Une exploitation agricole à vendre en Provence-Alpes-Côte d'Azur se mesure rarement en dizaines d'hectares : mas maraîcher du Comtat, cerisaie au pied du Ventoux, lavanderaie de Valensole, oliveraie des collines varoises ou parcours d'altitude conduit avec un troupeau transhumant. Le prix y dépend moins de la surface que de l'irrigation, de l'appellation et de la proximité des bassins de consommation — et, très souvent, de l'intérêt que porte au même bien un acheteur non agriculteur. Les annonces émanent d'exploitants qui cessent leur activité, d'agences de propriétés rurales, de notaires et de conseillers en transmission : sols, ressource en eau, statut des terres et matériel cédé y sont précisés. Elles rejoignent notre panorama national des exploitations agricoles à vendre en France.
Les sections suivantes fournissent les éléments d'arbitrage : le prix du foncier département par département, les productions qui tiennent chaque bassin, les secteurs d'où viennent les reprises et les points à examiner avant de faire une offre. Le parcours administratif, fiscal et bancaire d'une première installation est décrit dans notre livre blanc « Créer une exploitation agricole ».
Le foncier forme le socle de la valeur d'une exploitation agricole. Les statistiques de mutation de l'administration fiscale (DVF, hors vignes) relèvent pour 2025 un prix médian de 13 518 €/ha en Provence-Alpes-Côte d'Azur, un prix moyen de 14 884 €/ha et 59 ventes ; quatre transactions sur cinq se concluent entre 5 947 et 23 101 €/ha, pour une médiane nationale de 5 307 €/ha.
Le barème SAFER de la valeur vénale retient pour la même année 12 260 €/ha pour les terres et prés libres à la vente, en évolution de +2,8 % sur un an et de +12,5 % sur dix ans, contre 6 460 €/ha au niveau national. La SAFER ne publie pas de valeur locale pour les terres louées, faute d'un nombre suffisant de ventes ; au niveau national, une terre vendue avec un bail rural en cours supporte une décote moyenne de 17 %.
Ces valeurs situent le foncier régional ; elles ne donnent pas le prix d'une exploitation, qui dépend d'abord de son bâti, de son cheptel et de ses débouchés. Pour descendre au département, consultez notre observatoire du prix des terres, puis chiffrez votre reprise avec nos calculatrices financières.
| Département | Ventes DVF 2025 | Prix médian | Barème SAFER terres libres |
|---|---|---|---|
| Alpes-de-Haute-Provence (04) | 9 | 6 436 € * | 7 670 € |
| Hautes-Alpes (05) | 3 | 5 005 € * | 8 470 € |
| Alpes-Maritimes (06) | 1 | 7 245 € * | n.d. |
| Bouches-du-Rhône (13) | 24 | 20 637 € * | 16 720 € |
| Var (83) | 3 | 12 000 € * | 11 330 € |
| Vaucluse (84) | 19 | 14 435 € * | 14 740 € |
La région se distingue par l'intensité de ses productions plus que par l'étendue de ses exploitations. Le maraîchage, sous abri ou de plein champ, occupe la plaine irriguée du Comtat Venaissin, la basse Durance et le pourtour des étangs ; l'arboriculture décline la cerise, l'abricot, la pomme d'altitude des Hautes-Alpes, l'olivier et la table de raisin. Les cultures spécialisées pèsent lourd : plantes à parfum, aromatiques et médicinales sur les plateaux de haute Provence, semences, riz et foin de Camargue et de Crau, fleurs coupées et horticulture sur le littoral azuréen. La vigne, enfin, structure des pans entiers du Var, du Vaucluse et du pourtour rhodanien.
L'élevage occupe le versant montagnard et les parcours secs. Les troupeaux ovins transhumants relient la Crau et les Préalpes aux estives alpines, tandis que les systèmes de polyculture-élevage de montagne associent fourrages, parcours et petits ateliers de transformation. Pour un repreneur, une ferme agricole à vendre se juge ici moins à sa surface qu'à son accès à l'eau, à son exposition et à la qualité de son outil : serres, palissage, station de conditionnement, atelier de distillation ou bâtiments d'alpage.
Le Vaucluse (84) concentre la plus forte densité d'exploitations spécialisées : maraîchage et vergers du Comtat, vignobles des côtes du Rhône et du Ventoux, lavandins des monts de Vaucluse et du pays de Sault. Les Bouches-du-Rhône (13) réunissent la plaine de la Crau et son foin, la Camargue rizicole et pastorale, les cultures légumières de la vallée des Baux et de la basse Durance, et des oliveraies de coteaux. Le Var (83) est d'abord un département de vignoble, prolongé par l'olivier, l'élevage extensif du haut pays et des cultures maraîchères de vallées.
Les Alpes-de-Haute-Provence (04) associent les plateaux à plantes à parfum, les vergers de la vallée de la Durance et un élevage ovin étendu sur les reliefs. Les Hautes-Alpes (05) relèvent des systèmes de montagne : bovins et ovins, alpages, fourrages, et un secteur fruitier reconnu dans la vallée de la Durance et le Bassin gapençais. Les Alpes-Maritimes (06) offrent peu de surface agricole, partagée entre horticulture du pays grassois, oliveraies en terrasses, élevage pastoral du haut pays et maraîchage périurbain.
L'offre la plus abondante vient des départements alpins et du haut pays varois, où les surfaces sont plus étendues et les prix d'entrée plus abordables. À l'inverse, la bande littorale, les abords d'Aix, d'Avignon et de la Côte d'Azur, ainsi que les aires d'appellation les plus recherchées, concentrent des valeurs élevées, un parcellaire morcelé et une compétition permanente avec les usages résidentiels et touristiques.
Dans une région méditerranéenne, rien ne compte davantage que la ressource. Une exploitation desservie par un canal gravitaire, raccordée au réseau sous pression régional ou disposant d'un forage autorisé n'a pas la même valeur qu'une parcelle en sec. Vérifiez le droit d'eau, l'appartenance à une association syndicale d'arrosants, le volume attribué, le coût de la redevance et l'historique des arrêtés de restriction, devenus un critère d'arbitrage à part entière sur la basse Durance comme sur les affluents côtiers.
Le risque climatique se vérifie avec la même rigueur : gel de printemps sur les fruits à noyau, grêle, sécheresse prolongée, exposition au vent dominant pour les serres et les vergers, et obligations légales de débroussaillement dans les massifs soumis au risque d'incendie, particulièrement contraignantes sur les exploitations enclavées en forêt.
Dans une région où le résidentiel convoite les mêmes parcelles, la SAFER Provence-Alpes-Côte d'Azur surveille de près l'usage auquel un bien est destiné. Informée par le notaire de tout projet de vente, elle peut se substituer à l'acheteur, et même proposer un prix révisé lorsqu'elle juge la valeur déconnectée de l'usage agricole. Un dossier qui démontre une activité réelle, chiffrée, remis avant la signature, résiste bien mieux à cet examen.
Le droit d'exploiter relève ensuite du schéma directeur régional : au-delà de certaines surfaces, une autorisation préfectorale devient nécessaire, et les seuils tiennent compte des productions spécialisées. Reste l'occupation : un preneur en place conserve son bail et achète en priorité si le propriétaire vend. Une propriété agricole à vendre largement louée ne se reprend pas au même calendrier qu'un ensemble libre, et les terres agricoles libres vendues sans bâtiment suivent encore un autre marché.
Ici, deux critères décident avant tous les autres : l'accès à l'eau et la distance aux débouchés. Commencez par eux, ajoutez le département et la production, puis laissez le budget trancher entre ce qui reste. Une alerte par courriel évite de surveiller la page, l'offre étant à la fois rare et rapidement traitée. Exploitants cédants, agences rurales et notaires des six départements y déposent leurs mandats. Les autres régions se consultent depuis les exploitations agricoles à vendre en France.