Une exploitation agricole à vendre dans les Bouches-du-Rhône se distingue du reste de la Provence par une chose : la plaine. Entre la Crau caillouteuse, le delta camarguais et les terres limoneuses de la basse Durance, le département aligne des parcellaires larges, mécanisables et presque tous commandés par un réseau d'arrosage construit de main d'homme. Ce sont des exploitants proches de la retraite, des notaires arlésiens et salonais, des agences spécialisées dans le foncier rural et des conseillers en reprise qui confient les biens réunis sur cette page. Chaque annonce indique la surface utile, la nature des sols, le régime d'irrigation, le bâti et l'outil de production cédé. Toutes viennent compléter la liste nationale que rassemblent les exploitations agricoles à vendre en France.
Les sections ci-dessous aident à mettre en regard des biens que tout oppose à première vue : la valeur du foncier selon qu'il est arrosé gravitairement ou cultivé en sec, la carte des productions, les secteurs où des ensembles se libèrent encore et les contrôles à conduire avant l'offre. Notre livre blanc « Créer une exploitation agricole » prend le relais sur la forme juridique à retenir, le tour de table bancaire et les premières démarches.
Le foncier forme le socle de la valeur d'une exploitation agricole. Les statistiques de mutation de l'administration fiscale (DVF, hors vignes) relèvent pour 2025 un prix médian de 20 637 €/ha dans les Bouches-du-Rhône (13), un prix moyen de 19 365 €/ha et 24 ventes ; quatre transactions sur cinq se concluent entre 10 674 et 24 734 €/ha, pour une médiane nationale de 5 307 €/ha. * Moins de 30 ventes enregistrées : valeur indicative.
Le barème SAFER de la valeur vénale retient pour la même année 16 720 €/ha pour les terres et prés libres à la vente, en évolution de −4,2 % sur un an et de −2,1 % sur dix ans, contre 6 460 €/ha au niveau national. La SAFER ne publie pas de valeur locale pour les terres louées, faute d'un nombre suffisant de ventes ; au niveau national, une terre vendue avec un bail rural en cours supporte une décote moyenne de 17 %.
Rapporté à la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, dont la médiane s'établit à 13 518 €/ha, le département se situe 53 % au-dessus. Pour le détail commune par commune et pour comparer avec les territoires voisins, consultez notre observatoire du prix des terres, puis chiffrez votre reprise avec nos calculatrices financières.
Trois systèmes emblématiques se partagent la plaine. Le foin de Crau, première appellation d'origine obtenue pour un fourrage, repose sur des prairies irriguées par submersion depuis des canaux séculaires : les cultures spécialisées y recouvrent aussi le riz de Camargue, les semences et la production de plants. Le maraîchage tient la vallée des Baux, les abords de Saint-Rémy, de Châteaurenard et de Noves, sous abri comme en plein champ, avec des débouchés de gros à portée de camion. L'arboriculture associe l'olivier des coteaux des Alpilles et de la vallée des Baux aux vergers de fruits à noyau de la rive gauche de la Durance.
L'élevage occupe les espaces que la culture ne peut pas prendre. La transhumance conduit les troupeaux ovins des coussouls de Crau vers les alpages d'été, tandis que les manades camarguaises entretiennent marais et sansouïres avec des bovins de race locale et des chevaux. Une ferme agricole à vendre dans ce périmètre se juge alors sur l'imbrication du foncier détenu, des terres louées et des conventions de pâturage, trois statuts qui ne se transmettent ni au même prix ni au même rythme.
La Crau, autour de Saint-Martin-de-Crau, d'Istres et de Salon, oppose deux mondes : les prés de foin irrigués, chèrement disputés et rarement libérés, et les coussouls secs voués au parcours. La Camargue arlésienne, jusqu'à Salin-de-Giraud, propose les plus grandes surfaces du département, avec des contraintes de salinité et de gestion hydraulique qui expliquent leurs valeurs. Le piémont des Alpilles, de Mouriès à Maussane, Eygalières et Saint-Rémy, concentre oliveraies et petits domaines très recherchés, souvent autant pour leur cadre que pour leur potentiel productif.
À l'est, le pays d'Aix, la chaîne de la Trévaresse et les abords de la Sainte-Victoire offrent un parcellaire morcelé où la demande résidentielle fait monter les enchères. Au nord, la plaine de la Durance, vers Sénas, Mallemort et Orgon, reste le secteur le plus régulier en volume d'affaires : terres profondes, irrigation organisée, accès rapide aux stations de conditionnement.
Ici, l'eau ne s'achète pas parcelle par parcelle : elle se gère à plusieurs. Une grande partie des terres dépend d'associations syndicales d'arrosants qui entretiennent les canaux, répartissent les tours d'eau et appellent une redevance annuelle. Avant toute offre, faites établir à quelle association la propriété est rattachée, quel volume ou quelle durée d'arrosage lui revient, quel est l'état des martelières et des filioles, et si des arrêtés de restriction ont déjà limité la campagne. Une parcelle qui perd son droit d'eau perd l'essentiel de sa valeur agronomique.
S'ajoutent les contraintes d'un territoire très encadré : zones humides protégées et parc naturel régional en Camargue, classement au titre du paysage dans les Alpilles, zones vulnérables aux nitrates, prescriptions sanitaires pour les bâtiments d'élevage. Le droit d'exploiter, lui, dépend du schéma directeur régional et d'une autorisation préfectorale au-delà de certains seuils, tandis que la SAFER Provence-Alpes-Côte d'Azur, avertie par le notaire, peut préempter. Un preneur en place conserve enfin son bail et son droit d'achat prioritaire.
Dans ce département, le tri le plus efficace commence par le régime d'eau, puis par le bassin : la Crau, la Camargue, les Alpilles et la basse Durance ne se prospectent pas de la même façon. Ajoutez ensuite la production et l'enveloppe disponible. Une alerte par courriel signale les nouvelles mises en vente dès leur parution, et tout propriétaire peut déposer son bien directement. Un panorama plus large est accessible depuis les exploitations agricoles de Provence-Alpes-Côte d'Azur.