Le marché d'une exploitation agricole à vendre en Côte-d'Or oppose deux mondes qui se tournent le dos de part et d'autre d'une même ligne de crête. À l'ouest et au nord, des plateaux calcaires voués aux céréales, aux oléagineux et à l'orge de brasserie, avec de grandes structures conduites à peu de main-d'œuvre. À l'est et au sud, des prairies d'Auxois et de plaine où le troupeau allaitant reste le pivot du système. Les mandats confiés ici émanent d'exploitants qui préparent leur retraite, d'agences de propriétés rurales, d'études notariales dijonnaises et beaunoises et de cabinets de transmission ; ils précisent l'assiette foncière, la valeur agronomique des sols, le régime d'occupation et le matériel compris. Ils enrichissent notre sélection nationale des exploitations agricoles à vendre en France.
Aux annonces s'ajoute ici ce qui fait défaut au moment d'arbitrer : l'échelle réelle des valeurs foncières d'un versant à l'autre, les secteurs où des biens se libèrent, les filières qui structurent le département et la liste des points à faire vérifier avant de s'engager. Un projet encore à l'état d'intention trouvera dans notre livre blanc « Créer une exploitation agricole » le cheminement complet, du statut au plan de trésorerie.
Le foncier forme le socle de la valeur d'une exploitation agricole. Les statistiques de mutation de l'administration fiscale (DVF, hors vignes) relèvent pour 2025 un prix médian de 3 065 €/ha en Côte-d'Or (21), un prix moyen de 3 183 €/ha et 170 ventes ; quatre transactions sur cinq se concluent entre 1 942 et 4 620 €/ha, pour une médiane nationale de 5 307 €/ha.
Le barème SAFER de la valeur vénale retient pour la même année 2 870 €/ha pour les terres et prés libres à la vente, en évolution de −5,9 % sur un an et de −3,0 % sur dix ans, contre 6 460 €/ha au niveau national. La SAFER ne publie pas de valeur locale pour les terres louées, faute d'un nombre suffisant de ventes ; au niveau national, une terre vendue avec un bail rural en cours supporte une décote moyenne de 17 %.
Rapporté à la région Bourgogne-Franche-Comté, dont la médiane s'établit à 2 773 €/ha, le département se situe 11 % au-dessus. Pour le détail commune par commune et pour comparer avec les territoires voisins, consultez notre observatoire du prix des terres, puis chiffrez votre reprise avec nos calculatrices financières.
Les exploitations de grandes cultures tiennent le haut du pavé sur les plateaux du Châtillonnais et de la Montagne, où blé, colza, orge et graine de moutarde de Bourgogne se succèdent sur des sols superficiels que seule la surface rend rentables. À l'opposé, les élevages bovins allaitants de l'Auxois conduisent des charolaises sur des prairies argileuses réputées, en naisseur ou en naisseur-engraisseur ; la reprise porte alors autant sur le troupeau et sa génétique que sur les bâtiments. Entre les deux, la polyculture-élevage demeure une voie d'entrée réaliste pour une première installation.
S'y ajoutent quelques spécialités qui font la réputation du département : cassis des arrière-côtes, petits fruits, ateliers de transformation et de vente directe autour de l'agglomération dijonnaise. Les terres agricoles libres se vendent également seules, par lots issus de successions, et servent souvent à conforter une structure voisine plutôt qu'à créer un siège nouveau. Une ferme agricole à vendre complète, avec corps de bâtiments et cheptel, reste l'exception plutôt que la règle.
Le Châtillonnais, au nord, offre les plus grandes surfaces et les prix d'entrée les plus contenus, au prix de sols minces et d'un éloignement des services. La Montagne et le pays d'Is-sur-Tille prolongent ce modèle céréalier. L'Auxois, autour de Semur-en-Auxois, de Vitteaux et de Pouilly-en-Auxois, constitue le bassin allaitant du département, avec des fermes d'un seul tenant plus fréquentes qu'ailleurs. Plus à l'ouest, les franges du Morvan apportent des herbages acides et des exploitations plus petites. À l'est, la plaine dijonnaise, la Vingeanne et le Val de Saône alignent des limons profonds, irrigables par endroits, où se pratique la culture de printemps.
Deux zones échappent à cette lecture. La Côte et les Hautes-Côtes, où la vigne fixe des valeurs sans rapport avec l'usage agricole, ne laissent quasiment aucune place à un autre projet. La couronne de Dijon, elle, subit la pression résidentielle et logistique qui fragmente les îlots. Les opportunités se concentrent donc sur l'axe nord-ouest du département et sur la bordure orientale de la plaine.
La plaine et la Vingeanne relèvent en bonne partie des zones vulnérables aux nitrates : programme d'actions, couverture hivernale obligatoire, capacités de stockage des effluents à mettre aux normes. Les plateaux, eux, abritent des captages prioritaires dont l'aire d'alimentation impose des assolements contraints. Quand un forage ou un prélèvement en rivière accompagne le bien, réclamez l'autorisation et le volume attribué, puis regardez les arrêtés de restriction des étés récents plutôt que le seul discours du vendeur.
Le cadre général vaut ensuite examen. La SAFER, avisée par le notaire, dispose d'un droit de préemption qu'elle exerce fermement dans ce département. Passer le contrôle des structures est ensuite obligatoire : les seuils applicables figurent au schéma régional bourguignon-comtois et se lisent commune par commune. Quant aux terres portant un bail, elles restent exploitées par leur preneur, qui peut acheter en priorité : la surface libre à la reprise s'en trouve souvent très réduite.
Le rythme des mises en vente suit ici les départs en retraite et les partages successoraux, plus nombreux au printemps et à l'automne. Plutôt que de consulter au hasard, réglez une alerte par courriel sur le triptyque qui compte en Côte-d'Or : système recherché, tranche de surface et secteur. Les cédants, les notaires et les agences rurales du département déposent leur annonce en quelques minutes. Le pas de côté vers l'échelle régionale se fait par les exploitations agricoles à vendre en Bourgogne-Franche-Comté.