Mis à jour le 21 avril 2026
Le vignoble du Beaujolais couvre environ 17 500 hectares, à cheval sur deux départements : le Rhône (69), qui concentre l'essentiel du vignoble, et la Saône-et-Loire (71), dont sept communes classées AOC Beaujolais ont été réintégrées dans ce périmètre par correction INAO (Chânes, La Chapelle-de-Guinchay, Leynes, Pruzilly, Romanèche-Thorins, Saint-Amour-Bellevue, Saint-Vérand). La région produit exclusivement du vin rouge issu du cépage Gamay noir à jus blanc, à l'exception de rares vins blancs en Beaujolais Blanc (Chardonnay). Le vignoble est structuré en trois niveaux : Beaujolais, Beaujolais-Villages, et les dix crus du Beaujolais (Brouilly, Chénas, Chiroubles, Côte de Brouilly, Fleurie, Juliénas, Morgon, Moulin-à-Vent, Régnié, Saint-Amour) issus du nord granitique.
Les données DVF couvrent la période S2 2020 – S1 2025. Les données 2025 ne couvrent que le 1er semestre et sont partielles — à interpréter avec prudence.
Sur la période, la base DVF recense 858 transactions en Beaujolais, soit 5,0 % du volume national — un taux élevé qui témoigne de l'activité transactionnelle dynamique du vignoble. Le prix médian toutes années est de 49 620 €/ha, soit 1,87 fois le médian national (26 477 €/ha). Le prix moyen (59 720 €/ha) reste en revanche nettement en dessous de la moyenne nationale (203 491 €/ha), car le Beaujolais ne comporte pas de transactions exceptionnelles à plusieurs millions d'€/ha comme en Bourgogne ou Champagne.
En 2025 (1er semestre, données partielles), 79 transactions ont été enregistrées avec un prix moyen de 48 531 €/ha et un médian de 46 852 €/ha — en légère baisse par rapport à 2020-2021. L'année de référence robuste est 2024 : 166 transactions, moyen 52 677 €/ha, médian 38 571 €/ha. La tendance depuis 2020 est orientée à la baisse sur les prix moyens, reflet d'un rééquilibrage après la surchauffe post-Covid.
| Année | Transactions | Prix moyen (€/ha) | Prix médian (€/ha) | Prix min (€/ha) | Prix max (€/ha) | Surface moy. (m²) |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 2020 | 83 | 72 490 | 65 000 | 7 082 | 664 592 | 8 747 |
| 2021 | 173 | 66 560 | 65 000 | 7 892 | 441 176 | 10 482 |
| 2022 | 189 | 57 718 | 35 480 | 7 001 | 546 946 | 10 216 |
| 2023 | 168 | 60 838 | 50 703 | 6 183 | 430 223 | 9 775 |
| 2024 | 166 | 52 677 | 38 571 | 8 318 | 240 000 | 7 967 |
| 2025* | 79 | 48 531 | 46 852 | 7 024 | 120 120 | 10 104 |
Source : DVF — traitement ma-propriete.fr. * 1er semestre 2025, données partielles.

Évolution annuelle du prix moyen et médian des vignes en Beaujolais — Source : DVF, traitement ma-propriete.fr
La corrélation entre prix moyen et médian reste assez forte en Beaujolais, à l'inverse de la Bourgogne, ce qui signifie que le marché est moins distordu par des transactions exceptionnelles. Le recul du prix moyen entre 2020 (72 490 €/ha) et 2024 (52 677 €/ha) mérite analyse : il tient en partie à la recomposition du portefeuille de transactions, avec davantage de parcelles en Beaujolais générique ou Beaujolais-Villages et moins de crus haut de gamme sur les dernières années.
Consultez nos annonces de propriétés viticoles en Beaujolais et notre observatoire national du prix des vignes.
Les données SAFER permettent de retracer l'évolution du Beaujolais depuis 1991. Elles révèlent une trajectoire contrariée : après avoir atteint des sommets relatifs dans les années 1990 (Beaujolais : 44 300 €/ha en 1991, Crus : 63 000 €/ha), les prix ont connu un long déclin jusqu'aux années 2010 sous l'effet de la crise du Beaujolais Nouveau et de la baisse de consommation de vins légers. La tendance s'est stabilisée depuis 2015.
En 2024, le prix SAFER des Crus du Beaujolais s'établit à 61 000 €/ha en moyenne, avec des disparités importantes entre Moulin-à-Vent (100 000 €/ha, stable depuis 2015) et Régnié ou Chiroubles (15 000-20 000 €/ha). Le Beaujolais-Villages atteint 10 000 €/ha, le Beaujolais générique 11 000 €/ha — des prix parmi les plus bas des vignobles AOC français.
Tableau SAFER — Beaujolais, prix par appellation dans le Rhône (en K€/ha)
| Appellation | 1991 | 2000 | 2010 | 2015 | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 | 2024 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Rhône AOP (Beaujolais) | ND | ||||||||
| Beaujolais | ND | ||||||||
| Beaujolais Villages | ND | ||||||||
| Crus Beaujolais | ND | ||||||||
| Brouilly | ND | ||||||||
| Fleurie | ND | ||||||||
| Morgon | ND | ||||||||
| Moulin à Vent | ND | ||||||||
| Juliénas | ND | ||||||||
| Chénas | ND | ||||||||
| Chiroubles | ND | ||||||||
| Côte de Brouilly | ND | ||||||||
| Régnié | ND |
Source : SAFER / Ministère de l'Agriculture. Valeurs en milliers d'€/ha. ND = donnée non disponible (avant 2005 pour les crus individualisés).

Évolution des prix des vignes en Beaujolais (SAFER 2000-2024) — Source : Ministère de l'Agriculture

Prix des crus du Beaujolais : comparaison SAFER 2020/2024 (K€/ha) — Source : Ministère de l'Agriculture
| Département | Transactions | Prix moyen (€/ha) | Prix médian (€/ha) | Prix min (€/ha) | Prix max (€/ha) | Surface moy. (m²) |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 69 — Rhône | 726 | 52 864 | 40 000 | 6 183 | 664 592 | 10 134 |
| 71 — Saône-et-Loire | 132 | 97 427 | 99 543 | 16 461 | 240 000 | 6 633 |
Source : DVF — traitement ma-propriete.fr, S2 2020 – S1 2025.

Prix moyen et médian des vignes par département en Beaujolais — Source : DVF, traitement ma-propriete.fr
Le Rhône concentre 726 transactions sur la période, soit 84,6 % du volume total Beaujolais. Le prix moyen s'établit à 52 864 €/ha et le médian à 40 000 €/ha — un médian plus bas que la moyenne, révélateur d'une majorité de transactions sur des appellations génériques, avec quelques crus qui tirent la moyenne vers le haut. La surface moyenne transactée est de 10 134 m², soit environ un hectare par transaction, cohérent avec des exploitations de taille modeste.
La structure du vignoble rhodanien Beaujolais est duale : au nord, le pays des crus (granit) avec des prix entre 30 000 et 120 000 €/ha selon l'appellation ; au sud, le pays du Beaujolais générique (argilo-calcaire) entre 8 000 et 20 000 €/ha. La valeur max observée (664 592 €/ha) correspond à une transaction isolée sur un grand cru ou une micro-parcelle de premier plan.
Les sept communes de Saône-et-Loire classées en AOC Beaujolais présentent des prix nettement supérieurs à ceux du Rhône : prix moyen de 97 427 €/ha et médian de 99 543 €/ha sur 132 transactions. Cette cohérence entre moyen et médian, et ces niveaux élevés, s'expliquent par la présence de Romanèche-Thorins (Moulin-à-Vent, Saint-Amour-Bellevue) parmi ces communes — des appellations de cru particulièrement valorisées.
La SAFER confirme ce positionnement : Moulin-à-Vent et Saint-Amour atteignent 110 000 €/ha en 2024, contre 90 000 €/ha en 2020. La tendance est positive sur ce segment des crus nordiques, portée par une clientèle internationale qui redécouvre la garde des vins du Beaujolais.
Les statistiques présentées dans cet article sont issues des Demandes de Valeurs Foncières (DVF), base de données publique publiée par la Direction générale des Finances publiques (DGFiP). Ces données recensent l'ensemble des transactions immobilières réalisées en France métropolitaine depuis 2018.
Notre traitement applique plusieurs corrections : identification et exclusion des transactions atypiques (prix aberrants, surfaces incohérentes), correction du périmètre géographique commune par commune selon les cahiers des charges des appellations d'origine contrôlée (source : INAO), et extraction exclusive des mutations portant sur des parcelles cadastrées en nature de culture vigne. Les prix sont exprimés en euros par hectare (€/ha) sur la base de la surface réelle de la parcelle transactée.
Les données couvrent la période du 2e semestre 2020 au 1er semestre 2025, soit cinq années complètes plus un semestre supplémentaire.
Plusieurs précautions d'usage s'imposent à la lecture de ces statistiques. D'abord, le régime Alsace-Moselle (droit local) exclut certaines transactions de la base DVF. Ensuite, les transactions portant sur des ensembles immobiliers mixtes (vignes + bâtiments, plusieurs natures de culture regroupées) peuvent biaiser les prix à la hausse comme à la baisse. Par ailleurs, les volumes de transactions restent faibles dans certains départements, ce qui fragilise la représentativité des indicateurs statistiques (prix médian, écart-type). Enfin, les données 2025 ne couvrent que le 1er semestre et sont donc partielles et moins robustes que les années complètes : elles doivent être interprétées avec prudence.
Les statistiques du Ministère de l'Agriculture (source SAFER) s'appuient sur un recensement des mutations notariales transmises aux SAFER dans le cadre de leur droit de préemption. Leur périmètre géographique, leur méthode d'échantillonnage et leur retraitement statistique diffèrent de ceux appliqués aux données DVF. Les deux sources sont complémentaires : la SAFER publie des séries longues (depuis 1991) avec une segmentation par appellation, tandis que les données DVF offrent une granularité transactionnelle plus fine mais sur une période plus courte.
Le Beaujolais offre un profil de prix atypique dans le paysage viticole français : accessible pour le Beaujolais générique et le Beaujolais-Villages, mais avec des crus de premier rang (Moulin-à-Vent, Morgon, Fleurie) qui atteignent des valorisations respectables. La tendance DVF 2020-2024 montre une légère correction des prix, qui pourrait constituer une fenêtre d'entrée intéressante pour les investisseurs. En 2025, avec un médian à 46 852 €/ha au premier semestre, le vignoble reste bien orienté. Pour consulter nos annonces viticoles en Beaujolais ou accéder à notre observatoire du prix des vignes, rendez-vous sur ma-propriete.fr.