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Impôts et Taxes : Combien coûte vraiment une Résidence Secondaire à l'année ?

Publié le January 29, 2026 par Bernard Charlotin
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Impôts et Taxes : Combien coûte vraiment une Résidence Secondaire à l'année ?

C'est la mauvaise surprise qui arrive souvent en octobre dans la boîte aux lettres. Vous avez acheté votre maison de campagne pour "pas cher", vous avez budgétisé les travaux, mais vous avez oublié un partenaire silencieux et gourmand : l'Administration Fiscale.

Contrairement à la résidence principale qui a bénéficié de la suppression de la Taxe d'Habitation pour tous, la résidence secondaire reste pleinement imposée. Pire, elle est devenue une cible privilégiée pour certaines collectivités locales cherchant à boucler leur budget.

En 2026, posséder une maison de vacances est un luxe fiscal. Avant de signer, il est impératif de sortir sa calculatrice pour estimer ce "loyer fiscal" que vous devrez payer à vie. Voici le décryptage complet.

Table des matières
I. Le Duo Incontournable : Taxe Foncière et Taxe d'Habitation
    1. La Taxe Foncière (TF)
    2. La Taxe d'Habitation sur les Résidences Secondaires (THRS)
II. La Taxe d'Enlèvement des Ordures Ménagères (TEOM)
III. Les Autres Taxes "Cachées"
IV. Comment alléger la note ? Les (rares) astuces
    1. Louer en Meublé de Tourisme (LMNP)
    2. Demander un dégrèvement pour "Inhabitation"
    3. Vérifier la valeur locative
Tableau Récapitulatif : Budget Annuel Moyen (Exemple)
Conclusion : Intégrez l'impôt dans votre "Reste à Vivre"

I. Le Duo Incontournable : Taxe Foncière et Taxe d'Habitation

Quand vous êtes propriétaire occupant de votre résidence secondaire, vous payez "plein pot" sur les deux tableaux. Il n'y a quasiment aucun échappatoire.

1. La Taxe Foncière (TF)

Elle est due par tous les propriétaires, au 1er janvier de l'année.

  • Le calcul : Elle est basée sur la "valeur locative cadastrale" de votre maison (un loyer théorique calculé par l'État), multipliée par les taux votés par la commune et le département.
  • La tendance 2026 : Les valeurs locatives sont revalorisées chaque année en fonction de l'inflation (+3% à +7% par an ces dernières années). De plus, beaucoup de communes rurales augmentent leurs taux pour financer leurs écoles ou leurs routes.
  • L'exonération temporaire : Si vous faites de gros travaux de rénovation énergétique ou si vous achetez du neuf, vous pouvez parfois être exonéré pendant 2 ans. Renseignez-vous en mairie avant les travaux.

2. La Taxe d'Habitation sur les Résidences Secondaires (THRS)

C'est celle qui fait mal. Alors qu'elle n'existe plus pour votre logement principal, elle est maintenue pour le secondaire.

  • Le montant : Elle est souvent proche du montant de la Taxe Foncière. Si vous payez 800 € de foncier, attendez-vous à payer environ 800 € de taxe d'habitation.
  • La surtaxe "Zone Tendue" : Attention ! Si votre maison de campagne se trouve dans une zone classée "tendue" (certaines zones littorales, de montagne, ou proches de grandes agglomérations comme Annecy, Bordeaux, ou le Pays Basque), la mairie a le droit d'appliquer une majoration de 5% à 60% sur la part communale.

II. La Taxe d'Enlèvement des Ordures Ménagères (TEOM)

C'est souvent l'incompréhension majeure des nouveaux propriétaires ruraux.
"Mais je ne viens que 4 semaines par an ! Pourquoi je paie comme si j'y vivais tout le temps ?"

Hélas, la TEOM n'est pas une redevance au service rendu (sauf exception), c'est un impôt annexe à la Taxe Foncière.

  • Le principe : Vous payez pour la possibilité d'utiliser le service de ramassage, pas pour son utilisation réelle. Que vous mettiez une poubelle par an ou cinquante, le prix est le même.
  • L'exception (La REOM) : Certaines communes rurales sont passées à la "Redevance Incitative". Là, vous payez une part fixe (abonnement) et une part variable selon le nombre de levées de votre bac ou le poids de vos déchets. C'est beaucoup plus juste pour les résidences secondaires ! Demandez en mairie quel est le système en place.

III. Les Autres Taxes "Cachées"

Selon votre situation et la localisation du bien, d'autres lignes peuvent s'ajouter à la facture.

  • La Taxe Foncière sur le Non Bâti (TFPNB) : Si vous achetez une maison avec 3 hectares de terrain agricole ou de forêt, vous paierez un impôt spécifique sur ces terres. C'est souvent modeste (quelques dizaines d'euros par hectare), mais cela s'ajoute.
  • La Taxe Gemapi (dite "Taxe Inondation") : De plus en plus fréquente, elle sert à financer l'entretien des digues et des cours d'eau. Elle apparaît sur votre avis de taxe foncière.
  • L'IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière) : Attention, la valeur de votre résidence secondaire rentre dans le calcul de votre patrimoine immobilier global. Et contrairement à la résidence principale, il n'y a aucun abattement de 30%. Elle est comptabilisée à 100% de sa valeur vénale.

IV. Comment alléger la note ? Les (rares) astuces

Il existe peu de moyens légaux pour réduire ces impôts, mais ils méritent d'être étudiés.

1. Louer en Meublé de Tourisme (LMNP)

Si vous décidez de louer votre maison (Gîte ou Airbnb) toute l'année, vous changez de statut.

La CFE (Cotisation Foncière des Entreprises) : Vous ne paierez plus de Taxe d'Habitation. En revanche, vous paierez la CFE, qui est souvent moins élevée que la Taxe d'Habitation dans les petites communes.

Attention : l’administration fiscale risque de considérer que vous vous réservez la jouissance du bien une partie de l'année, ce qui est souvent le cas. Et dans ce cas, elle appellera à la fois la CFE et la Taxe d’habitation. La double peine !

Conseil : Consultez un comptable. Le basculement fiscal n'est intéressant que si vous louez vraiment beaucoup.

2. Demander un dégrèvement pour "Inhabitation"

Si votre maison nécessite de très gros travaux qui la rendent inhabitable (pas d'eau, pas d'électricité, pas de toit, pas de meubles) au 1er janvier, vous pouvez demander au fisc de ne pas payer la Taxe d'Habitation pour cette année-là.

  • Preuve : Il faudra fournir des photos, des devis ou une attestation d'inhabitabilité. Une simple "maison vide" ne suffit pas.

3. Vérifier la valeur locative

Parfois, l'administration se base sur des fiches descriptives qui datent de 1970. Si la grange a été détruite ou si le confort a baissé, vous payez peut-être trop. Vous pouvez demander (courtoisement) au centre des impôts de vérifier la fiche de calcul "H1" de votre bien.

  • Risque : Si vous avez fait des travaux (piscine, véranda) sans les déclarer, ne réveillez pas l'ours qui dort : votre taxe pourrait augmenter !

Tableau Récapitulatif : Budget Annuel Moyen (Exemple)

Voici un exemple pour une maison de campagne de 100 m² avec 2000 m² de terrain, située dans un département rural standard (type Creuse, Indre, Corrèze).

Type d'Impôt

Montant Annuel Estimé

À payer quand ?

Taxe Foncière

600 € - 1 000 €

Octobre

Taxe Ordures Ménagères

150 € - 300 €

Octobre (avec le foncier)

Taxe Habitation (Secondaire)

600 € - 1 000 €

Décembre

TOTAL ANNUEL

1 350 € - 2 300 €

Soit ~ 150€ / mois


Conclusion : Intégrez l'impôt dans votre "Reste à Vivre"

Ne voyez pas ces impôts comme une punition, mais comme une charge fixe inévitable, au même titre que l'électricité ou l'assurance.
Quand vous calculez si vous avez les moyens d'acheter cette maison, ajoutez 150 à 200 € par mois à votre remboursement de crédit pour couvrir la fiscalité locale.

Si cette charge vous semble trop lourde, il existe une solution pour la compenser : faire travailler la maison pour vous.