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Patrimoine des Français : ce que révèlent les derniers chiffres INSEE sur l'immobilier, les terres agricoles et l'héritage

Publié le April 1, 2024 par Bernard Charlotin
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Patrimoine des Français : ce que révèlent les derniers chiffres INSEE sur l'immobilier, les terres agricoles et l'héritage

Mis à jour le 20 octobre 2026 avec les résultats de l'enquête INSEE Histoire de vie et Patrimoine 2023-2024, les comptes de patrimoine 2024, les prix des terres 2025 et l'étude INSEE d'octobre 2026 sur les logements hérités.

Le patrimoine des Français repose d'abord sur la pierre : l'immobilier représente 61 % du patrimoine brut des ménages selon la dernière enquête de l'INSEE, publiée en décembre 2025. Début 2024, la moitié des ménages possède plus de 205 100 € de patrimoine brut, et plus de 148 100 € une fois les emprunts déduits. Derrière ces médianes, les écarts sont considérables : les 10 % de ménages les mieux dotés détiennent 48 % de la masse totale.

Pour le monde rural, ces statistiques ont une résonance particulière. Les ménages d'agriculteurs affichent le patrimoine médian le plus élevé de toutes les catégories socioprofessionnelles, mais un patrimoine composé pour l'essentiel de terres, de bâtiments et de matériel, donc peu liquide. Et chaque année, plus d'un demi million de logements changent de mains par héritage.

Cet article décrypte les derniers chiffres disponibles (INSEE, Banque de France, SAFER et notre observatoire DVF) et explique ce qu'ils signifient pour les propriétaires et les acquéreurs de biens ruraux.

Sommaire
1. Patrimoine des Français : les sources et pourquoi elles divergent
2. Patrimoine médian et patrimoine moyen des ménages
3. Une répartition très inégale du patrimoine
4. L'immobilier, premier poste du patrimoine des Français
5. Le patrimoine selon l'âge : une accumulation jusqu'à 60 ans
6. Patrimoine professionnel : le cas particulier des agriculteurs
7. Terres agricoles, bois, maisons de campagne : la place du patrimoine rural
8. Héritage et transmission : quand le patrimoine change de mains
9. La France comparée à la zone euro
10. Questions fréquentes sur le patrimoine des Français

Patrimoine des Français : les sources et pourquoi elles divergent

Trois sources publiques mesurent le patrimoine des ménages en France. Elles ne donnent pas les mêmes chiffres, car elles ne mesurent pas exactement la même chose. C'est la première explication des écarts que l'on lit d'un article à l'autre.

    Source    
    Méthode    
    Dernier millésime    
    Ce qu'elle mesure le mieux    
    Enquête auprès de 11 940 ménages    
    Début 2024 (publiée en 2025)    
    Médianes, déciles, profils par âge et par profession    
    Comptabilité nationale    
    Fin 2024 (publiée en novembre 2025)    
    Masses totales (en milliards d'euros) et évolutions annuelles    
    Enquête recalée sur les comptes nationaux    
    Trimestriel    
    Concentration du haut de la distribution, comparaisons européennes    

Les trois sources de référence sur le patrimoine des ménages. Source : INSEE, Banque de France

En pratique :

  • L'enquête INSEE interroge directement les ménages. Elle est la référence pour savoir où se situe un ménage donné (médiane, déciles), mais elle capte mal les très grandes fortunes.
  • Les comptes nationaux donnent le patrimoine total : 14 953 milliards d'euros pour les ménages fin 2024, soit 76,5 % du patrimoine économique national. Rapporté aux 31,1 millions de ménages, cela représenterait environ 480 000 € par ménage, mais le périmètre est plus large (entrepreneurs individuels, institutions sans but lucratif) : ce chiffre n'est pas comparable à celui de l'enquête.
  • Les comptes distributionnels de la Banque de France combinent les deux approches. Ils corrigent le haut de la distribution, ce qui fait apparaître une concentration plus forte que l'enquête seule.

Retenez une règle simple : pour vous situer, utilisez la médiane de l'enquête INSEE ; pour mesurer le poids économique global, utilisez les comptes nationaux.

Patrimoine médian et patrimoine moyen des ménages

La médiane partage les ménages en deux moitiés égales : la moitié possède moins, l'autre moitié possède plus. La moyenne divise le patrimoine total par le nombre de ménages : elle est tirée vers le haut par les plus gros patrimoines. En France, le patrimoine brut moyen (374 900 €) est 1,8 fois plus élevé que le patrimoine brut médian (205 100 €).

Le patrimoine brut additionne tous les actifs (immobilier, placements, biens professionnels, voiture et équipement). Le patrimoine net en déduit les emprunts restant à rembourser. Un ménage qui vient d'acheter sa maison 250 000 € avec un prêt de 220 000 € a un patrimoine brut élevé mais un patrimoine net modeste.

    Seuil de patrimoine    
    Patrimoine brut    
    Patrimoine net    
    10 % des ménages possèdent moins de (D1)    
    6 200 €    
    4 600 €    
    30 % des ménages possèdent moins de (D3)    
    40 100 €    
    34 100 €    
    Médiane (D5)    
    205 100 €    
    148 100 €    
    30 % des ménages possèdent plus de (D7)    
    381 800 €    
    317 400 €    
    10 % des ménages possèdent plus de (D9)    
    857 700 €    
    750 400 €    
    5 % des ménages possèdent plus de (P95)    
    1 268 200 €    
    1 151 500 €    
    1 % des ménages possèdent plus de (P99)    
    3 020 900 €    
    2 728 900 €    

Distribution du patrimoine des ménages début 2024. Source : INSEE, enquête Histoire de vie et Patrimoine 2023-2024 (Insee Focus n° 371)

Entre 2021 et 2024, la médiane du patrimoine brut a progressé de 15,7 % en euros courants, mais de seulement 3,1 % une fois l'inflation déduite (Insee Focus n° 371). L'essentiel de la hausse apparente est donc un effet de prix, et non un enrichissement réel.

Une répartition très inégale du patrimoine

Le patrimoine est beaucoup plus concentré que les revenus. Début 2024, la moitié la mieux dotée des ménages possède 93 % du patrimoine brut total ; l'autre moitié n'en détient que 7 %. L'indice de Gini du patrimoine atteint 0,652, plus de deux fois celui du niveau de vie (0,299). Cet indicateur varie de 0 (égalité parfaite) à 1 (un seul ménage possède tout).

    Ménages les mieux dotés    
    Immobilier    
    Patrimoine financier    
    Patrimoine professionnel    
    Patrimoine brut total    
    Les 1 %    
    11 %    
    25 %    
    68 %    
    15 %    
    Les 5 %    
    30 %    
    49 %    
    95 %    
    34 %    
    Les 10 %    
    45 %    
    64 %    
    100 %    
    48 %    
    Les 50 %    
    96 %    
    96 %    
    100 %    
    93 %    

Part de la masse totale de chaque composante détenue par les ménages les mieux dotés, début 2024. Source : INSEE, Insee Focus n° 371

Deux enseignements pour les biens ruraux :

  • L'immobilier est la composante la moins concentrée : les 10 % les mieux dotés en détiennent 45 %, contre 64 % du patrimoine financier. La propriété immobilière reste le principal vecteur de patrimoine des classes moyennes.
  • Le patrimoine professionnel est le plus concentré : seuls 15 % des ménages en possèdent, et les 5 % les mieux dotés en détiennent 95 %. Les terres, bâtiments et matériels des exploitations agricoles relèvent de cette catégorie.

La hausse des inégalités depuis 2015 (Gini passé de 0,645 à 0,652) s'explique, selon l'INSEE, surtout par celle du patrimoine immobilier, sous l'effet de la hausse des prix.

L'immobilier, premier poste du patrimoine des Français

Composition du patrimoine brut moyen des ménages (début 2024)

Patrimoine immobilier : 61 %

 

Patrimoine financier : 22 %

 

Patrimoine professionnel : 11 %

 

Patrimoine résiduel (voiture, équipement) : 6 %

 

Source : INSEE, Insee Focus n° 371. Les emprunts représentent en moyenne 13 % du patrimoine brut.

Cette moyenne masque une forte variation selon le niveau de patrimoine. Quasi absent chez les 30 % de ménages les moins dotés (rarement propriétaires), l'immobilier atteint 75 % du patrimoine des ménages situés entre le 5e et le 7e décile, puis redescend à 53 % chez les 10 % les mieux dotés et à 34 % chez les 1 % les plus fortunés, dont le patrimoine est davantage professionnel et financier.

    Type de bien détenu    
    Part des ménages en 2021    
    Part des ménages en 2024    
    Au moins un bien immobilier    
    nd    
    61,2 %    
    Résidence principale    
    57,5 %    
    57,2 %    
    Autre logement (résidence secondaire, logement loué ou vacant)    
    19,2 %    
    20,5 %    
    Patrimoine professionnel (dont terres agricoles exploitées)    
    16,2 %    
    15,3 %    

Taux de détention du patrimoine immobilier et professionnel. Source : INSEE, Insee Focus n° 354 (nd : non disponible dans la publication)

Un ménage sur cinq possède un logement autre que sa résidence principale, une proportion en légère hausse depuis 2021. C'est dans ce segment que se situent la plupart des maisons de campagne et résidences secondaires rurales, dont le coût de détention est souvent sous-estimé (voir notre article sur ce que coûte vraiment une résidence secondaire chaque année).

Point essentiel : la valeur de l'immobilier est, pour la grande majorité des ménages, une plus-value latente. Elle ne produit aucun revenu tant que le bien n'est pas vendu ou loué, et elle peut diminuer. Les comptes nationaux l'illustrent : la valeur des terrains bâtis détenus par les ménages (4 043 milliards d'euros fin 2024) a reculé en 2023 puis à nouveau en 2024, et c'est la hausse des actifs financiers qui a permis au patrimoine total des ménages de progresser de 0,7 % en 2024 (Insee Première n° 2081).

Le patrimoine selon l'âge : une accumulation jusqu'à 60 ans

    Âge de la personne de référence    
    Patrimoine brut moyen    
    Patrimoine brut médian    
    Moins de 30 ans    
    104 400 €    
    26 100 €    
    30 à 39 ans    
    265 000 €    
    146 200 €    
    40 à 49 ans    
    367 600 €    
    215 200 €    
    50 à 59 ans    
    464 800 €    
    254 100 €    
    60 à 69 ans    
    462 500 €    
    245 000 €    
    70 ans ou plus    
    420 300 €    
    247 600 €    
    Ensemble    
    374 900 €    
    205 100 €    

Patrimoine brut selon l'âge, début 2024. Source : INSEE, Insee Focus n° 371

Le patrimoine s'accumule tout au long de la vie active, atteint son maximum vers 60 ans, se stabilise puis diminue au delà de 75 ans. Les ménages de 50 à 79 ans détiennent 61 % de la masse totale de patrimoine alors qu'ils ne représentent que la moitié des ménages.

Cette concentration chez les seniors a une conséquence directe sur le marché rural : une part importante des maisons, fermes et terres sera transmise dans les années à venir, ce qui alimente l'offre de biens à vendre (voir plus bas la partie sur l'héritage).

Patrimoine professionnel : le cas particulier des agriculteurs

    Catégorie socioprofessionnelle    
    Patrimoine brut moyen    
    Patrimoine brut médian    
    Agriculteur exploitant    
    1 174 800 €    
    903 100 €    
    Profession libérale    
    1 176 800 €    
    772 000 €    
    Artisan, commerçant, chef d'entreprise    
    1 020 600 €    
    436 900 €    
    Cadre    
    603 700 €    
    416 200 €    
    Retraité ancien agriculteur, artisan, commerçant ou chef d'entreprise    
    586 200 €    
    318 900 €    
    Ouvrier    
    137 900 €    
    44 400 €    
    Ensemble des ménages    
    374 900 €    
    205 100 €    

Patrimoine brut selon la catégorie socioprofessionnelle, début 2024 (sélection). Source : INSEE, Insee Focus n° 371

Les ménages d'agriculteurs ont le patrimoine médian le plus élevé de toutes les catégories : 903 100 €, soit 4,4 fois la médiane nationale. Même les 10 % d'agriculteurs les moins dotés possèdent plus de 196 300 €. Ce chiffre doit pourtant être lu avec précaution :

  • 59 % de ce patrimoine est professionnel (terres, bâtiments, cheptel, matériel). C'est un outil de travail, pas une épargne disponible.
  • 94 % des ménages agricoles détiennent du patrimoine professionnel, contre 15,3 % de l'ensemble des ménages, et 25,9 % sont endettés à titre professionnel (contre 1,4 % en moyenne) (Insee Focus n° 354).
  • Le patrimoine est brut : il ne tient pas compte des emprunts, souvent lourds en début de carrière.

« Vivre pauvre et mourir riche » : un adage qui a des raisons chiffrées

L'écart entre un patrimoine élevé et des revenus parfois faibles tient à la nature même du capital agricole. La terre rapporte peu : un fermage représente souvent un rendement brut de l'ordre de 2 à 3 % de la valeur vénale, et le revenu de l'exploitation rémunère d'abord le travail. La valeur du patrimoine se révèle surtout au moment de la cessation d'activité ou de la transmission.

D'où l'importance de préparer la sortie : vente de l'exploitation, mise en location des terres, apport à un groupement foncier agricole ou transmission familiale. Notre guide des formes de détention des propriétés rurales présente les options.

Les retraités anciens indépendants conservent un patrimoine élevé (586 200 € en moyenne). Une partie d'entre eux restent propriétaires de terres qu'ils louent à un fermier : ces terres sortent alors du patrimoine professionnel pour devenir un patrimoine de rapport.

Terres agricoles, bois, maisons de campagne : la place du patrimoine rural

Les statistiques nationales ne distinguent pas l'immobilier rural de l'immobilier urbain. Les données de marché permettent toutefois de situer les principales composantes du patrimoine rural.

    Indicateur 2025    
    Valeur    
    Évolution sur un an    
    Source    
    Terres et prés libres (prix moyen)    
    6 460 €/ha    
    +0,9 %    
    SAFER    
    Terres et prés loués (prix moyen)    
    5 350 €/ha    
    +2,5 %    
    SAFER    
    Terres libres en zone de grandes cultures    
    8 150 €/ha    
    +4,2 %    
    SAFER    
    Terres libres en zone d'élevage bovin    
    4 740 €/ha    
    −1,0 %    
    SAFER    
    Terres agricoles nues de 3 ha et plus (prix moyen)    
    6 059 €/ha    
    +0,3 %    
    DVF, ma-propriete.fr    
    Nombre de ventes de terres nues de 3 ha et plus    
    14 328    
    −0,5 %    
    DVF, ma-propriete.fr    

Le marché des terres agricoles en 2025. Sources : SAFER, Le prix des terres, édition 2026 ; observatoire du prix des terres agricoles en France

Trois caractéristiques distinguent le foncier agricole des autres actifs patrimoniaux :

  • Une valeur stable mais peu dynamique. Sur 2021 à 2025, le prix moyen DVF a progressé de 4,4 % en valeur nominale, soit nettement moins que l'inflation (environ 14 %). La terre protège mal contre l'inflation à court terme, mais elle a traversé sans à-coups les baisses de prix de l'immobilier résidentiel en 2023 et 2024. L'historique long est retracé dans notre article sur le prix des terres libres depuis 2011.
  • Un marché régulé. Le droit de préemption de la SAFER, le contrôle des structures et le statut du fermage encadrent les ventes et limitent la spéculation.
  • Une liquidité faible. Une vente de terres prend plusieurs mois (purge des droits de préemption, recherche d'acquéreurs), et les terres louées se vendent avec une décote par rapport aux terres libres.

Pour les ménages aisés, les terres agricoles, les forêts et les propriétés de prestige sont aussi des outils de diversification et de transmission, notamment grâce aux exonérations partielles de droits de succession et d'IFI sur les biens ruraux loués par bail à long terme et sur les bois et forêts sous engagement de gestion. Pour connaître la valeur de vos parcelles, notre étude de valorisation foncière s'appuie sur les transactions réelles de votre secteur ; pour les maisons, fermes et domaines, consultez notre observatoire des prix de l'immobilier rural.

Héritage et transmission : quand le patrimoine change de mains

L'héritage est un déterminant majeur du patrimoine. Selon l'INSEE, trois personnes sur dix ont hérité au cours de leur vie, et les ménages concernés possèdent près de deux fois plus de patrimoine brut que ceux qui n'ont jamais hérité (Insee Références, édition 2024, données 2021).

Une étude publiée en octobre 2026 (Insee Analyses n° 125) mesure pour la première fois de façon exhaustive les transmissions de logements :

Ce que deviennent les logements hérités trois ans après la succession

Vendus par les héritiers : 29,4 %

 

Occupés par le conjoint survivant ou l'usufruitier : 18,9 %

 

Loués en résidence principale : 15,6 %

 

Résidence principale d'un héritier : 15,0 %

 

Résidence secondaire : 11,0 %

 

Vacants : 7,8 %

 

Logements hérités en 2018, situation au 1er janvier 2022 (hors logements transmis à nouveau et autres cas). Source : INSEE, Insee Analyses n° 125, octobre 2026.

Chaque année, 702 000 logements sont transmis en moyenne : 519 000 par héritage et 183 000 par donation. L'héritier a 54 ans en moyenne et, dans la majorité des cas, il est déjà propriétaire de son logement. Le bien reçu ne répond donc pas à un besoin de se loger, ce qui explique qu'il soit si souvent vendu.

À la campagne, la vente d'un bien hérité cumule plusieurs difficultés : accord de tous les indivisaires, estimation de biens composites (maison, dépendances, terres, bois), droits de préemption du fermier et de la SAFER. Nous les détaillons dans notre guide pour vendre une maison ou une propriété rurale héritée : indivision, fiscalité et délais à connaître en 2026.

La France comparée à la zone euro

Les comptes distributionnels de la Banque de France permettent une comparaison harmonisée avec les autres pays de la zone euro. Selon les données publiées en 2024 pour le 2e trimestre 2023, les 10 % des ménages les plus aisés détenaient 54 % du patrimoine net en France, contre 56 % dans l'ensemble de la zone euro. Dans les deux cas, la moitié la moins dotée des ménages ne possédait qu'environ 5 % du patrimoine net.

Ces proportions sont plus élevées que celles de l'enquête INSEE (48 % pour les 10 % les mieux dotés), car elles portent sur le patrimoine net et corrigent la sous-représentation des très grandes fortunes. La France apparaît ainsi un peu moins inégalitaire que la moyenne de la zone euro, grâce notamment au taux élevé de propriétaires de leur résidence principale. Les séries sont actualisées chaque trimestre sur le portail statistique de la Banque de France.

Questions fréquentes sur le patrimoine des Français

Quel est le patrimoine médian des Français ?

Début 2024, le patrimoine médian des ménages est de 205 100 € en brut et de 148 100 € en net, c'est-à-dire après déduction des emprunts. La moitié des ménages possède moins, l'autre moitié possède plus (INSEE, enquête Histoire de vie et Patrimoine 2023-2024).

Quel est le patrimoine moyen d'un ménage français ?

Le patrimoine brut moyen s'élève à 374 900 € début 2024. Il est 1,8 fois supérieur à la médiane, car il est tiré vers le haut par les patrimoines les plus élevés. Les montants plus élevés parfois cités (autour de 450 000 €) proviennent des comptes nationaux, dont le périmètre est plus large.

Quelle est la part de l'immobilier dans le patrimoine des Français ?

L'immobilier représente 61 % du patrimoine brut moyen des ménages, devant le patrimoine financier (22 %), le patrimoine professionnel (11 %) et les biens durables (6 %). Pour les ménages de la classe moyenne, cette part monte à 75 %.

À partir de quel patrimoine fait-on partie des 10 % les plus riches ?

Il faut posséder plus de 857 700 € de patrimoine brut, ou plus de 750 400 € de patrimoine net, pour faire partie des 10 % de ménages les mieux dotés. Le seuil des 1 % dépasse 3 millions d'euros en brut.

Pourquoi les agriculteurs ont-ils un patrimoine aussi élevé ?

Leur patrimoine brut médian (903 100 €) est le plus élevé de toutes les catégories, car il comprend l'outil de travail : terres, bâtiments, cheptel et matériel représentent 59 % de leur patrimoine. Ce capital est peu liquide et souvent financé par emprunt, ce qui explique le décalage avec des revenus parfois modestes.

Pourquoi les chiffres du patrimoine diffèrent-ils selon les sources ?

L'enquête INSEE interroge les ménages et sert à calculer médianes et déciles ; les comptes nationaux mesurent les masses totales sur un périmètre plus large ; la Banque de France combine les deux et corrige le haut de la distribution. Il faut toujours vérifier s'il s'agit de patrimoine brut ou net, de moyenne ou de médiane, et de quelle année.

Conclusion

Les derniers chiffres confirment la place centrale de l'immobilier dans le patrimoine des Français, mais aussi ses limites : une valeur qui ne produit pas de revenu tant que le bien n'est pas vendu ou loué, et qui peut baisser, comme l'ont montré 2023 et 2024. Le patrimoine rural en est une illustration extrême : les ménages agricoles sont les mieux dotés du pays sur le papier, avec un capital immobilisé dans l'outil de travail. La transmission est le moment où cette valeur se révèle, et près d'un logement hérité sur trois est vendu dans les trois ans.

Que vous envisagiez de vendre un bien hérité, d'investir dans des terres ou une forêt, ou d'acquérir une maison de campagne, les annonces de propriétés rurales et de biens agricoles publiées sur ma-propriete.fr vous donnent une vision concrète du marché.

En savoir plus

Sources principales : INSEE, Insee Focus n° 354 (mai 2025) et n° 371 (décembre 2025) ; INSEE et Banque de France, Insee Première n° 2081 (novembre 2025) ; INSEE, Insee Analyses n° 125 (octobre 2026) ; FNSAFER, Le prix des terres, édition 2026 ; données DVF retraitées par ma-propriete.fr.