Trouver un domaine de chasse à vendre en Haute-Corse suppose d’accepter les règles d’une île où le grand gibier chassable se limite au sanglier. Le département en tire pourtant des territoires variés : châtaigneraies de la Castagniccia et du Boziu, maquis et chênaies vertes de la Balagne, du Nebbio et du Cap Corse, vallées de montagne du Niolu et du Venachese, et, sur la plaine orientale, des terres agricoles bordées de lagunes où hivernent canards et limicoles. Les biens vendus comme terrain de chasse sont le plus souvent des parcelles de quelques hectares à quelques dizaines d’hectares : châtaigneraie abandonnée, bois de chênes verts, ancienne exploitation de la plaine. Vous les trouverez ici, publiés par des particuliers, des agences et des notaires, à côté des annonces de bois et terrains de chasse en France.
Sous ce texte, un bloc chiffré présente les prix relevés lors des ventes de forêts en Haute-Corse et les prélèvements de sangliers recensés par l’Office français de la biodiversité.
Un domaine de chasse se valorise rarement d’un seul chiffre : son prix additionne la valeur des bois, celle des étangs, du bâti et des aménagements cynégétiques. Les statistiques ci-dessous donnent les repères du foncier boisé et des étangs, à partir des ventes réellement enregistrées.
D’après l’observatoire du prix des forêts de ma-propriete.fr, établi à partir des ventes enregistrées dans la base DVF, le prix médian d’un hectare de forêt en Haute-Corse ressort à 3 116 €/ha en 2025†, pour un prix moyen de 5 306 €/ha, sur 29 ventes. Sur 29 transactions, quelques ventes atypiques suffisent à déplacer la médiane et la moyenne : ces valeurs ne sont pas réellement représentatives du marché local et doivent être lues à la lumière des prix régionaux. En Corse, le prix médian atteint 4 532 €/ha en 2025 sur 63 ventes, pour une moyenne de 6 418 €/ha ; la médiane nationale s’établit à 4 936 €/ha. Sur la période 2020-2025, le département totalise 144 ventes pour une médiane de 4 457 €/ha.
| Indicateur | Haute-Corse (2B) | Corse | France |
|---|---|---|---|
| Prix médian 2025 | 3 116 €/ha† | 4 532 €/ha | 4 936 €/ha |
| Prix moyen 2025 | 5 306 €/ha† | 6 418 €/ha | 6 214 €/ha |
| Nombre de ventes 2025 | 29 | 63 | 6 329 |
| Prix médian 2020-2025 | 4 457 €/ha | 4 866 €/ha | 4 778 €/ha |
| Nombre de ventes 2020-2025 | 144 | 371 | 35 100 |
À l’échelle nationale, le prix à l’hectare remonte avec la surface : les grandes propriétés, qui intéressent les chasseurs, se vendent plus cher à l’hectare que les parcelles moyennes.
| Surface de la forêt vendue (France, 2020-2025) | Prix médian | Nombre de ventes |
|---|---|---|
| 10 à 20 ha | 4 010 €/ha | 3 161 |
| 20 à 50 ha | 5 330 €/ha | 1 850 |
| 50 à 100 ha | 6 810 €/ha | 581 |
| Plus de 100 ha | 7 361 €/ha | 320 |
Côté annonces, 18 propriétés de chasse sont proposées sur ma-propriete.fr en France au 2 octobre 2026, aucune en Corse à cette date. Leur prix demandé médian s’établit à 888 000 € pour une surface médiane d’environ 68 ha. Ces montants sont des prix de mise en vente de propriétés complètes : ils renseignent sur l’offre disponible plus que sur le prix moyen de l’hectare boisé.
† Entre 10 et 29 ventes : échantillon trop faible pour être représentatif du marché local. Source : DVF (DGFiP), traitement ma-propriete.fr ; forêts de 1 ha et plus, nature cadastrale bois ; étangs sans bâti d’au moins 2 000 m² ; juillet 2020 à décembre 2025 ; les départements de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin ne figurent pas dans DVF. Annonces relevées sur ma-propriete.fr le 2 octobre 2026.
Les tableaux de chasse publiés par l’Office français de la biodiversité mesurent la pression de chasse et, indirectement, la présence du grand gibier. En Haute-Corse, 16 830 sangliers ont été prélevés lors de la saison 2024-2025.
| Espèce | Saison 2021-2022 | Saison 2024-2025 | Évolution |
|---|---|---|---|
| Sanglier | 23 955 | 16 830 | −30 % |
Source : OFB, réseau Ongulés sauvages, tableaux de chasse départementaux du grand gibier (prélèvements totaux, données publiées sur data.gouv.fr).
La battue au sanglier rythme la vie de nombreux villages. Elle s’ouvre à la mi-août et réunit des équipes de chasseurs et de chiens qui connaissent chaque vallon de leur commune. En Castagniccia, les châtaigneraies délaissées, envahies de fougères et de ronces, offrent des remises très recherchées ; dans le Niolu et le Venachese, on chasse dans les pinèdes de laricio et les hêtraies, dont une large part relève de forêts territoriales ou communales. En Balagne, dans le Nebbio et le Cap Corse, maquis et chênes verts gagnent sur d’anciennes oliveraies et terrasses de culture, et les sangliers descendent jusqu’aux jardins.
Un territoire de chasse privé de taille moyenne s’inscrit presque toujours dans le secteur d’une équipe locale : mieux vaut connaître ses habitudes avant de signer. L’hiver ouvre ensuite une seconde saison, celle de la bécasse dans les vallons boisés, des grives et des merles dans les arbousiers du maquis.
Au sud de Bastia, la côte orientale aligne des lagunes que fréquentent en hiver canards, foulques et limicoles. L’étang de Biguglia est une réserve naturelle depuis 1994 : la chasse y est interdite sur le plan d’eau et sur le cordon littoral, et seulement admise, en période d’ouverture, sur un secteur délimité de la rive ouest. Plus au sud, l’étang de Diana accueille des parcs conchylicoles et l’étang d’Urbino appartient au Conservatoire du littoral ; les rives privées où l’on peut chasser le gibier d’eau sont donc rares. Les quelques plans d’eau privés de l’intérieur figurent avec nos étangs et retenues à vendre en Haute-Corse.
Autour d’Aléria et de Ghisonaccia, la plaine est la grande région agricole de l’île, avec ses vignes et ses vergers d’agrumes. Les sangliers y causent des dégâts réguliers, et les exploitants attendent des chasseurs voisins une régulation soutenue. On y achète surtout des exploitations en bordure de maquis, où la chasse reste un complément.
Dans le massif du Cintu, le mouflon de Corse, protégé depuis 2019, trouve refuge dans les hauteurs de la vallée d’Asco. Le cerf de Corse, réintroduit depuis la Sardaigne et relâché notamment à Santo-Pietro-di-Venaco, à Moltifao et à Castifao, n’est pas chassable non plus. Côté droit de chasse, la loi Verdeille n’a pas rendu les ACCA obligatoires dans l’île : le propriétaire détient le droit de chasse, mais les équipes locales parcourent souvent les terrains non clos ; demandez au vendeur qui chasse le terrain et sur quelle base, accord écrit ou simple usage.
Les porcs élevés en liberté se croisent avec les sangliers : ces hybrides retournent terrasses et murets de pierres sèches, et la maladie d’Aujeszky, présente en Corse et mortelle pour les chiens, impose des précautions lors du traitement du gibier. Autre particularité insulaire, l’indivision : une châtaigneraie du Boziu peut appartenir à de nombreux héritiers, si bien qu’un titre clair, l’accord de chacun et un bornage précèdent toute signature ; pour un bois de moins de 4 ha, les voisins disposent en outre d’un droit de préférence sur les parcelles boisées.
Enfin, la loi du 2 février 2023 s’applique aussi en Corse, où les matériaux des clôtures en espace naturel sont définis par le PADDUC. Les clôtures d’élevage en sont exemptées dès lors qu’elles entourent des parcelles exploitées ; un enclos à gibier devra en revanche laisser 30 cm au-dessus du sol, ne pas dépasser 1,20 m et, s’il date des trente ans précédant la loi, être mis aux normes avant le 1er janvier 2027. Voyez notre point sur les clôtures en espace naturel en Corse et ailleurs.
Les terrains de chasse, châtaigneraies et bois de Haute-Corse publiés sur ma-propriete.fr viennent de particuliers, d’agences de l’île et d’études notariales. Le marché étant étroit, une alerte e-mail vous signale chaque parution ; vous pouvez aussi publier votre annonce. Pour un achat d’abord forestier, voyez nos bois et châtaigneraies à vendre en Haute-Corse ; pour le sud de l’île, les chasses de Corse-du-Sud, et pour une vue d’ensemble, les territoires de chasse de toute la Corse.