Chercher une exploitation agricole à vendre dans le Territoire de Belfort suppose d'accepter une règle simple : l'offre y est rare, et l'affaire se gagne par la veille plutôt que par la sélection. Le plus petit département de la région métropolitaine compte un nombre réduit d'exploitations, coincées entre l'agglomération, l'industrie et les reliefs sous-vosgiens ; quand l'une d'elles se libère, les voisins se positionnent vite. La page recense ce qui paraît, qu'il s'agisse d'un corps d'exploitation complet, d'un lot de prairies ou d'un bâtiment d'élevage isolé. Les mandats viennent d'éleveurs en fin de carrière, de propriétaires fonciers et des professionnels locaux du bien rural. Ils viennent compléter le recensement que nous tenons des exploitations agricoles à vendre en France.
Dans un marché de cette taille, la connaissance du contexte remplace le choix : savoir quelles communes conservent une vocation agricole affirmée, quelles parcelles sont promises à l'urbanisation et quel système peut encore s'y financer vaut mieux qu'une longue liste d'annonces. Les sections qui suivent donnent ces repères, du nord agricole aux franges périurbaines, et signalent ce qui rend une ferme agricole à vendre plus ou moins reprenable ici. Pour la construction du projet d'installation lui-même, reportez-vous à notre livre blanc « Créer une exploitation agricole ».
Le foncier forme le socle de la valeur d'une exploitation agricole. Les statistiques de mutation de l'administration fiscale (DVF, hors vignes) relèvent pour 2025 un prix médian de 3 820 €/ha dans le Territoire de Belfort (90), un prix moyen de 4 011 €/ha et 16 ventes ; quatre transactions sur cinq se concluent entre 3 400 et 4 975 €/ha, pour une médiane nationale de 5 307 €/ha. * Moins de 30 ventes enregistrées : valeur indicative.
Le barème SAFER de la valeur vénale retient pour la même année 3 570 €/ha pour les terres et prés libres à la vente, en évolution de −1,4 % sur un an et de −11,0 % sur dix ans, contre 6 460 €/ha au niveau national. Les terres vendues avec un bail rural en cours y sont estimées à 3 670 €/ha, soit un niveau pratiquement identique à celui des terres libres, là où la décote nationale approche 17 %. Cette quasi-parité tient vraisemblablement au fait qu'une vente de terre louée échappe au droit de préemption de la SAFER, et au fait que le prix affiché des terres libres est minoré par des pratiques annexes, pas-de-porte ou cession séparée des droits à paiement. L'écart reste trop faible pour être interprété autrement que comme une parité.
Rapporté à la région Bourgogne-Franche-Comté, dont la médiane s'établit à 2 773 €/ha, le département se situe 38 % au-dessus. Pour le détail commune par commune et pour comparer avec les territoires voisins, consultez notre observatoire du prix des terres, puis chiffrez votre reprise avec nos calculatrices financières.
L'orientation dominante reste le lait : des exploitations laitières de taille moyenne en race montbéliarde, conduites à l'herbe sur des prairies permanentes et livrant à la transformation régionale. Viennent ensuite les systèmes de polyculture-élevage, qui associent céréales fourragères, maïs et troupeau, et quelques élevages bovins allaitants sur les parcours des piémonts. La proximité immédiate d'un bassin de population dense entretient enfin des exploitations maraîchères et des ateliers de vente directe, dont la viabilité repose sur les circuits courts davantage que sur la surface détenue.
Cette dernière orientation mérite qu'on s'y arrête, car elle constitue souvent la voie d'entrée réaliste dans le département. Sur quelques hectares bien placés, un atelier légumier ou un point de vente à la ferme dégage un revenu que la même surface en fourrage ne permettrait pas. La valeur se déplace alors vers le bâtiment, l'irrigation de plein champ, le matériel de conditionnement et la clientèle constituée : autant d'éléments à faire expertiser séparément du sol lors d'une reprise.
Au nord, le piémont sous-vosgien, vers Giromagny, Rougemont-le-Château et Étueffont, réunit les secteurs les plus nettement agricoles : herbe, pentes, exploitations laitières et bâtiments groupés en village. Le centre, autour de la vallée de la Savoureuse et de l'agglomération, ne conserve qu'une agriculture résiduelle, soumise aux emprises urbaines et aux infrastructures. Au sud, le Sundgau belfortain, vers Delle, Beaucourt et Grandvillars, garde un paysage d'étangs, de bois et de prairies, avec un parcellaire morcelé hérité de l'histoire locale.
Les secteurs limitrophes, vers la Haute-Saône à l'ouest et le Haut-Rhin au nord-est, élargissent utilement la recherche : le marché agricole ignore la frontière administrative, et un siège d'exploitation situé juste au-delà peut parfaitement desservir des parcelles situées dans le département. Compte tenu de l'étroitesse du département, mieux vaut raisonner en bassin de vie qu'en limite départementale lorsqu'on définit son périmètre de recherche.
La première vérification porte sur le document d'urbanisme : dans un département aussi urbanisé, le classement d'une parcelle conditionne son avenir agricole, et certaines terres exploitées aujourd'hui figurent déjà dans des zones ouvertes à l'aménagement. Consultez le zonage, les emplacements réservés et les projets d'infrastructure avant d'arrêter une valeur. La compensation agricole collective peut également s'appliquer aux projets qui consomment du foncier cultivé, ce qui modifie parfois l'équilibre d'une opération.
Les règles rurales habituelles jouent ensuite avec une acuité particulière, l'agrandissement des voisins étant la concurrence principale. La SAFER, saisie par le notaire, peut préempter et orienter le bien vers un candidat à l'installation, à condition que le dossier soit déposé tôt et documenté. L'autorisation d'exploiter relève des seuils du schéma directeur régional. Le preneur en place, enfin, conserve sa priorité d'acquisition, ce qui influe sur la date de disponibilité réelle : les terres agricoles louées obéissent à des conditions particulières.
Ici, la patience fait la différence : quelques mises en vente par an, et des biens qui trouvent souvent preneur avant d'avoir été vus par tous. Une veille par courriel, calée sur un périmètre volontairement large, reste l'outil le plus efficace. Élargissez d'emblée au bassin de vie, puis resserrez sur l'orientation de production : la contenance discrimine peu ici. Cédants et professionnels du secteur déposent leur mandat en ligne en quelques minutes. Choix nettement plus étendu du côté des exploitations agricoles à vendre en Bourgogne-Franche-Comté.