Deux agricultures se partagent le département, et le choix entre elles précède tout le reste quand on vise une exploitation agricole à vendre en Eure-et-Loir : à l'est, la plaine beauceronne, ses soles ouvertes, ses blocs labourables sans haie ni bâtiment superflu ; à l'ouest, le Perche et ses vallons bocagers, où l'herbe, les haies et les bâtiments anciens redeviennent la matière première. Les mandats publiés ici viennent de céréaliers qui soldent une carrière, d'associés qui se retirent d'une société, d'études notariales euréliennes et de conseils en transmission. Le descriptif d'une annonce précise le parcellaire, le potentiel des sols, la part louée, les droits de prélèvement éventuels et le matériel cédé avec le siège. Ils grossissent notre inventaire d'exploitations agricoles à vendre en France.
Arbitrer entre deux dossiers demande autre chose qu'une fiche descriptive : ce que vaut réellement l'hectare selon qu'il se situe en Beauce chartraine ou en Faux-Perche, quels secteurs libèrent des surfaces, quelles productions tiennent le département et ce qu'il faut faire vérifier avant l'avant-contrat. Un projet d'installation qui démarre trouvera dans notre livre blanc « Créer une exploitation agricole » le détail des formalités à remplir et du tour de table à construire.
Le foncier forme le socle de la valeur d'une exploitation agricole. Les statistiques de mutation de l'administration fiscale (DVF, hors vignes) relèvent pour 2025 un prix médian de 8 300 €/ha en Eure-et-Loir (28), un prix moyen de 8 647 €/ha et 213 ventes ; quatre transactions sur cinq se concluent entre 6 000 et 12 000 €/ha, pour une médiane nationale de 5 307 €/ha.
Le barème SAFER de la valeur vénale retient pour la même année 10 030 €/ha pour les terres et prés libres à la vente, en évolution de +0,3 % sur un an et de +35,7 % sur dix ans, contre 6 460 €/ha au niveau national. La SAFER ne publie pas de valeur locale pour les terres louées, faute d'un nombre suffisant de ventes ; au niveau national, une terre vendue avec un bail rural en cours supporte une décote moyenne de 17 %.
Rapporté à la région Centre-Val de Loire, dont la médiane s'établit à 5 480 €/ha, le département se situe 51 % au-dessus. Pour le détail commune par commune et pour comparer avec les territoires voisins, consultez notre observatoire du prix des terres, puis chiffrez votre reprise avec nos calculatrices financières.
Le département compte parmi les premiers producteurs français de blé tendre, d'orge et de colza, auxquels s'ajoutent la betterave sucrière, la pomme de terre et une activité de multiplication de semences qui pèse lourd dans les assolements. Une exploitation de grandes cultures s'y achète d'abord pour son parcellaire et son matériel : peu de bâtiments d'élevage, beaucoup de stockage, des chantiers mécanisés et des contrats de production qui portent une part du revenu. Le Perche conserve à l'inverse un tissu d'élevages bovins allaitants et laitiers, des troupeaux ovins et des structures de polyculture-élevage de taille moyenne, adossées à des prairies permanentes et à un maillage de haies.
Entre les deux, quelques ateliers avicoles et une production légumière de plein champ occupent les vallées de l'Eure et du Loir, là où l'eau et les sols de fond de vallée le permettent. Un repreneur qui vise la plaine doit raisonner en capacité de stockage, en largeur de chantier et en contrats de semences ; celui qui vise le bocage percheron raisonnera en nombre de places, en état des toitures et en portance des prairies au printemps, bien avant de compter les hectares.
La Beauce chartraine et le Dunois, autour de Chartres, Voves, Janville et Châteaudun, concentrent les plus grandes structures et les valeurs les plus élevées : terres limoneuses profondes, parcelles d'un seul tenant, voisinage prêt à s'agrandir dès qu'une surface se libère. Le Drouais et le Thymerais, plus au nord, mêlent limons battants et argiles à silex, avec des exploitations un peu plus petites et une proximité francilienne qui pèse sur le bâti. Le Faux-Perche puis le Perche proprement dit, vers Nogent-le-Rotrou, Authon-du-Perche et La Loupe, basculent dans le bocage : herbages, vallons, bâtiments en pierre et parcellaire morcelé.
C'est sur cette frange occidentale que l'offre se renouvelle le plus vite, faute de repreneurs pour les ateliers d'élevage, et que le ticket d'entrée reste le plus mesuré. En plaine, une mise en vente attire immédiatement plusieurs candidats à l'agrandissement, souvent voisins, et la transaction se règle avant toute large diffusion. La vallée de l'Eure et les abords de Dreux ajoutent une concurrence résidentielle qui renchérit surtout les ensembles bâtis.
La partie beauceronne du département relève de la gestion volumétrique de la nappe de Beauce : un forage autorisé, un volume attribué et un enrouleur en état ne s'improvisent pas, et leur présence sépare deux catégories de biens que le prix à l'hectare seul ne distingue pas. Le classement en zone vulnérable impose par ailleurs couverture hivernale des sols, plan de fumure et bandes enherbées le long des cours d'eau ; demandez les derniers plans prévisionnels pour mesurer ce que cela change dans la rotation proposée.
Viennent ensuite les trois passages obligés. Toute mutation est portée par l'acte à la connaissance de la SAFER, libre de se substituer à l'acheteur avant de rouvrir le dossier aux candidatures. Travailler les surfaces réclame par ailleurs une décision administrative, accordée selon des seuils et un ordre de priorité que fixe le schéma directeur du Centre-Val de Loire. Enfin, un fermier installé garde son bail et une priorité d'acquisition : sur une propriété agricole à vendre largement louée, la surface réellement libre à la reprise peut se réduire à peu de chose.
Les mandats arrivent ici au rythme des fins de carrière beauceronnes et des arrêts d'atelier dans le Perche, avec une pointe après la moisson. Fixez d'abord le type de système recherché, puis la contenance, puis le secteur : c'est cet ordre de tri qui fait gagner du temps dans un département aussi contrasté. Une veille par courriel vous signale chaque parution utile, et le dépôt d'annonce reste ouvert aux cédants. Pour élargir le champ, passez aux exploitations agricoles à vendre en Centre-Val de Loire.