Au-delà de la production de bois, certaines forêts génèrent des revenus complémentaires : location de droits de chasse, ramassage de champignons ou de truffes, perspectives liées aux marchés du carbone (label bas-carbone) et de la biodiversité. Ces revenus peuvent valoriser substantiellement une parcelle, en particulier dans les régions à forte tradition cynégétique ou dans les massifs dotés d’un potentiel de certification environnementale.
Les statistiques nationales, régionales et départementales présentées sur cette page constituent un repère utile pour situer une forêt par rapport au marché. Elles ne se substituent toutefois pas à une estimation personnalisée, indispensable dans le cadre d’une vente, d’une succession ou d’une donation. La valeur vénale d’une forêt dépend en effet de critères propres à chaque parcelle, dont l’appréciation requiert l’examen de terrain.
L’estimation d’un bien forestier repose sur deux composantes complémentaires. Le fonds correspond à la valeur du terrain nu : sol, accessibilité, configuration, contraintes administratives. La superficie (au sens forestier du terme) correspond à la valeur du peuplement : essences, âge, volumes de bois sur pied, qualité sanitaire, perspectives d’exploitation. La somme de ces deux composantes, ajustée par les conditions de marché locales, donne la valeur vénale du bien.
Pour une expertise forestière fiable, plusieurs interlocuteurs peuvent être sollicités : experts forestiers agréés, gestionnaires forestiers professionnels, notaires spécialisés, agences immobilières dédiées au foncier rural et forestier. Chacun apporte une lecture complémentaire du marché et de la valeur potentielle du bien.
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Vous pouvez également consulter les forêts actuellement en vente sur ma-propriete.fr pour apprécier le positionnement de prix des biens comparables dans votre département.
L’analyse des prix présentée sur cette page s’inscrit dans un ensemble de publications plus large. Voici les ressources complémentaires disponibles sur ma-propriete.fr :
Quel est le prix moyen d’un hectare de forêt en France en 2025 ?
Sur l’année 2025, le prix médian d’un hectare de forêt en France s’établit à 4 936 €/ha, pour un prix moyen de 6 214 €/ha. Ces chiffres sont issus de l’analyse de 6 329 transactions enregistrées dans la base DVF du ministère de l’Économie. La médiane reflète davantage la réalité du marché que la moyenne, qui se trouve tirée vers le haut par les ventes les plus chères.
Quelle est la forêt la moins chère à acheter en France ?
Les départements affichant les prix médians les plus bas sont les Alpes-de-Haute-Provence (1 508 €/ha), la Lozère (2 293 €/ha) et la Charente (2 387 €/ha). Plus largement, l’Occitanie et la Nouvelle-Aquitaine offrent les régions les plus accessibles, avec des prix médians régionaux inférieurs à 3 700 €/ha. Ces niveaux concernent toutefois des forêts moins productives, dans des contextes parfois éloignés des centres de transformation du bois.
Combien coûte une forêt de 10 hectares ?
Sur la tranche des forêts de 5 à 10 hectares, le prix médian observé est de 3 443 €/ha. Pour une parcelle de 10 hectares, cela représente un budget médian indicatif d’environ 34 000 €. Ce montant peut varier fortement à la hausse comme à la baisse selon la région, les essences présentes, l’âge des peuplements, l’accessibilité et la présence éventuelle d’un document de gestion. Une estimation professionnelle reste indispensable pour une transaction réelle.
Pourquoi les petites forêts coûtent-elles plus cher à l’hectare que les forêts moyennes ?
Les parcelles de 1 à 2 hectares se vendent à un prix médian de 6 059 €/ha, contre 3 443 €/ha pour les forêts de 5 à 10 hectares. Cet écart s’explique par le profil des acquéreurs : sur les petites surfaces, ce sont souvent des voisins ou des particuliers en quête d’une parcelle d’agrément, de chasse ou de bois de chauffage. L’usage personnel et la rareté des petites parcelles disponibles dans certains secteurs soutiennent les prix unitaires, indépendamment de la valeur productive du bois.
Le prix des forêts continue-t-il d’augmenter ?
Sur les cinq années pleines analysées (2021-2025), le prix médian progresse régulièrement : 4 624 €/ha en 2021, 4 825 € en 2022, 4 854 € en 2023, 4 846 € en 2024 et 4 936 € en 2025. Après une phase de stabilisation en 2023-2024, la hausse reprend nettement en 2025 (+ 1,9 %). Plusieurs facteurs structurels — étroitesse du marché, demande soutenue, attrait pour les actifs tangibles — laissent penser que cette tendance haussière devrait se poursuivre.
Quels sont les départements qui concentrent le plus de ventes de forêts ?
Cinq départements se détachent en volume de transactions sur la période 2020-2025 : la Gironde (1 681 ventes), les Landes (1 560), la Dordogne (1 345), le Var (975) et le Puy-de-Dôme (778). Le Sud-Ouest forestier représente à lui seul une part significative du marché national, en lien avec la grande surface du massif landais et la propriété forestière morcelée du Périgord.
Quelle est la différence entre prix médian et prix moyen ?
Le prix médian est le prix qui sépare les transactions en deux moitiés égales : la moitié des ventes se conclut en dessous, l’autre moitié au-dessus. Le prix moyen est une moyenne arithmétique de toutes les transactions. Sur le marché forestier, l’écart entre les deux est important (4 778 € contre 6 265 € sur 2020-2025) car la moyenne se trouve tirée vers le haut par un nombre limité de ventes à prix unitaires très élevés. Le médian est donc l’indicateur le plus représentatif de la réalité du marché.
Comment acheter une forêt en France ?
L’achat d’une forêt passe par les mêmes canaux que le foncier rural : notaires, agences spécialisées, plateformes d’annonces comme ma-propriete.fr, bourses foncières du CNPF. L’acquisition en direct convient aux acquéreurs souhaitant gérer eux-mêmes leur patrimoine forestier. L’investissement via un groupement forestier (GFF ou GFI) permet de mutualiser les capitaux et de confier la gestion à des professionnels. Dans les deux cas, l’accompagnement par un expert forestier est vivement recommandé pour évaluer correctement le bien avant l’achat.
L’investissement forestier est-il rentable ?
Le rendement annuel brut d’un investissement forestier se situe généralement entre 1 % et 3 %, selon les essences, la maturité du peuplement et les conditions d’exploitation. À ce rendement courant s’ajoute la revalorisation progressive du foncier forestier — le prix moyen national a progressé de plus de 15 % entre 2019 et 2024 selon la SAFER. La fiscalité avantageuse (réduction d’impôt, abattement IFI, régime de transmission) améliore significativement la rentabilité nette. L’investissement forestier s’envisage sur le long terme — un horizon de 15 à 30 ans est courant — et convient aux patrimoines recherchant la diversification et la stabilité plutôt que le rendement immédiat. Pour un traitement détaillé de la fiscalité forestière, consultez notre livre blanc.
Quelles essences de bois ont le plus de valeur ?
Le chêne reste l’essence la plus valorisée sur le marché français, avec un cours moyen de 228 €/m³ en 2024. Le douglas (89 €/m³) et le peuplier (73 €/m³) constituent les résineux et feuillus rapides les plus recherchés. Le pin maritime (56 €/m³) joue un rôle central dans le massif landais. Le hêtre (56 €/m³), longtemps sous pression, se stabilise. Ces cours du bois sur pied, publiés par France Bois Forêt, influencent directement le prix des forêts où ces essences dominent.
Les chiffres présentés sur cette page proviennent exclusivement de la base DVF (Demandes de Valeurs Foncières) publiée par la direction générale des Finances publiques, conformément au décret n° 2018-1350 du 28 décembre 2018. Cette base recense l’ensemble des transactions immobilières enregistrées par les notaires sur le territoire français.
La période couverte par notre analyse s’étend du 1er juillet 2020 au 30 juin 2025, soit cinq années glissantes. Les filtres méthodologiques suivants ont été appliqués pour ne retenir que les transactions représentatives du marché forestier :
Au total, 31 383 transactions ont été retenues après filtrage. Les années 2020 (second semestre uniquement) et 2025 (premier semestre uniquement) sont mentionnées dans nos analyses globales mais ne sont pas comparées aux années pleines (2021 à 2024) dans les évolutions annuelles.
Ce que les données DVF n’incluent pas. La base DVF recense les mutations de biens immobiliers à titre onéreux. Elle ne couvre pas les cessions de parts de sociétés civiles (groupements fonciers forestiers, groupements forestiers d’investissement, sociétés civiles immobilières). Or, les forêts détenues en société représentent une part significative des grands massifs forestiers français, généralement dotés de Plans Simples de Gestion. Leurs transactions, qui portent sur des parts sociales et non sur un bien immobilier, n’apparaissent pas dans DVF. Les trois départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle sont également exclus, en raison du régime de publicité foncière spécifique de l’Alsace-Moselle (livre foncier).
Différences avec les statistiques SAFER. L’indicateur annuel du prix des forêts publié par la SAFER (en partenariat avec la Société Forestière de la Caisse des Dépôts) repose sur les notifications de ventes reçues par les SAFER. Les deux sources ne sont pas directement comparables : le périmètre géographique diffère (la SAFER utilise des régions forestières basées sur le découpage GRECO/IGN, et non les régions administratives), les filtres méthodologiques ne sont pas identiques, et la SAFER publie un prix moyen là où nous privilégions le prix médian. La convergence entre les deux indicateurs sur 2024 (médiane DVF de 4 846 €/ha, moyenne SAFER de 4 850 €/ha) constitue néanmoins un signal de cohérence rassurant.
Cette approche, transparente et reproductible, vise à fournir une lecture fidèle du marché forestier français à différentes échelles géographiques. Elle constitue le socle de l’ensemble de nos publications consacrées au prix des forêts.