Acheter une exploitation agricole à vendre en Bourgogne-Franche-Comté, c'est acquérir une position dans une filière autant qu'un ensemble de terres. Sur les plateaux du Doubs et du Jura, la valeur tient au droit de livrer une fruitière ; dans le Brionnais et le Charolais, au troupeau naisseur et à la qualité des prairies ; sur les plateaux de l'Yonne et de la Côte-d'Or, à la profondeur des sols céréaliers ; en Bresse, à la volaille et à son cahier des charges. La région se lit ainsi comme une succession de bandes, d'ouest en est. Côté vendeurs, on trouve des éleveurs et des céréaliers qui préparent leur retraite, des agences de propriétés rurales, des offices notariaux et des cabinets spécialisés : leurs annonces précisent l'assise foncière, la nature des sols, le régime d'occupation et l'outil de travail cédé, puis viennent alimenter notre vue d'ensemble des exploitations agricoles à vendre en France.
La suite compare ce qui doit l'être : le prix de la terre d'un département à l'autre, les filières qui font vivre chaque secteur, les zones où des biens se libèrent réellement et les contrôles à mener avant de se décider. Entre un système herbager sous appellation et une structure céréalière de plateau, ni le capital engagé ni la durée de reprise ne sont comparables. Le parcours administratif d'une installation figure dans notre livre blanc « Créer une exploitation agricole ».
Le foncier forme le socle de la valeur d'une exploitation agricole. Les statistiques de mutation de l'administration fiscale (DVF, hors vignes) relèvent pour 2025 un prix médian de 2 773 €/ha en Bourgogne-Franche-Comté, un prix moyen de 2 907 €/ha et 1 303 ventes ; quatre transactions sur cinq se concluent entre 1 813 et 4 185 €/ha, pour une médiane nationale de 5 307 €/ha.
Le barème SAFER de la valeur vénale retient pour la même année 2 740 €/ha pour les terres et prés libres à la vente, en évolution de −6,2 % sur un an et de −8,1 % sur dix ans, contre 6 460 €/ha au niveau national. Les terres vendues avec un bail rural en cours y sont estimées à 2 750 €/ha, soit un niveau pratiquement identique à celui des terres libres, là où la décote nationale approche 17 %. Cette quasi-parité tient vraisemblablement au fait qu'une vente de terre louée échappe au droit de préemption de la SAFER, et au fait que le prix affiché des terres libres est minoré par des pratiques annexes, pas-de-porte ou cession séparée des droits à paiement. L'écart reste trop faible pour être interprété autrement que comme une parité.
Ces valeurs situent le foncier régional ; elles ne donnent pas le prix d'une exploitation, qui dépend d'abord de son bâti, de son cheptel et de ses débouchés. Pour descendre au département, consultez notre observatoire du prix des terres, puis chiffrez votre reprise avec nos calculatrices financières.
| Département | Ventes DVF 2025 | Prix médian | Barème SAFER terres libres |
|---|---|---|---|
| Côte-d'Or (21) | 170 | 3 065 € | 2 870 € |
| Doubs (25) | 132 | 3 314 € | 3 280 € |
| Jura (39) | 124 | 2 304 € | 2 540 € |
| Nièvre (58) | 150 | 3 040 € | 2 990 € |
| Haute-Saône (70) | 156 | 2 615 € | 2 660 € |
| Saône-et-Loire (71) | 391 | 2 349 € | 2 550 € |
| Yonne (89) | 164 | 3 094 € | 3 140 € |
| Territoire de Belfort (90) | 16 | 3 820 € * | 3 570 € |
La région repose sur deux socles. L'élevage d'abord : le berceau charolais du Brionnais, du Charolais et du Nivernais aligne les troupeaux allaitants les plus réputés du pays, tandis que les plateaux du Jura et du Doubs portent des exploitations laitières en race montbéliarde adossées aux appellations fromagères comtoises. Les grandes cultures occupent ensuite les plateaux de Bourgogne, le Sénonais, la Champagne berrichonne et les terres profondes du Val de Saône, avec céréales, oléagineux et protéagineux. Le vignoble, les élevages avicoles de la Bresse et les productions maraîchères périurbaines complètent l'ensemble sur des surfaces plus modestes.
Le choix d'un système engage bien au-delà du prix d'achat. Une ferme agricole à vendre en zone herbagère se reprend avec son cheptel, ses bâtiments, ses prairies permanentes et son autonomie fourragère ; une structure de plateau se valorise sur la qualité de ses terres, son parc matériel et son assolement. Les systèmes de polyculture-élevage des bordures — Auxois, Bazois, Vosges saônoises, Finage — offrent souvent le meilleur compromis entre capital d'entrée, souplesse et régularité du revenu.
En Bourgogne, la Saône-et-Loire (71) cumule le berceau charolais du Brionnais, les coteaux du Mâconnais et du Chalonnais, la Bresse louhannaise et les terres du Val de Saône : c'est le département le plus actif en transmission. La Nièvre (58) associe bocage naisseur, Morvan herbager et forestier, et cultures du Bazois et des Amognes, sur un foncier parmi les plus abordables de la région. L'Yonne (89) est un département de grandes cultures sur les plateaux du Sénonais et du Tonnerrois, avec un vignoble réputé au sud-ouest. La Côte-d'Or (21) partage plateaux céréaliers, élevage de l'Auxois et vignoble prestigieux de la Côte, dont le foncier relève d'une logique propre.
En Franche-Comté, le Doubs (25) et le Jura (39) forment le cœur de la filière fromagère : montbéliardes, prairies permanentes, fruitières de village et livraison sous cahier des charges, avec un foncier tenu par une demande locale soutenue. Le Jura ajoute son vignoble et, sur sa bordure occidentale, la Bresse et le Finage. La Haute-Saône (70) mêle polyculture-élevage, cultures de plaine et zones herbagères des Vosges saônoises, avec des structures accessibles. Le Territoire de Belfort (90), le plus petit département de la région, compte peu d'exploitations, orientées lait et polyculture, sur un marché très étroit.
Les annonces les plus nombreuses proviennent de Saône-et-Loire, de la Nièvre et de la Haute-Saône, départements de cessations fréquentes où le ticket d'entrée demeure mesuré. Les aires d'appellation viticoles et le cœur de la zone fromagère forment l'autre extrême : chaque parcelle libérée y suscite plusieurs candidats voisins, et les affaires s'y concluent fréquemment avant toute diffusion large.
Sur les plateaux francs-comtois, l'habilitation d'une exploitation à livrer sous appellation pèse autant que ses bâtiments. Le cahier des charges impose la race, l'alimentation à l'herbe et au foin, l'interdiction des fourrages fermentés, une surface minimale par vache et une aire de collecte précise. La capacité de livraison, gérée collectivement par la filière, se transmet avec l'exploitation dans des conditions qu'il faut faire confirmer par écrit avant toute offre, et qui conditionnent l'équilibre économique de la reprise.
Les sols karstiques ajoutent leur propre exigence : la ressource circule vite et se protège strictement, ce qui encadre les plans d'épandage, les abreuvements et les captages. En plaine céréalière, ce sont le classement en zone vulnérable, les couverts obligatoires et la gestion de l'irrigation qui structurent les pratiques.
Le marché régional se joue souvent entre voisins : dès qu'une exploitation se libère, plusieurs structures proches se portent candidates à l'agrandissement. La SAFER Bourgogne-Franche-Comté, avertie de la vente par le notaire, arbitre entre elles lorsqu'elle préempte, et fait passer l'installation avant la consolidation. Un dossier chiffré, remis tôt, y compte plus qu'une offre supérieure.
S'ajoute le contrôle des structures : au-delà des surfaces fixées par le schéma directeur régional, cultiver suppose une autorisation préfectorale, que l'acquisition ne garantit pas. Les terres déjà louées, enfin, restent aux mains de leur preneur, prioritaire pour acheter : une propriété agricole à vendre majoritairement sous bail ne se libère pas au calendrier espéré. Pour du foncier seul, les terres agricoles libres se négocient selon une autre logique.
Un conseil de méthode : dans cette région, arrêtez d'abord le système recherché — herbe sous appellation, naissage, grandes cultures de plateau — avant de regarder les surfaces, car les écarts de capital entre ces trois voies sont considérables. Le tri par département affine ensuite la sélection, tandis qu'une veille par courriel signale chaque parution correspondant à vos critères. Du Sénonais au Haut-Doubs, les cédants et leurs conseils déposent leurs mandats en quelques minutes. Pour élargir la recherche hors des huit départements, ouvrez la page des exploitations agricoles à vendre en France.