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Indice des fermages 2026 : une hausse de 3,23 % à appliquer à vos baux ruraux

Publié le August 21, 2026 par Bernard Charlotin
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Indice des fermages 2026 : une hausse de 3,23 % à appliquer à vos baux ruraux

L'indice national des fermages s'établit à 127,04 pour 2026, en hausse de 3,23 % par rapport à 2025. C'est ce que constate l'arrêté ministériel du 11 août 2026, publié au Journal officiel du 13 août 2026. Concrètement, tous les fermages portant sur des terres nues et des bâtiments d'exploitation doivent être revalorisés de 3,23 % pour les échéances comprises entre le 1er octobre 2026 et le 30 septembre 2027.

Après une année 2025 quasiment stable (+0,42 %), cette hausse marque un retour à des revalorisations soutenues pour les bailleurs. Elle reflète le rebond du revenu agricole constaté en 2025, qui entre pour 60 % dans le calcul de l'indice. Bailleurs comme preneurs ont donc intérêt à vérifier le montant exact de la prochaine échéance : nous détaillons dans cet article la méthode de calcul, un exemple chiffré et les postes du fermage qui ne suivent pas cet indice.

Un indice 2026 en hausse de 3,23 %

Depuis la loi de modernisation de l'agriculture du 27 juillet 2010, l'indice des fermages est national et unique. Il remplace les anciens indices départementaux et s'applique sur tout le territoire, quelle que soit la production. Il est constaté chaque année par arrêté du ministre chargé de l'agriculture, après examen par la Commission des comptes de l'agriculture de la Nation (réunie le 7 juillet 2026 pour ce millésime).

Le tableau ci-dessous retrace l'évolution de l'indice sur les sept dernières années. La progression cumulée depuis 2021 dépasse 19 %, une donnée que tout investisseur en foncier loué doit intégrer dans ses projections de rendement.

    Année    
    Indice national des fermages    
    Variation annuelle    
    2020    
    105,33    
    +0,55 %    
    2021    
    106,48    
    +1,09 %    
    2022    
    110,26    
    +3,55 %    
    2023    
    116,46    
    +5,63 %    
    2024    
    122,55    
    +5,23 %    
    2025    
    123,06    
    +0,42 %    
    2026    
    127,04    
    +3,23 %    

Évolution de l'indice national des fermages, base 100 en 2009 (source : arrêtés ministériels, Légifrance)

Comment cet indice est-il calculé ?

La composition de l'indice est fixée par l'article L. 411-11 du code rural et de la pêche maritime. Il combine deux composantes, chacune en base 100 en 2009 :

  • 60 % de l'évolution du revenu brut d'entreprise agricole (RBEA) national à l'hectare, constaté sur les cinq dernières années. Il s'établit à 126,85 pour 2026 ;
  • 40 % de l'évolution du prix du produit intérieur brut, qui mesure l'inflation générale de l'économie. Il s'établit à 127,32 pour 2026.

Le calcul est vérifiable : 60 % de 126,85 plus 40 % de 127,32 donnent bien 127,04. La forte hausse de 2026 s'explique principalement par le rebond du revenu agricole après une année 2024 dégradée, ce rebond alimentant la composante RBEA qui pèse pour 60 % dans la formule. La mécanique lisse toutefois les variations grâce à la moyenne quinquennale du RBEA, ce qui évite aux preneurs des variations brutales d'une année sur l'autre.

Comment actualiser concrètement votre fermage ?

Deux méthodes aboutissent au même résultat, à quelques centimes près. La première consiste à multiplier le fermage de l'an passé par le rapport entre le nouvel indice et l'ancien. La seconde applique directement le taux de variation.

Exemple : pour un fermage de 10 000 € payé en 2025 :

  • Méthode 1 : 10 000 € × 127,04 / 123,06 = 10 323 € ;
  • Méthode 2 : 10 000 € × 1,0323 = 10 323 €.

Attention à toujours repartir du fermage contractuel actualisé de l'année précédente, et non du montant réellement encaissé (qui peut inclure des remboursements de taxe foncière ou des régularisations). Une erreur de base de calcul se propage ensuite d'année en année.

Calculez votre fermage 2026 en quelques clics

Notre outil de calcul de fermage et de génération de quittance intègre déjà l'indice 2026. Il actualise automatiquement votre loyer, calcule la part de taxe foncière remboursable par le preneur et produit une quittance prête à envoyer.

Ce que l'indice ne revalorise pas

L'indice national des fermages ne s'applique qu'au loyer des terres nues et des bâtiments d'exploitation. Trois postes suivent d'autres règles, et leur confusion est une source récurrente d'erreurs :

  • Les bâtiments d'habitation compris dans le bail rural : leur loyer est indexé sur l'indice de référence des loyers (IRL) publié par l'INSEE, dans les conditions fixées par arrêté préfectoral ;
  • La part de taxe foncière mise à la charge du preneur : elle suit le montant réel de l'impôt figurant sur l'avis de taxe foncière, pas l'indice des fermages ;
  • Les baux stipulés en denrées, fréquents en viticulture : le fermage y est converti selon les cours des denrées fixés chaque année par arrêté préfectoral.

Période d'application et bonnes pratiques

L'indice 2026 s'applique aux échéances de fermage comprises entre le 1er octobre 2026 et le 30 septembre 2027. Pour une échéance à la Saint-Michel (29 septembre 2026), c'est donc encore l'indice 2025 qui s'applique ; pour une échéance au 1er novembre 2026, l'indice 2026.

Côté bailleur, la revalorisation n'est pas automatique : c'est à vous d'émettre l'appel de fermage actualisé. Un bailleur qui a omis d'appliquer les indices peut réclamer les compléments sur les cinq dernières années (prescription quinquennale de l'article 2224 du code civil), mais mieux vaut une actualisation rigoureuse chaque année qu'un rattrapage source de tensions avec le preneur. Côté preneur, vérifiez la base de calcul et le bon indice appliqué avant de régler.

Conclusion

Avec une hausse de 3,23 %, l'indice 2026 redonne du souffle à la rentabilité locative du foncier agricole, après une année 2025 atone. Pour un propriétaire bailleur, cette progression cumulée de plus de 19 % depuis 2021 confirme l'intérêt des terres louées comme actif de long terme, à condition d'appliquer les revalorisations avec rigueur. Les investisseurs qui étudient l'achat de terres agricoles louées peuvent intégrer ce rendement indexé dans leur analyse, en gardant à l'esprit que le statut du fermage encadre aussi fortement les droits du bailleur.

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