Un domaine de chasse à vendre en Corse-du-Sud se juge d’abord à son sanglier. Le cerf et le mouflon de Corse, protégés, ne se chassent pas, et le chevreuil est absent de l’île : la valeur cynégétique d’un terrain tient donc aux battues qui s’y mènent, de la mi-août à la fermeture hivernale, dans le maquis, les chênaies vertes et les châtaigneraies, puis aux passages de bécasses, de grives et de merles. L’offre se compose surtout de terrains de maquis autour des villages du Taravo, du Sartenais ou de la Cinarca, de bois de chênes-lièges dans l’extrême sud et de parcelles de montagne en Alta Rocca, parfois avec une ancienne bergerie. Ces biens, publiés par des particuliers, des agences et des notaires, figurent ici aux côtés des chasses en vente dans le reste de la France.
Le bloc de données qui suit indique le prix des forêts vendues dans le département et dans l’île, ainsi que les prélèvements recensés par l’Office français de la biodiversité, où le grand gibier corse se résume au sanglier.
Un domaine de chasse se valorise rarement d’un seul chiffre : son prix additionne la valeur des bois, celle des étangs, du bâti et des aménagements cynégétiques. Les statistiques ci-dessous donnent les repères du foncier boisé et des étangs, à partir des ventes réellement enregistrées.
D’après l’observatoire du prix des forêts de ma-propriete.fr, établi à partir des ventes enregistrées dans la base DVF, le prix médian d’un hectare de forêt en Corse-du-Sud s’établit à 6 160 €/ha en 2025*, sur 34 ventes, pour un prix moyen de 7 366 €/ha. Le département se place au-dessus de la médiane de Corse (4 532 €/ha) et au-dessus de la médiane nationale (4 936 €/ha). Sur un an, la médiane départementale évolue de +26,8 % : un mouvement à lire avec prudence sur moins d’une centaine de ventes, où quelques grandes propriétés suffisent à déplacer la médiane. Sur la période 2020-2025, plus robuste, 184 ventes donnent une médiane de 5 340 €/ha pour une surface médiane de 3,8 ha.
| Indicateur | Corse-du-Sud (2A) | Corse | France |
|---|---|---|---|
| Prix médian 2025 | 6 160 €/ha* | 4 532 €/ha | 4 936 €/ha |
| Prix moyen 2025 | 7 366 €/ha* | 6 418 €/ha | 6 214 €/ha |
| Nombre de ventes 2025 | 34 | 63 | 6 329 |
| Évolution de la médiane 2024 → 2025 | +26,8 %* | −3,2 % | +1,9 % |
| Prix médian 2020-2025 | 5 340 €/ha | 4 866 €/ha | 4 778 €/ha |
| Nombre de ventes 2020-2025 | 184 | 371 | 35 100 |
À l’échelle nationale, le prix à l’hectare remonte avec la surface : les grandes propriétés, qui intéressent les chasseurs, se vendent plus cher à l’hectare que les parcelles moyennes.
| Surface de la forêt vendue (France, 2020-2025) | Prix médian | Nombre de ventes |
|---|---|---|
| 10 à 20 ha | 4 010 €/ha | 3 161 |
| 20 à 50 ha | 5 330 €/ha | 1 850 |
| 50 à 100 ha | 6 810 €/ha | 581 |
| Plus de 100 ha | 7 361 €/ha | 320 |
Côté annonces, 18 propriétés de chasse sont proposées sur ma-propriete.fr en France au 2 octobre 2026, aucune en Corse à cette date. Leur prix demandé médian s’établit à 888 000 € pour une surface médiane d’environ 68 ha. Ces prix demandés portent sur des biens complets, souvent avec bâti, étang ou droit de chasse : ils ne se comparent pas directement aux médianes DVF à l’hectare.
* Entre 30 et 99 ventes : valeur indicative. Source : DVF (DGFiP), traitement ma-propriete.fr ; forêts de 1 ha et plus, nature cadastrale bois ; étangs sans bâti d’au moins 2 000 m² ; juillet 2020 à décembre 2025 ; les départements de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin ne figurent pas dans DVF. Annonces relevées sur ma-propriete.fr le 2 octobre 2026.
Les tableaux de chasse publiés par l’Office français de la biodiversité mesurent la pression de chasse et, indirectement, la présence du grand gibier. En Corse-du-Sud, 14 111 sangliers ont été prélevés lors de la saison 2024-2025.
| Espèce | Saison 2021-2022 | Saison 2024-2025 | Évolution |
|---|---|---|---|
| Sanglier | 11 000 | 14 111 | +28 % |
Source : OFB, réseau Ongulés sauvages, tableaux de chasse départementaux du grand gibier (prélèvements totaux, données publiées sur data.gouv.fr).
Dans les vallées du Taravo, du Prunelli et de la Gravona, dans la Cinarca et le Sartenais, des équipes de battue, souvent rattachées à la société de chasse du village, lancent leurs chiens dans les fourrés pour pousser les sangliers, à travers maquis haut et chênes verts, vers une ligne de tireurs postés. Chaque battue est inscrite sur un carnet que l’équipe remet à la fédération départementale des chasseurs en fin de saison. Dans l’extrême sud, les suberaies de Porto-Vecchio, de Sotta et de Figari prolongent ce paysage jusqu’au littoral.
L’hiver apporte d’autres gibiers. La bécasse gagne les chênaies et les fonds de vallons frais, tandis que grives et merles se nourrissent des baies de myrte et de lentisque et des arbouses du maquis ; leur chasse, encadrée par des prélèvements maximaux autorisés, reste une tradition très vivante. Perdrix rouge et lièvre, plus rares, font l’objet de restrictions fixées chaque saison par arrêté. Un terrain de chasse de maquis et de chênaie, tourné vers le soleil d’hiver et pourvu d’un point d’eau, peut ainsi intéresser autant un chasseur de bécasses qu’une équipe de battue.
En altitude, les pinèdes de laricio de Bavella et de l’Ospédale, comme de nombreuses forêts communales de l’intérieur, appartiennent à la Collectivité de Corse ou aux communes et n’entrent pas sur le marché. Le massif de Bavella abrite l’un des deux noyaux de population du mouflon de Corse, retiré de la liste des espèces chassables et protégé par un arrêté du 1er mars 2019 ; l’autre vit dans le Cintu, en Haute-Corse. Le cerf de Corse, disparu de l’île à la fin des années 1960, a été réintroduit à partir d’animaux venus de Sardaigne, relâchés à Quenza en 1998 puis dans d’autres vallées ; il n’est pas chassable en Corse, et les consignes de tir des battues doivent en tenir compte.
Les départements corses ne figurent pas parmi ceux où la loi Verdeille a imposé des associations communales de chasse agréées. Le droit de chasse appartient donc au propriétaire, qui peut l’exercer, le louer ou en laisser l’usage à la société de chasse locale ; dans les faits, les battues traversent souvent des terrains non clos aux limites mal connues. Demandez au vendeur quelle équipe chasse sur le terrain et à quel titre, accord écrit ou simple tolérance, si des dégâts de sangliers ont été signalés chez les voisins, et faites contrôler le titre de propriété par le notaire : indivisions anciennes et biens non délimités restent fréquents dans l’intérieur.
Un pavillon de chasse ne s’improvise pas : la loi Littoral, la loi Montagne et le plan d’aménagement et de développement durable de la Corse (PADDUC) encadrent strictement toute construction en espace naturel ; lisez notre article sur la construction sur un terrain boisé avant de payer un droit à bâtir espéré. Le feu pèse aussi sur l’usage du bien : la saison du sanglier s’ouvre en plein été, et le débroussaillement autour des constructions est une obligation légale. Enfin, la loi du 2 février 2023 exempte les clôtures entourant des parcelles agricoles exploitées et admet une clôture étanche à moins de 150 m d’une habitation ; un enclos à gibier doit en revanche laisser 30 cm libres au-dessus du sol, plafonner à 1,20 m et, s’il a été posé dans les trente ans précédant la loi, être mis en conformité avant le 1er janvier 2027. Notre page sur les règles applicables aux clôtures en milieu naturel détaille ces cas.
Sur ma-propriete.fr, les terrains et bois de chasse de Corse-du-Sud sont mis en vente par des propriétaires, des agences et des notaires. Les annonces sont rares : enregistrez une alerte e-mail, triez-les par prix ou par surface, et déposez votre annonce si vous cédez un terrain. Si le bois vous intéresse autant que la chasse, parcourez nos terrains boisés et forêts de Corse-du-Sud ; pour élargir au nord de l’île, voyez les chasses de Haute-Corse ou l’ensemble des propriétés de chasse à vendre en Corse.